Trois Couleurs n°165 décembre 2018
Trois Couleurs n°165 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°165 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : Amanda...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ZOOM ZOOM LES FILMS DU MOIS À LA LOUPE UNE AFFAIRE DE FAMILLE À travers l’histoire d’une famille pas comme les autres qui baigne autant dans la tendresse que dans l’illégalité, Hirokazu Kore-eda fait coexister différents pôles de son cinéma. Entre discours social rageur, subtilité narrative et torrents d’émotion, la Palme d’or 2018 s’impose comme un grand film sentimental et politique qui redéfinit la question des liens familiaux dans un monde plus précaire que jamais. Le cinéma du très prolifique Hirokazu Kore-eda (il a réalisé huit longs métrages de fiction ces dix dernières années) s’est vu accoler au fil du temps un certain nombre de qualificatifs  : « sensibilité », « retenue », « pudeur », « délicatesse » … Des mots qui feraient presque oublier la puissante émotion que provoquent régulièrement les films du cinéaste japonais, ou encore la colère sociale qui animait par exemple Nobody Knows, en 2004, dans lequel quatre frères et sœurs abandonnés se retrouvaient livrés à eux-mêmes. Au début d’Une affaire de famille, on croise également une petite fille délaissée et maltraitée, à la différence que celle-ci est recueillie en pleine rue par une drôle de famille qui décide de l’héberger généreusement dans son foyer. Au cœur de ce logis fait de bric et de broc, la fillette découvre une solidarité et un sens de la débrouille qui lient indéfectiblement ces laissés-pour-compte. Vol à l’étalage, fraude à l’assurance et autres activités illégales constituent le quotidien de cette tribu faite d’un père chapardeur, d’une mère blanchisseuse, d’un fils qui sèche l’école,
d’une fille qui travaille dans un peep-show et d’une grand-mère arnaqueuse. Si la fantaisie et la chaleur humaine de cette communauté aussi amorale qu’attachante évoquent des fables comme La vie est belle de Frank Capra (1948), la grande force du film de Kore-eda est de faire vaciller en cours de route le tendre édifice patiemment construit. Les transgressions répétées plongent soudain les personnages dans la tourmente, et la dernière partie du film, en dévoilant au grand jour les secrets du groupe, éclaire d’une lumière nouvelle la fragile harmonie à laquelle le spectateur s’était habitué. En troquant l’intimité cotonneuse du début pour une tonalité de thriller judiciaire et une charge frontale contre le modèle social japonais, tenu responsable de brutales injustices, Kore-eda signe une œuvre foncièrement politique, subtile et engagée, qui touche au cœur. DAMIEN LEBLANC —  : de Hirokazu Kore-eda Le Pacte (2 h 01) Sortie le 12 décembre — UNE SAISON EN ASIE FILMS 57 3 QUESTIONS À HIROKAZU KORE-EDA PAR T. Z. Le ton du film est comique, une grande joie émane des personnages malgré la précarité dans laquelle ils vivent… Chacun travaille à sa manière, mais ils ne sont pas diplômés. J’avais envie qu’on sente qu’ils sont sur le fil mais que leurs crimes les unissent les uns aux autres – il y a peut-être de ça dans leur joie d’être ensemble. C’était aussi une façon de porter un regard inverse sur ce que notre société est en train de devenir  : la famille a tendance à perdre un peu ses fondamentaux, qui sont cette chaleur humaine, cette solidarité, cette bienveillance. Le père n’est pas autoritaire et la mère n’est pas effacée… Est-ce pour retourner les rôles de genre qu’on attribue à la famille traditionnelle ? C’est un point commun à tous mes films. Je montre souvent un homme sur lequel on ne peut pas tellement compter, parfois même un peu effacé, et une femme qui assume ses responsabilités, qui est plus mature. C’est lié à mon vécu, j’ai été élevé par des parents comme ça. Ça me demanderait beaucoup d’efforts de faire le portrait d’un père autoritaire, car c’est quelque chose que je ne connais pas vraiment. Comment avez-vous filmé l’appartement de la grand-mère pour donner l’impression d’un cocon et non d’une prison ? C’est un tout petit espace, mais chacun y a sa place  : le jeune garçon est dans le placard, la mère s’est approprié la cuisine… Ça donne un sentiment de bien-être malgré qu’il n’y a pas d’intimité possible, puisqu’il n’y a pas de portes comme en Occident. La grand-mère vit dans cette maison depuis environ soixante ans, et les autres occupants ont apporté leurs affaires  : la superposition de ces couches donne aussi la sensation que chacun s’est approprié l’espace. PHILIPPE QUAISSE/PASCO



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