Trois Couleurs n°110 avril 2013
Trois Couleurs n°110 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°110 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MK2 Agency

  • Format : (170 x 285) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Angela Davis honore ses engagements.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
GUS VAN SANT ©Mars Distribution ©Mars Distribution Rosemarie DeWitt et Matt Damon John Krasinski «c’est le genre de phrase que dirait n’importe quel homme politique rencontrant une quelconque opposition : “Je ne suis pas un sale type. ” » L’extraction du gaz de schiste est un sujet controversé. Avez-vous été confronté à des pressions, des difficultés particulières ? Non, pas directement, mais c’est en effet un sujet qui est au cœur d’une lutte de très grande ampleur. La mobilisation est très active, il y a des groupements contre les forages à New York, il y a même eu des manifestations pendant le festival de Berlin (où le film était présenté en compétition – ndlr). C’est aussi un sujet d’actualité en France et en Europe. À l’image du film, le personnage de Hal, le retraité qui alerte ses condisciples sur les dangers des forages, est une vraie force tranquille. Hal est l’obstacle, la force sur laquelle Steve vient buter. Sa douceur était là dès le scénario. C’est un vieil homme, un chercheur à la retraite, et il s’est largement intéressé aux affaires dans lesquelles l’entreprise de Steve, Global, est impliquée. Vous filmez Hal et cette communauté rurale avec beaucoup de tendresse… Je vis moi-même depuis un certain temps dans une zone rurale de l’Oregon, où je connais très bien les fermiers et les propriétaires de petites terres agricoles. Ils m’ont vraiment influencé pour le film. Ce sont des gens très doux et très calmes, mais ils mènent une lutte permanente pour survivre. J’écoute leurs histoires, je constate les difficultés financières auxquelles ils font face, liées surtout à la concurrence des grosses fermes industrielles, mais aussi à l’importation de produits moins chers cultivés dans des pays pauvres ; rivaliser avec ça, c’est très dur. En France aussi, il y a beaucoup de subventions gouvernementales pour aider les petites fermes à maintenir leur production. Malheureusement, la situation est telle que les subventions permettent tout juste aux agriculteurs de survivre. Steve, accroché à ses certitudes, n’arrête pas de répéter : « Je ne suis pas le méchant. » Je pense qu’il croit sincèrement être un mec bien, mais en même temps, c’est le genre de phrase que dirait n’importe quel homme politique rencontrant une quelconque opposition : « Je ne suis pas un sale type. » Après un début ensoleillé, champêtre et enjoué, le film change subtilement de direction : dans un diner, Steve propose un pot-devin au maire pour qu’il l’aide à convaincre ses ouailles du bien fondé des forages… Pouvez-vous nous parler de ce champcontrechamp et de sa progression ? Je voulais jouer avec la direction de la lumière naturelle : quand la conversation cordiale se transforme en chantage financier, j’ai déplacé la caméra pour filmer le côté sombre des personnages, c’est à dire littéralement leurs visages dans l’ombre, contrairement au début de la séquence où la caméra est posée du côté où les personnages reçoivent la lumière de la fenêtre. J’avais utilisé le même principe de changement d’axe dans Will Hunting. 48 avril 2013
GUS VAN SANT ©Mars Distribution Une autre scène marque une rupture de rythme dans le film, il s’agit de la séquence musicale sur le morceau Snake Eye de The Milk Carton Kids. Comment l’avez-vous pensée ? C’est un morceau assez nostalgique. Cette séquence s’est décidée un peu par hasard, au montage, on s’est vraiment laissé porter par le rythme de la chanson, qui est très bon. On avait d’abord choisi d’autres morceaux pour le film, mais finalement, on n’avait pas les moyens de les utiliser. Au dernier moment, on a dû s’agiter pour trouver de nouvelles musiques. J’étais en contact avec The Milk Carton Kids, j’étais allé voir un de leurs concerts, donc je les ai appelés. Il se trouve qu’on était tous à Los Angeles à ce moment-là, donc ils sont venus nous jouer quelques morceaux de leur nouvel album, The Ash & Clay (sorti en France le 25 mars dernier – ndlr). Ils venaient tout juste de finir l’enregistrement. Et nous avons choisi trois morceaux pour le film. La douceur du film tient beaucoup à votre manière de filmer les lieux, les paysages, les ciels clairs ou nuageux. Les couleurs, notamment, sont très douces. Travaillez-vous à partir d’une palette chromatique ? Le chef décorateur, Daniel B. Clancy, et le département des costumes avaient une palette. S’ils y tiennent, pourquoi pas… Mais moi, jamais. Elles imposent trop de contraintes. Mon expérience m’a montré que le film est meilleur si vous laissez la place à l’aléatoire et à l’inattendu. Ma méthode, sur certains films comme Gerry, Elephant ou Last Days, était donc de ne surtout pas m’en occuper. Ça m’a tellement porté chance que j’ai décidé de conserver cette règle. Vous avez réalisé des films indépendants et des films à gros budgets, plus commerciaux. Arrivez-vous toujours à conserver cette liberté ? J’arrive toujours à ménager de la place pour l’inattendu, qu’est-ce qui pourrait m’en empêcher ? J’y arrive d’ailleurs d’autant plus maintenant. Il y a vingt ans, la sensibilité des pellicules était moins précise, les images avaient tendance à être vite très contrastées, donc il fallait beaucoup de temps pour éclairer les scènes. Si vous aviez filmé cette pièce par exemple, ces deux lampes (il désigne les lampes d’appoint posées sur des guéridon – ndlr) auraient eu l’air de diffuser une couleur orange, alors que la lumière de la fenêtre aurait été violette. Bref, le rendu aurait été horrible. Aujourd’hui, ce serait très beau, sans avoir besoin d’ajouter ou de modifier quoi que ce soit. Vous tournez donc en pellicule ? Oui. J’étais ouvert à l’idée de tourner en numérique, mais mon directeur de la photographie tenait à la pellicule. Pour l’instant, je trouve encore qu’il est plus simple de tourner en pellicule. Mais je sais qu’un jour je changerai d’avis. ♦ Promised Land de Gus Van Sant Avec : Matt Damon, Frances McDormand... Distribution : Mars Distribution Durée : 1h46 Sortie : 17 avril www.mk2.com 49



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 1Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 2-3Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 4-5Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 6-7Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 8-9Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 10-11Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 12-13Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 14-15Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 16-17Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 18-19Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 20-21Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 22-23Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 24-25Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 26-27Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 28-29Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 30-31Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 32-33Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 34-35Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 36-37Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 38-39Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 40-41Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 42-43Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 44-45Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 46-47Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 48-49Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 50-51Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 52-53Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 54-55Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 56-57Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 58-59Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 60-61Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 62-63Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 64-65Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 66-67Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 68-69Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 70-71Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 72-73Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 74-75Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 76-77Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 78-79Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 80-81Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 82-83Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 84-85Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 86-87Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 88-89Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 90-91Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 92-93Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 94-95Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 96-97Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 98-99Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 100-101Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 102-103Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 104-105Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 106-107Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 108-109Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 110-111Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 112-113Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 114-115Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 116-117Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 118-119Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 120-121Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 122-123Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 124-125Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 126-127Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 128-129Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 130-131Trois Couleurs numéro 110 avril 2013 Page 132