Trois Couleurs n°97 déc 11/jan 2012
Trois Couleurs n°97 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 164

  • Taille du fichier PDF : 21,4 Mo

  • Dans ce numéro : suprise Marty... Scorsese réinvente le cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2012 Cheval de guerre de Steven Spielberg Accords et désaccords _Par Auréliano Tonet 64 hiver 2011 Haywire de Steven Soderbergh hiver printemps Réévalué par la critique mais lâché par l’industrie, JamesL. Brooks a signé avec Comment savoir l’un des plus beaux films de 2011. En marge du festival de La Roche-sur-Yon, qui lui rendait hommage, nous avons échangé avec l’Américain, passé maître en l’art du contretemps. Il y a un malentendu JamesL. Brooks, ou plutôt il y en a plusieurs. Le plus évident concerne la réception de ses films : de son premier long métrage, Tendres passions (1983), à Pour le pire et pour le meilleur (1997), Brooks fut le chouchou d’Hollywood, collectionnant les Oscars et les millions d’entrées, tandis que la critique, française notamment, faisait la fine bouche. À l’heure où celle-ci le redécouvre, lui ouvrant grand les pages des Cahiers du cinéma, et où ses disciples, de Judd Apatow à Wes Anderson (dont il produisit Bottle Rocket), sortent du bois, Brooks se retrouve, à 71 ans, au chômage. Après l’échec commercial des splendides Spanglish (2004) et Comment savoir (2011), Sony vient d’annoncer la suspension de son contrat. Un paradoxe raccord avec la filmographie du New-Yorkais, qui a fait du quiproquo l’une de ses constantes. Dilemmes, méprises et valses-hésitations s’y entrechassent sur un mode ternaire, à l’intersection des cercles amoureux, familiaux Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin John Carter d’Andrew Stanton Le Grand Soir de Benoît Delépine et Gustave Kervern et professionnels. Reconnaissons-le, il faut un certain temps pour s’habituer à l’outrance des personnages brooksiens, à leur gestuelle bancale, à leur phrasé braque et maladroit. « Pour décrire comment il avait réussi à écrire du point de vue d’un redneck, James Baldwin, un écrivain noir, disait : ‘‘Tout le monde, dans sa tête, pense être un héros. » J’essaie, de même, d’être le plus empathique possible avec mes personnages », confie le cinéaste d’une voix chaude et souriante. Et c’est peu dire que Brooks a mis beaucoup de lui-même dans ses comédies dramatiques. « Mes films ne sont pas autobiographiques, même si beaucoup d’éléments ont trait à mes jeunes années. Tout le monde dans ma famille avait le sens de l’humour, malgré l’adversité. Vivre une enfance difficile forge votre capacité d’introspection et, par là, votre plume. » Fils de modestes commerçants juifs, élevé par sa mère dans le New Jersey, Brooks n’a cessé – au cinéma comme à la télévision, où il a fait ses armes – de conter l’éternel pas de deux des familles américaines, scindées entre intégration et dislocation. Aux plaidoyers pour la défense des minorités, sexuelles (The Mary Tyler Moore Show, Pour le pire et pour le meilleur) ou ethniques (Room 222, Spanglish), répondent les foyers dysfonctionnels de Tendres passions, I’ll Do Anything ou des Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais Moonrise Kingdom de Wes Anderson 1. Comment savoir (2011) 2. Spanglish (2004) Sur la route de Walter Salles Wrong de Quentin Dupieux Sony Pictures Sony Pictures
The Dark Knight Rises de Christopher Nolan Après mai d’Olivier Assayas été automne Simpson, que Brooks produit depuis le début de la série, en 1989. L’autre leitmotiv de cet ancien journaliste chez CBS, c’est la fabrique des images, qu’elles soient télévisuelles (Broadcast News) ou cinématographiques (I’ll Do Anything). Réceptacles des soubresauts économiques et politiques du pays, elles sont l’enjeu d’arbitrages tendus entre intégrité et compromission. « Avant d’écrire des séries, j’ai connu l’âge d’or du journalisme, au début des années 1960. Les mots d’ordre étaient : indépendance, honnêteté, intelligence. Chez CBS, j’ai côtoyé Edward Murrow, un Dieu vivant, qui a sauvé le pays au moins trois fois, notamment pendant la période du maccarthysme. » De ces vertes années, Brooks a gardé un net penchant pour la documentation – « le travail de recherche me prend un an par film environ » – et le goût du défi. « Pour Spanglish, j’avais envie de filmer une héroïne hispanophone sans le moindre sous-titre, et d’étudier la rencontre entre deux parents modèles, que cette qualité rapprocherait et éloignerait à la fois. » S’il cite Billy Wilder, Mike Nichols, Woody Allen et Paddy Chayefsky (« le seul scénariste à avoir gardé le contrôle sur ses films ») parmi ses maîtres, l’envie nous prend de le rapprocher de Jacques Rozier : comme le Français, Brooks est l’auteur d’un œuvre resserrée, visitée par quelques comédiens récurrents (Jack Nicholson, Albert Brooks), ouverte à des genres décriés (soap-opera, novela) et à l’improvisation (« lorsque je filmais Broadcast News, j’ignorais quelle en serait la fin »). Plus que leur géométrie, oscillant entre le triangle et le carré, c’est leur musicalité qui unit les deux cinéastes, trouvant dans la mésentente, la discordance et le fracas une forme d’harmonie. ♦ Retrouvez l’interview intégrale de JamesL. Brooks sur www.mk2.com Christian Geisnaes 2011 Universal Pictures Bilbo le hobbit : un voyage inattendu de Peter Jackson Frankenweenie de Tim Burton Holly Motors de Leos Carax This is Forty de Judd Apatow Django Unchained de Quentin Tarantino Melancholia de Lars Von Trier Carnage de Roman Polanski 2013 2011, année folle Cette année, le cinéma s’est pris la tête pour y observer toutes les folies qui nous guettent. Une réalité découpée au schizo (Sucker Punch, Dernière séance), où les princes bégaient (Le Discours d’un roi), les papes dépriment (Habemus Papam) et les mariées implosent (Melancholia), dans une troublante correspondance entre dépression psychique et climatique (Take Shelter, Walk Away Renée). La tempête sévit sous des crânes paranoïaques (Black Swan), hystériques (Oh My God !, Carnage, A Dangerous Method), psychotiques (La Piel que habito, Drive) et obsédés (Somewhere, Shame), symptômes d’un inconscient collectif sans queue ni tête. _R.C. Le Casse de Central Park de Brett Ratner Madoff, escroc et héros Même depuis la prison où il va passer les 150 prochaines années de sa vie, Bernard Madoff ne cesse d’influencer les scénaristes hollywoodiens. C’est jusqu’à présent la comédie qui s’est le mieux fait l’écho de son arnaque du siècle : Very Bad Cops (Adam McKay), Comment savoir (JamesL. Brooks) ou encore Le Casse de Central Park (Brett Ratner) composent ainsi une trilogie prenant le parti d’en rire. Nul ne sait en revanche quel sera le ton du biopic télévisé en préparation pour HBO, avec De Niro dans le rôle du génie maléfique de la finance. Franchement, qui d’autre ? _J.G. Mars Distribution Wild Bunch A Dangerous Method de David Cronenberg www.mk2.com 65



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