Trois Couleurs n°172 septembre 2019
Trois Couleurs n°172 septembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°172 de septembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 18 Mo

  • Dans ce numéro : portrait de la jeune fille en feu.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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INTERVIEW LES YEUX FOUS BOBINES Plus de deux cents films, des yeux bleus qui en ont fait flipper plus d’un, et un carnet d’adresses dément qui va de Rainer Werner Fassbinder à Lars von Trier. Et pourtant, si l’acteur septuagénaire allemand Udo Kier impressionne avec sa colossale carrière, il en parle avec une nonchalance on ne peut plus dandy. Dans Bacurau, western mystique et tribal de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, il incarne un énigmatique et sanguinaire chef de meute. Entretien à Cannes, cool pour lui, un peu intimidant pour nous. 48
Quel était votre rapport au cinéma brésilien avant Bacurau ? Je n’en avais aucun. Enfin… J’ai récemment présidé le jury du festival Cyprus Film Days, et c’est un film brésilien, Los Silencios de Beatriz Seigner, qui a été primé. Mais je n’avais jamais mis les pieds au Brésil avant de tourner dans Bacurau. Quand on pense Brésil, on a tout de suite plein de clichés en tête  : le carnaval, les gens sexy qui flânent sur la plage… J’étais content de ne rien savoir du pays. Lorsque je suis arrivé à l’aéroport, on m’a tout de suite emmené à la campagne, à cinq heures de là. Sur la place du marché du petit village où l’on a tourné, j’ai vu des chiens abandonnés et des chats errants. Loin du fantasme. Mais je ne connais toujours rien du pays. Votre personnage mène un groupe d’États-uniens qui veulent faire disparaître un village brésilien. Cela vous semble être une parabole politique ? Je préfère ne pas parler de politique. Je joue juste un type qui prend le pouvoir discrètement. On n’a pas tellement d’explications sur ses motivations. C’est ce qui fait marcher l’imagination, pas vrai ? Vous avez déclaré dans une interview  : « Quand j’ai un rôle secondaire, je veux jouer de façon à ce que les spectateurs se souviennent de moi. » Il n’y a pas vraiment de rôle principal dans Bacurau. Comment avez-vous procédé pour qu’on retienne votre performance ? Il y avait assez de matière pour un vrai développement, pour donner lieu à une évolution du personnage. Au début je l’impose comme un chef de troupe charismatique, et puis j’ajoute des éléments de plus en plus bizarres pour complexifier son caractère, et à la fin on se rend compte qu’il est complètement fou. C’est ce genre de zone trouble qui m’intéresse. Vous avez travaillé avec beaucoup de réalisateurs réputés pour leur fort tempérament, comme Fassbinder, avec qui vous avez fait un téléfilm et trois films, dont Lili Marleen et Lola. Une femme allemande en 1981, ou Lars von Trier, avec qui vous avez notamment tourné Breaking the Waves en 1996 et Dancer in the Dark en 2000. Le caractère, c’est un critère dans vos choix ? Ce que vous dites est vrai, mais je fonctionne avant tout par instinct  : je ne vais jamais chercher les cinéastes mais, s’ils me font une UDO KIER 49 proposition assez forte, je suis de la partie. Concernant Fassbinder, ce que j’aimais surtout chez lui, c’est qu’il fonctionnait en troupe. Je n’ai pas fait que l’acteur pour lui, j’ai aussi été son assistant. Comment avez-vous rencontré Gus Van Sant, qui vous a ouvert les portes du cinéma américain [il a ensuite tourné dans des blockbusters comme Armageddon de Michael Bay ou Blade de Stephen Norrington, sortis en 1998,ndlr] avec le rôle mémorable d’un client des héros prostitués joués par River Phoenix et Keanu Reeves dans My Own Private Idaho en 1991 ? Mon tout premier film américain, c’était en fait Chair pour Frankenstein de Paul Morrissey en 1973, produit par Andy Warhol, mais on l’avait tourné en italien. C’est dans ce film et dans Du sang pour Dracula du même Morrissey que Gus Van Sant m’a remarqué. Il est venu me voir tout jeune homme au Festival de Berlin, en me disant qu’il présentait là un film indépendant intitulé Mala noche et qu’il préparait un film avec Keanu Reeves et River Phoenix. Je n’avais jamais entendu parler d’eux, je vivais en Allemagne à l’époque. Pour le rôle, je suis allé dans des bars interviewer des prostitués en compagnie de River Phoenix. Il pouvait à tout moment être reconnu car il était déjà célèbre à l’époque. Mais il s’en foutait. Vous avez souvent joué des nazis, plutôt de manière parodique ou outrancière, comme dans Iron Sky. The Coming Race de Timo Vuorensola, en 2019, dans lequel vous incarnez Adolf Hitler chevauchant un dinosaure. Comment approchez-vous ces rôles ? Je suis né à Cologne en Allemagne en 1944, dans un hôpital qui venait tout juste d’être bombardé. Je n’étais bien sûr pas assez âgé pour comprendre ce qui se passait, mais cela reste pour moi un sujet sensible. C’est pourquoi je n’ai jamais voulu jouer Chair pour Frankenstein de Paul Morrissey (1973) BOBINES RUE DES ARCHIVES EVERETT



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