Trois Couleurs n°172 septembre 2019
Trois Couleurs n°172 septembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°172 de septembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 18 Mo

  • Dans ce numéro : portrait de la jeune fille en feu.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BOBINES « Qui regarde qui ? C’est une vraie question de cinéma. Je veux juste qu’on arrête d’opposer le point de vue féminin au point de vue universel. » pas ce qu’elle en pense. Je ne voulais pas perdre du temps à raconter la domination masculine, et cela aurait été inévitable si j’avais ajouté un homme dans l’équation. Je n’avais pas non plus envie de mettre un personnage masculin dans cette position, pas très généreuse au final. Il y a une dimension picturale très forte dans la forme même du film. Quels artistes, quels tableaux vous ont inspirée ? Le film assume l’envie de beauté, il ne se cache pas derrière cette envie de matières, de couleurs, de composition. Avec Claire Mathon et Hélène Delmaire, doublure de Noémie Merlant et créatrice des différents tableaux, on est allées au Louvre pour trouver qui pouvait être cette peintre, quelles étaient ses couleurs. On a pas mal parlé de Jean-Baptiste Camille Corot, qui était Luàna Bajrami et Noémie Merlant EN COUVERTURE 32 Adèle Haenel et Noémie Merlant surtout paysagiste, mais qui a aussi fait des portraits de femmes en pleine nature. La manière dont la lumière semblait émaner d’elles nous a beaucoup plu. Mais il y a d’autres références  : pour les séquences sur la plage, je pensais à la planète Tatooine dans Star Wars ; quand le personnage joué par Adèle Haenel arrive sur la plage la première fois et qu’il s’arrête au bord de l’eau comme si c’était le bout du monde, j’avais envie de tirer vers la science-fiction. L’idée de l’œuvre d’art contenant un secret entre les deux héroïnes traverse le film. Et vous, vous avez déjà eu la sensation qu’une œuvre ne s’adressait qu’à vous ? Je n’ai pas le sentiment que les films ne parlent qu’à moi, mais j’ai envie qu’ils soient à moi. Le syndrome d’appropriation d’un film, ça oui, très fort. Ce sont des symptômes de vie par procuration. Parfois, les films vous font vivre des sentiments que vous n’avez pas encore vécus, surtout quand vous êtes jeune. J’ai l’impression que l’entrée en cinéphilie passe beaucoup par le rapport solitaire qu’on a aux films. Ado, j’étais complètement révolutionnée par Twin Peaks.
Fire Walk with Me de David Lynch. J’étais allée le voir sans avoir jeté un œil à la série dont le film est tiré. J’avais l’impression de découvrir une langue, je suis sortie de la salle et le monde avait changé. Pour d’autres raisons, il y a eu La Vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky  : j’avais l’impression qu’il s’adressait à moi parce qu’on y parle de jeunes filles, d’amitié. Elles étaient regardées différemment, et c’était une femme qui réalisait. Du coup, il y avait un modèle. J’ai toujours des grands effets d’enthousiasme, souvent pour des films qui parlent d’enfance, comme pour Les Enfants loups. Ame et Yuki de Mamoru Hosoda. Depuis vos débuts, de quelle manière ceux ou ce que vous avez filmés ont fait vaciller vos certitudes, ont changé votre regard ? Je me sens beaucoup moins seule qu’avant, c’est ça qui a changé. J’ai gagné en déconstruction, en confiance, je me connais mieux et j’assume plus. J’ai la chance d’avoir un public super jeune avec moi. Et donc je grandis avec lui. Tomboy étant dans le dispositif scolaire, des gens l’ont vu à 14-15 ans, et maintenant ils me suivent. ENTRETIEN 33 Vous voyez des différences de perception de vos films entre différentes générations ? Oui, beaucoup. Entre les hommes et les femmes aussi parfois, mais c’est peut-être plus générationnel que genré. Par exemple, sur la question de la sexualité dans le film. J’ai l’impression d’avoir fait un film brûlant, même s’il avance en combustion lente. C’est là qu’on voit un fossé générationnel, parce que les critiques les plus âgés disent qu’il n’y a pas de chair dans le film. Après, il y a des exceptions, bien sûr… Les jeunes générations sont peut-être plus sensibles aux enjeux de représentations queer ? Oui, et c’est normal. Toutes les questions autour du male gaze et du female gaze ont eu un vrai écho dans la critique française au dernier Festival de Cannes, à la faveur de la projection de Mektoub My Love. Intermezzo d’Abdellatif Kechiche et de mon film. Ça commence à parler un peu comme ça et c’est bien. Qui regarde qui ? C’est une vraie question de cinéma, quoi. Moi, je veux juste qu’on arrête d’opposer le point de vue féminin au point de vue universel. BOBINES



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