Trois Couleurs n°176 février 2020
Trois Couleurs n°176 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°176 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 37,8 Mo

  • Dans ce numéro : chaud biz, après la Hadopi, l'Arcom.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ZOOM ZOOM LES FILMS DU MOIS À LA LOUPE LA FILLE AU BRACELET Connaissons-nous réellement nos enfants ? Avec ce film de procès impliquant une jeune fille accusée du meurtre de sa meilleure amie, Stéphane Demoustier interroge le regard souvent déconcerté des parents face au comportement et à la psyché de leur progéniture. Rythmée par la procédure judiciaire et ses protocoles explicatifs, cette Fille au bracelet navigue pourtant sur une mer d’ambiguïté constante qui dénote une habileté de mise en scène assez inhabituelle sous nos latitudes. À 43 ans, Stéphane Demoustier a déjà de la suite dans les idées. On peut en effet envisager ce troisième long métrage comme un prolongement de son premier, Terre battue (2014), dans lequel le cinéaste tentait de sonder par petites touches l’ambiguïté du lien filial en faisant courir en parallèle le portrait d’un père en quête d’un nouveau défi professionnel et celui d’un fils féru de tennis rêvant d’intégrer un prestigieux centre de formation. Il s’agissait alors de reconstituer, sans donner l’air d’y toucher, la chaîne de facteurs potentiels qui amena cet adolescent à se rendre coupable, in fine, d’un acte de triche quasi criminel. À l’inverse, La Fille au bracelet s’intéresse à l’après, à l’onde de choc, à travers le quotidien de deux parents accompagnant leur fille à son procès aux assises. Deux œuvres en miroir qui expérimentent le vertige d’adultes en plein désarroi, plongés dans une situation de crise dans laquelle se matérialise l’image d’un enfant qu’ils semblent ne plus comprendre, ou ne jamais avoir connu. Jouant habilement avec les conventions du genre, l’écriture du procès se pare ici d’une efficacité
redoutable, permettant à la personnalité de l’incriminée de s’obscurcir à mesure que les faits se révèlent. En choisissant de ne jamais statuer sur la culpabilité de son personnage, le film soustrait ainsi l’intrigue criminelle à son impératif de résolution pour livrer le spectateur à un exercice de pur impressionnisme comportemental. Avocats, juristes, experts, témoins  : c’est comme si chacun s’emparait de son pinceau pour dessiner collectivement le portrait d’un individu marmoréen dont la caméra enregistre les microréactions et les réponses lapidaires à travers une cage vitrée, comme pour estomper davantage les traits de ce visage sans vie, devenu fantôme sous le poids du mensonge ou de l’injustice. Il faut saluer, à ce titre, le remarquable travail de présence-absence de la jeune Melissa Guers (lire p.22), dont chaque silence est à la fois d’or et de plomb. Une puissance mutique en adéquation totale avec un film brut et en même temps finement ouvragé, qui donne, l’air de rien, beaucoup à espérer pour la suite de la filmographie de son auteur. LOUIS BLANCHOT FILMS 55 3 QUESTIONS À STÉPHANE DEMOUSTIER Quels films de procès vous ont inspiré ? Même si sa pureté le rend inaccessible, le Procès de Jeanne d’Arc de Robert Bresson nous a servi de référence esthétique, pour sa façon de filmer les visages. Dans un registre plus dramaturgique, Le Procès de Vivian Amsalem de Ronit et Shlomi Elkabetz m’avait conforté dans la conviction qu’un film pouvait reposer quasi exclusivement sur des dépositions. Avez-vous tourné dans un véritable tribunal ? C’est une vraie salle de cour d’assises qui se trouve à Nantes et à laquelle nous n’avons rien touché  : sa contemporanéité convenait en effet à la sobriété avec laquelle je voulais traiter cette histoire. L’idée était de s’éloigner du traditionnel imaginaire solennel du tribunal, avec les moulures, les boiseries, etc. Vous êtes-vous demandé si votre personnage était coupable ? Je me suis toujours mis au même niveau que les parents, qui n’ont pas accès à la vérité primaire. Je suis comme eux, et comme les spectateurs  : j’ai mon point de vue, mais je ne sais pas. Et quand la comédienne est venue me demander, très légitimement, ce qu’il en était, je lui ai dit que c’était à elle de décider – mais qu’elle ne devait jamais me faire part de son choix. —  : de Stéphane Demoustier, Le Pacte (1 h 36), sortie le 12 février — D. R. ZOOM ZOOM



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