Trois Couleurs n°93 jui/aoû 2011
Trois Couleurs n°93 jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°93 de jui/aoû 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 136

  • Taille du fichier PDF : 29,2 Mo

  • Dans ce numéro : les surdouées... spécial jeune cinéma français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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17/08 10/08 03/08 27/07 20/07 24/08 31/08 SORTIES EN SALLES CINÉMA RÉ-GÉNÉRATIONS Les Bien-aimés de Christophe Honoré Avec : Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni… Distribution : le Pacte Durée : 2h15 Sortie : 24 août Après Les Chansons d’amour, la nouvelle comédie musicale de CHRISTOPHE HONORÉ, Les Bien-aimés, est une tragédie pleine d’allant, un double portrait de générations citant toujours autant les aînés – davantage Truffaut que Demy, cette fois-ci – mais se refusant au maniérisme. Futur classique. _Par Jacky Goldberg Qu’est-ce que c’est la maturité ? Pour n’importe quel cinéaste, une aubaine, l’occasion de se voir porté aux nues. Pour Christophe Honoré, c’est plutôt une inquiétude. « Je ne suis pas sûr que la maturité soit une qualité au cinéma. Par goût, je vais plutôt vers des cinéastes immatures. Je me méfie des films adultes, des films 3 raisons d’aller voir ce film 1… Parce que Christophe Honoré, au sommet de son art, prend des risques et réussit presque tout, avec insolence. 126 été 2011 de parents d’élève, qui cherchent à vous expliquer la vie. Alors, quand on me dit que je serais devenu mature avec ce film, je me méfie. » Qu’il soit rassuré : dans sa mue, le réalisateur « Je me méfie des films adultes, des films de parent d’élève, qui cherchent à vous expliquer la vie. » de La Belle Personne n’a rien perdu de sa fougue adolescente, rien lâché de cette célérité un peu inconsciente qui l’a guidé jusqu’ici. Huitième long métrage en dix ans – qui dit mieux ? –, Les Bien-aimés est simplement le plus beau. Pas le plus aisé, ni le plus séducteur (Les Chansons d’amour ou La Belle Personne remplissaient mieux ce rôle), mais celui où Honoré se découvre au maximum, avance sans filet (quitte à trébucher un 2… Parce que Chiara Mastroiani n’a jamais été aussi bien filmée, et que le casting dans son ensemble est impeccable. peu), tout en manifestant une impressionnante maîtrise. Comme si la sensibilité bordélique d’Homme au bain se glissait dans l’écrin soyeux de Dans Paris. De ce dernier film, Les Biens-aimés reprend le principe des chansons, toujours écrites par son complice Alex Beaupain, avec un peu moins de réussite que la dernière fois mais une cohérence d’ensemble qui en fait l’équivalent, dans la tragédie, du chœur révélant les états d’âme des personnages. De tragédie, précisément, il est ici question. Mais comme toujours chez Honoré, celle-ci se conjugue avec légèreté. Les Bien-aimés fait le portrait de deux femmes, mère et fille, pendant quatre décennies, de l’euphorie sixties aux années SIDA. L’une, Madeleine (Ludivine Sagnier jeune ; puis Catherine Deneuve, impériale, comme toujours), est vendeuse de chaussures et prostituée occasionnelle à Paris, lorsqu’elle tombe amoureuse d’un beau médecin 3… Parce que Catherine Deneuve. Le Pacte
« J’avais envie de jouer avec certains clichés du vaudeville, le côté « ciel, mon mari ! », mais en donnant du poids aux actes. » tchécoslovaque. Il la ramène au pays, l’épouse, lui fait une enfant, la trompe, les chars russes envahissent Prague, elle s’enfuit avec la petite, se remarie : fin du premier mouvement. Ces deux premières bobines ne sont pas les plus éclatantes, mais elles donnent le ton : théâtralité, ode à la vitesse, romanesque à la Truffaut, sentiment d’urgence. « Plus le cinéma français devient social, s’enfonce dans une vision faussée des « vrais gens », plus j’ai l’impression qu’il faut interroger le simulacre, se justifie le réalisateur. Nathalie Sarraute disait que « le réalisme est le réel qui échappe aux formes convenues ». Les outils du théâtre me semblent aujourd’hui les plus adaptés à cette recherche. J’avais envie de jouer avec certains clichés du vaudeville, le côté « ciel, mon mari ! », mais en donnant du poids aux actes. » Le second mouvement suit davantage les destinées de Véra, la gamine désormais adulte (Chiara Mastroianni, d’une beauté insensée), tiraillée entre deux amours impossibles (Paul Schneider, formidable acteur américain révélé dans Bright Star, et Louis Garrel, brillant dans un rôle plus mat qu’à l’accoutumée), sans s’interdire de nous redonner des nouvelles de sa girouette de mère, remariée à Michel Delpech (la bonne surprise du casting) mais revoyant son ancien amant (Miloš Forman). C’est lorsqu’il s’accroche aux bottines de Chiara, son actrice fétiche et double féminin (c’est leur quatrième film ensemble), qu’Honoré se montre le plus virtuose et émouvant. À Paris, à Londres, à Montréal et même à Metz, il la filme gracile comme jamais, héroïne de tragédie condamnée par son époque, broyée par ce foutu sentiment d’impuissance qui vient toquer à la porte de l’hôtel, un certain 11 septembre 2001 – acmé du film et de la carrière d’Honoré. Le récit, déjà soutenu, ne cesse de s’accélérer, et la ronde ophulsienne des sentiments, à force de tournoyer, finit fatalement par arracher quelques cœurs. Le nôtre, quant à lui, ne s’en est toujours pas remis. ◆ 3 questions à Christophe Honoré C’est votre film le plus ambitieux, plastiquement et économiquement. Comment l’avez vous conçu ? J’ai écrit le scénario quand je tournais Homme au bain, et j’attendais les financements. Je savais que ce serait dur au tournage : un budget plus important que d’habitude, quatre villes différentes, une reconstitution historique… Esthétiquement, Les Bien-aimés essaie de faire non pas une synthèse de mes précédents films, mais un point. Comment expliquez-vous que vous parveniez à tourner autant, alors que le système de production français est souvent décrit comme lent ? On est tous dans un état de fébrilité par rapport à la production, mais je refuse de me plaindre de ça. Je crois que si je tourne tant, c’est parce que j’adapte mes désirs à mes moyens. Je ne sais pas emmerder les producteurs. C’est sans doute mon côté provincial, breton : je suis trop poli. Que préparez-vous aujourd’hui ? Je vais faire une pause dans le cinéma. Là, je travaille sur un projet théâtral autour du Nouveau Roman, et j’aimerais également écrire un autre roman, ce qui me prend, contrairement aux films, beaucoup de temps. www.mk2.com 127 Le Pacte



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