Uniformes n°255 nov/déc 2007
Uniformes n°255 nov/déc 2007
  • Prix facial : 6,20 €

  • Parution : n°255 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 94,2 Mo

  • Dans ce numéro : Kriegsmarine... casquettes et insignes.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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[REVUE DE DÉTAIL] Casque modèle 1935 recouvert d’un couvre-casque réalisé à partir d’un morceau de filet de camouflage US. Cette fabrication de terrain correspond à la description qui suit : Le lacet plat en coton brun qui coulisse sur tout le pourtour est noué à l’arrière sous la partie du casque qui protège la nuque. Deux larges cro- chets métalliques cousus sur le filet de chaque côté à hauteur de l’extrémité du bourrelet maintiennent le couvre-casque en place au-dessus du bourrelet de cuir. Tonteux, se trouve à quelque cinq cents mètres sur l’arrière de la ligne allemande, l’encerclement est confirmé par les rapports des différentes reconnaissances. Le 18, la pluie n’a pas cessé un seul instant et continue à tomber. Bouvet décide de gagner la position du Haut de Tonteux avec le 2 e Commando, le Commando d’accompagnement et quelques éléments du 3 e Commando. Mais rapidement la progression devient difficile, tant les Allemands bien dissimulés dans les bois organisent leurs défenses en employant des tireurs d’élite, des Scharfschützen armés de fusils à lunette. Les réserves en vivres sont épuisées, mais heureusement les munitions ne manquent pas, ce qui permet au Groupe de continuer à se battre. La situation du capitaine Ducournau et de ses hommes qui tiennent le Haut de Tonteux depuis le 16 n’est en revanche pas enviable, car totalement encerclés et ayant subis de nombreuses contre-attaques, ils com- mencent à manquer de munitions et enregistrent des pertes sérieuses. Alors que Bouvet est prêt à tenter une fois encore de rejoindre le groupe Ducournau avec lequel il n’a plus aucune liaison radio, il apprend avec soulagement que ce dernier a réussi à se glisser avec le reste des 1er et 2 e Commandos au travers des lignes allemandes et a gagné le hameau des Baranges, loin en arrière du PC. Bouvet approuve l’initiative de son capitaine qui a sauvé d’une destruction certaine, les éléments encore capables de combattre. La situation de Bouvet et de son groupe, très en flèche dans le dispositif allemand, et ne disposant plus de moyens radio opérationnels, devient vraiment critique. Aucun ordre ne parvient plus au patron des commandos. Bouvet est conscient que son groupe est menacé de destruction, mais il décide une fois encore de bluffer en se maintenant sur la crête conquise et en s’imposant aux Allemands par de nombreux faux coups de mains et de fausses attaques. Le 19, les premières actions d’intoxication sont entreprises. À grand bruit, les sorties de petits éléments La pluie à rendu les capots de ces Jeeps brillants, ce 21 novembre 1944 à Belfort. La surprennent les Allemands, puis caisse en bois posée sur le capot d’une des Jeeps contient un carton de 12 rations K qui vont être distribuées aux hommes. Le commando au centre de la photo est coiffé se replient, semant la confusion et d’un casque modèle 1935 recouvert d’un morceau de filet de camouflage US à petites mailles. Cette pratique semble avoir été malgré tout assez peu suivie au sein du importante attaque est imminente. laissant croire à ces derniers qu’une Groupe. Le détail du cliché permet de bien distinguer la manière de fixer le filet sur Une fausse attaque est systématiquement montée le matin et le soir. le casque. Pour ce type de casque, un couvre-casque réglementaire en toile kaki a été confectionné au cours du conflit, mais nous n’avons pas pu trouver de document attestant de son port effectif au sein du groupe de Commandos d’Afrique. Jusqu’au 22 octobre, ces actions 42 - La Gazette des Uniformes
incessantes mettent les Allemands sur les dents, mais épuisent également les commandos. Heureusement, les hommes de Ducournau et de Bonnard sont remontés en ligne et, avec l’appui de tous les hommes aptes à combattre sont parvenus à dégager les arrières du groupe Bouvet. Le 23, c’est au tour du Commando de Courson de rejoindre aux Baranges. L’arrivée du Commando de Courson permet le nettoyage des pentes ouest de la forêt du Haut de Grosse Pierre et la relève du 2 e Commando et du Commando d’Accompagnement. Les derniers éléments allemands qui menaçaient encore les arrières du groupe Bouvet sont dispersés. La ligne de ravitaillement est rétablie. Ce même 23 octobre, le général Touzet du Vigier qui comman- de la 1 re DB vient féliciter et cier le Groupe pour son action, en lui remerdemandant de poursuivre son engagement et son sacrifice durant trois jours encore, après quoi la position sera minée et évacuée par ordre. Dans son ouvrage « Ouvriers de la première heure » publié en 1954 aux éditions Berger-Levrault, Bouvet écrit : « L’accrochage opiniâtre à la Selon les chiffres donnés par Bou- novembre le Groupe de Comman- mission de sacrifice qui nous était dévolue, nous vaudra, quelques jours plus tard, la nouvelle visite, à Salins, du général du Vigier qui n’a pas hésité à consacrer une heure de son temps précieux pour s’incliner devant le fanion du Groupe en souvenir de ses morts. » Citation à l’ordre de la brigade, avec attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze au soldat Pierre Velsch, après les durs combats de la Forge, du Martinet d’Offemont et du bois d’Arsot. (Coll. Pierre Velsch) vet dans le même ouvrage, au cours des opérations menées entre le 15 et le 25 octobre, le Groupe de Commandos d’Afrique a perdu 92 hommes, dont 19 officiers, et compte 370 blessés. Mais, par cet engagement sans concession « il a contribué, comme l’a écrit notre chef le général de Lattre, à retenir les réserves allemandes par un effort que seule pouvait accomplir une troupe entraînée, vibrante et instruite. » Après la « saignée » des Vosges, le Groupe rejoint Salins-les-Bains début novembre. Commence alors une courte période durant laquelle alternent exercices et repos. Le lieutenant-colonel Bouvet a été invité à un souper offert par le général de Lattre dès son retour de Cornimont. Ce dernier lui conseille de constituer par ses propres moyens une brigade de choc, et d’ajouter : « à condition que ces moyens ne soient pas trop irréguliers. » Bouvet ne se le fait pas dire deux fois et file à Paris afin « d’enlever » selon ses propres termes, un bataillon FFI (bataillon Désiré) et un bataillon FTP (bataillon Fiévet-Vacher). Ce dernier bataillon rejoindra début Le lieutenant-colonel Bouvet en tenue de Battle Dress Britannique et coiffé du casque modèle 1935 des troupes motorisées. La préparation des opérations requérait invariablement de sa part la plus grande minutie et surtout la plus grande discrétion. (DR) SWEATER, HIGHNECK Pull-over en tricot de laine de teinte kaki olive caractéristique. Le col montant ferme par une rangée de cinq boutons en matière plastique. S’agissant d’un effet très récemment introduit dans l’armée américaine, il y a fort à parier qu’il s’agit d’un échange de bons procédés entre Français et Américains qui a bénéficié à notre lieutenant. dos d’Afrique à Salins-les-Bains sur ordre du général Juin. Le bataillon Désiré rejoindra seulement à la fin du même mois. Le 9 novembre, à peine est-il rentré de Paris, que Bouvet est convoqué par le général de Lattre. Le ton a radicalement changé : « Les commandos sont embourgeoisés à Salins. Leur travail est inutile. » Et le « roi Jean » d’ajouter : « Je vous flanquerai dans les tranchées, comme l’infanterie. » Pour le haut commandement allié ce début novembre est crucial car c’est précisément le moment qui a été choisi pour lancer l’offensive générale en direction de l’Allemagne. Trois zones d’invasion ont été définies. La première, à gauche, au nord des plateaux des Ardennes et de l’Eifel en direction de la Ruhr ; au centre, depuis Metz en suivant la ligne de la Moselle en direction de Mayence ; et à droite pour la 7th US Army et la I re Armée française forcer la ligne des Vosges en passant par Saverne et la trouée de Belfort afin de reprendre l’Alsace. Pour de Lattre, qui a stoppé toute progression de sa 1 re Armée depuis le 24 octobre, l’idée de manœuvre est d’exercer une forte pression sur les forces allemandes établies sur le front méridional des Vosges, et de lancer simultanément une forte atta- Le Groupe de Commandos d'Afrique - 43



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