Trendy n°3 nov 14 à fév 2015
Trendy n°3 nov 14 à fév 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de nov 14 à fév 2015

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Groupe Express-Roularta

  • Format : (174 x 225) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : études... dans quel cursus réussirez-vous le mieux ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’audace Culture Livres des débutants Dans le jardin de l’ogre, par Leïla Slimani. Gallimard, 224 p., 17,50  € . Le plus cru Adèle, quel doux prénom… Adèle, 35 ans, jolie et gracile, grand reporter pour la presse parisienne, mariée à un médecin, mère d’un petit Lucien… Qui pourrait bien se méfier d’une jeune femme avec un CV pareil ? Pas son mari, Richard, en tout cas, trop occupé qu’il est par ses gardes à l’hôpital. Le lecteur, lui, connaît la face sombre de la jeune Parisienne dès l’entame et une première scène de coucherie, rapide, dure, sans affect. On l’apprend très vite, le sexe est son pain quotidien. Aidée par son métier aux horaires mouvants et par une amie alibi, Adèle multiplie les aventures à l’infini, rompant aussi rapidement que le désir l’a envahie. Ses obsessions la dévorent, ses pulsions la consument, sa vie de mensonges la détruit. Lorsque, après un accident de scooter, Richard se retrouve immobilisé et dépendant dans leur appartement, son quotidien se corse. Et le pire est à venir, le mari d’Adèle souhaitant depuis longtemps s’installer en province. Avec un style froid, implacable, Leïla Slimani déroule son portrait de femme fatale et nymphomane. Une femme malade, emprisonnée par ses démons et par « cette trahison des corps qui excite l’âme » selon une héroïne de Kundera, et que l’on se prend à plaindre et à soutenir. Avec ce premier roman, érotique, cru et violent, Leïla Slimani, journaliste de 33 ans, en impose. Sa dame de cœur a plus que du piquant. ◊ Marianne Payot À chaque rentrée littéraire, son bouquet de premiers romans et de bonnes surprises. Parmi les 75 recensés par le magazine « Livres Hebdo », voici ceux que « L’Express » a déjà repérés. Un point commun ? Leurs auteurs n’ont pas froid aux yeux ! Le plus africain Imaginez un instant que l’on vous tire de votre canapé douillet pour vous plonger brutalement dans le chaos assourdissant de la rue africaine et vous aurez une (petite) idée du roman du trentenaire Fiston Mwanza Mujila, né en République démocratique du Congo, qui vit en Autriche. Dès la première page, vous êtes assailli par tout un peuple de prostituées aux seins comme des aubergines, de féticheurs fous, d’étudiants en grève, de trafiquants de cercueils et autres chercheurs de diamants. Ils vont rester à vos basques pendant 200 pages… L’épicentre de ce maelström, c’est le Tram 83, une boîte de nuit de la « Ville-Pays » où tout ce petit monde se retrouve pour décapsuler des bières avec les dents. Sur fond de chaos se détachent un écrivain fantasque et un escroc spécialisé dans le chantage aux photos de touristes surpris avec de jeunes prostituées. Ici, seule l’énumération semble apte à restituer la réalité profuse de la nuit africaine. Échantillon  : les clients « partaient faire l’amour à quatre dans les installations mixtes, suaient comme des porcs, dansaient la polka, fumaient la ganja, rivalisaient à la roulette russe, se partageaient des brochettes à base de chien […] » Tram 83, par Fiston Mwanza Mujila. Métailié, 208 p., 16  € . C. Hélie/Gallimard ; P.Matsas/SDP
P.Bambridge/SDP ; B. Colombel/SDP ; C. Hélie/Gallimard À l’image de son sujet, l’écriture semble incapable de se fixer. Il y a toujours une paire de seins ou une rafale de kalachnikov pour interrompre le cours du récit. Un premier roman virtuose, usant et prometteur.◊ Jérôme Dupuis Le plus dérangeant Le premier opus, poignant, du Britannique Nathan Filer, distingué par le prix Costa en 2013, pourrait aussi s’intituler Contrecoups, par Nathan Filer, trad. de l’anglais par Philippe Mothe. Michel Lafon, 352 p., 19,95  € . « Mémoires d’un jeune homme dérangé » … C’est ce que croit être le narrateur, Matthew Homes, 19 ans, 1,80 mètre, « en phase de traitement lourd » dans un hôpital psychiatrique de Bristol, gavé de médicaments au point de dormir jusqu’à 18 heures par jour. C’est surtout ce qu’on lui fait croire depuis ce 15 août fatal de 1999, onze ans auparavant, lorsque Matthew provoqua accidentellement la mort de son frère aîné, Simon, 13 ans. Un frère trisomique, qui accaparait l’attention de tous et dont le souvenir hante Matthew. Lequel s’emploie à reconstituer les contrecoups de ce drame, cause de sa supposée schizophrénie. « Mais il y a toutes sortes de folies. Des fois, la folie n’a rien de fou au début. Elle frappe poliment à votre porte et, si vous la faites entrer, elle s’assied gentiment dans un coin, sans faire de bruit. Et elle grossit. » Nathan Filer, qui a lui-même travaillé en milieu psychiatrique, a trouvé le ton juste pour évoquer la descente aux enfers de cet adolescent dépassé par sa culpabilité et les diktats des adultes – parents réfugiés dans le non-dit, médecin et personnel soignant trop zélés. Sur un mode tour à tour tragique, naïf, obsessionnel, enjoué, son récit décrit avec force le cercle vicieux de la « maladie mentale ».◊ Delphine Peras Le plus documenté À Orly, en ce 27 octobre 1949, Marcel Cerdan, son manager, Jo Longman, et son ami Paul Genser délogent, grâce à un droit de priorité, trois voyageurs et embarquent sur le Constellation F-BAZN en partance pour New York. Les projets de Marcel ? Rejoindre la petite Édith et prendre sa revanche sur Jake LaMotta. On lui présente l’autre vedette de « la nouvelle comète d’Air France »  : Ginette Neveu, violoniste virtuose de 30 ans, accompagnée de son frère, d’un Stradivarius et d’un Guadagnini. Ils sont 48 passagers en tout, dont 11 membres d’équipage, à sabler le champagne dans les airs et à… périr dans la nuit, aux Açores, sur les flancs du mont Redondo, à près de 90 kilomètres de l’escale de ravitaillement. Les raisons du crash du quadrimoteur, piloté par un ancien des Forces françaises libres, restent mystérieuses. Problème de réception radiogoniométrique (qui permet de déterminer une position), semble-t-il. À Paris, France Soir multiplie les Unes, et on pleure, comme à Casablanca et à New York, le « Bombardier marocain » Marcel Cerdan, Ginette Neveu, mais aussi le génial inventeur des produits dérivés de Walt Disney, un journaliste québécois, un propriétaire de tanneries, un avocat israé lien, un chauffeur irakien, une ouvrière de Mulhouse, cinq bergers basques… Le monde entier se trouvait à bord du vol transatlantique. Fascinant Adrien Bosc, auteur de ce roman-récit et par ailleurs créateur des revues Feuilleton et Desports, qui a épluché les archives, enquêté sur Internet, déterré les indices pour restituer tous ces pans de vies brisées prématurément. Embarquement immédiat. ◊ M.P. Le plus provocateur Alma a une définition très personnelle du devoir de mémoire. « Je le dis sans honte  : je veux oublier, anéantir cette infâme Shoah […]. Je souhaite qu’on me fiche la paix avec cette histoire […] car c’est le seul moyen que j’ai de survivre. » Âgée d’une vingtaine d’années, cette Parisienne – qui s’invente à l’occasion un grand-père mort à Auschwitz – n’en peut plus d’être écrasée par le spectre des 6 millions de morts dans les camps. Quitte à parfois avoir le verbe un rien incorrect. Comment peut-elle comparer le destin des victimes du génocide à celui de son chien Edgar ? Fan de Daft Punk et de GlennGould, Alma boit de manière compulsive des canettes de Pepsi, traîne sur les Champs-Élysées ou joue à des jeux vidéo pour éviter de songer au passé. Qui finit par la rattraper lorsqu’elle rencontre Martha Eichmann, la petite-fille du dignitaire nazi – laquelle cherche également à oublier… Provocatrice, Frederika Amalia Finkelstein ? Assurément oui, et certains s’offusqueront de quelques saillies présentes dans Constellation, par Adrien Bosc. Stock, 198 p., 18  € . L’Oubli, par Frederika Amalia Finkelstein. Gallimard, 174 p., 16,90  € . 47



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