Transfac n°235 déc 10/jan 2011
Transfac n°235 déc 10/jan 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°235 de déc 10/jan 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Groupe Express-Roularta

  • Format : (225 x 285) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Master, comment choisir, postuler, réussir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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… 38 société ressort huit albums remastérisés de John Lennon et le fameux Station to Station, de David Bowie. Même la grande Patti Smith rejoue en intégrale Horses – en janvier 2011, salle Pleyel, à Paris. Le rétro-rock est en marche ! « Aujourd’hui, les 20-25 ans sont avides de découvrir les pères fondateurs », confirme Antoine de Caunes. De 1978 à 1981, il a animé Chorus, sur Antenne 2 – une émission qui a mis le focus sur The Clash et The Cure. Chorus resurgit en coffret DVD chic avec livret. « C’était une époque charnière pour le rock entre le postpunk et la new wave, poursuit-il. Désormais, les jeunes écoutent la même musique que leurs parents. » Bienvenue aux petitsenfants du rock. LA VAGUE DE L’ALBUM CONCEPT Comment résister à la crise du disque sinon en proposant des histoires dans lesquelles on s’immerge totalement. Une multitude d’albums concepts tracent ainsi leur sillon dans la lignée de Melody Nelson et autre Homme à tête de chou. Le panorama est large et va du destin d’Yves Saint Laurent stylisé par Alain Chamfort à celui, révolutionnaire, de Rosa Luxembourg, remixé par Claire Diterzi. Mais pas uniquement. Zazie raconte sa semaine type en 49 chansons ; Élodie Frégé recueille les confidences d’une Belle de jour dans La Fille de l’après-midi ; Bertrand Louis décrit le passage à l’acte d’un homme à bout dans Le Centre commercial (ou l’histoire d’un meurtrier). Le chanteur s’est appuyé sur les œuvres d’Ellroy, de Bret Easton Ellis et de Michel Houellebecq, dont il a adapté le poème Hypermarché novembre avec la bénédiction de l’écrivain. « Après mon troisième album, rappelle Bertrand Louis, j’ai été viré de ma maison de disques. Ce projet est d’abord né d’un ras-le-bol. Une Pleins feux sur les idoles d’hier. Mamma mia !, spectacle musical inspiré par les chansons du groupe suédois Abba. chanson en a amené une autre et, en tirant le fil, c’est devenu une fiction. » Même démarche revigorante du côté d’Alain Chamfort, lui aussi licencié par son label. « Je n’avais vraiment pas le goût de me relancer dans un album personnel. Ce disque autoproduit conçu autour d’Yves Saint Laurent m’a redonné une excitation. Et m’a obligé à avoir plusieurs casquettes. Aujourd’hui, la sortie d’un CD est tellement banalisée qu’il faut se singulariser. » « En ce sens, le choix de Rosa Luxembourg est symbolique, renchérit Claire Diterzi qui a reçu le prix de la meilleure musique de scène attribué par le Syndicat de la critique. Je voulais changer les choses, les remuer, les réveiller. » Les artistes apprennent donc à se réinventer. Rosa la rouge, mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo, mêle chansons, vidéos et danse. Les concerts d’Alain Chamfort sont des conférences chantées. « Le public est très attentif. Du coup, je ne suis plus du tout dans un rapport de séduction ni dans un lien affectif. Mais au service du projet. » POLITIQUE DE LA PROVOC « Liberté mon cul/Égalité mon cul/Fraternité mon cul », déblatère Philippe Katerine en jouant au basket avec des enfants dans le clip bondissant de Liberté. Sur la vidéo du Patriote, Raphael chevauche la statue dorée de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, à Paris, en égrenant : « Il faut chanter la Marseillaise/Et avec la main sur le cœur/Moi je la siffle avec les beurs. » Pas de doute, la provoc à la Gainsbourg, la vraie, celle qui tacle la société et les symboles de la nation, est de retour dans la chanson. Et ça cogne aussi fort qu’un rap dur. « Je parle d’un pays dans lequel j’ai grandi, souligne Katerine. Cette France gaulliste n’ayant pas changé, je ne la laisse pas tranquille. » Raphael, lui, renoue avec l’esprit teigneux de Renaud (Hexagone) et celui, potache, de Dutronc (Merde in France). « Après avoir écrit Le Patriote, j’étais content comme un gamin qui a fait un mauvais coup. Les gens prennent ce texte comme un mode d’emploi de la contestation, mais je ne suis pas du tout moraliste. » Bannir les clichés, casser les tabous, braver les interdits, c’est la voix des trublions de la chanson. En réaction au « défense de fumer », notamment, Brigitte Fontaine a elle aussi réaffûté ses griffes et asséné dans le titre emblématique Prohibition : « Je suis vieille et je vous encule/Avec mon look de libellule. » La provocation a-t-elle des limites ? « Non. Nous sommes le plus libres possible », assure Ivan Callot, leader des Rois de la Suède, un groupe qui n’hésite pas à s’inviter à une « fête chez les pauvres » pour les narguer ou à tacler le socialisme, dans un titre qui a fait sa réputation sur le Net. « Notre truc, c’est de mettre les pieds dans le plat. Mais nous ne sommes pas ignobles, nous sommes un peu les Beatles de la provoc. » Ces affreux, sales et méchants de la chanson s’inscrivent dans la lignée des Fatals Picards, dont Ivan fut le fondateur, ou de l’« odieux » poil à gratter Didier Super, Olivier Haudegond, de son vrai nom. Issu du théâtre de rue, il a inventé un personnage qui tient du mauvais esprit de Coluche et d’Hara-Kiri. Super a fait de la provocation un système hilarant pour les uns, à vomir pour d’autres : « Je dérange et me fais souvent taper dessus, mais, l’important, c’est de foncer quand même. » Son petit tube À bas les gens qui bossent, écrit en 2007, est ressorti pour les grèves contre la réforme des retraites. Le clip a été vu 44 000 fois sur Dailymotion, selon les fans. Dix fois moins selon ses détracteurs. l Gilles Médioni le 27 octobre 2010
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, PATERNITÉ Et si, après la naissance, les deux parents s’arrêtaient ? Des avocats lancent l’idée, dans l’intérêt… des entreprises. C’est la promotion finalement refusée, après l’annonce de l’« heureux événement ». Le poste en or confié « plutôt » à un collègue, la demande de formation devenue « non prioritaire », l’augmentation « ajournée » … Quand ce n’est pas le poste qui se retrouve sur la sellette. Quels que soient la durée de l’absence, la taille de l’entreprise, la bienveillance de la hiérarchie et le professionnalisme de l’intéressée, la salariée devenue mère sait qu’elle a peu de chances d’échapper aux stéréotypes. L’année dernière, la Halde enregistrait 250 plaintes pour discrimination liée à la grossesse, cinq fois plus que l’année précédente. À l’heure où les eurodéputés viennent de À l’instar de Diaspora, de nouveaux réseaux sociaux surfent sur la méfiance envers le site culte. Promis : eux protègent votre vie privée ! voter, contre l’avis de la France, l’allongement à vingt semaines du congé maternité minimal en Europe, un club d’avocats conseils en entreprise et experts en droit social, AvoSial, avance une idée radicale : créer un congé paternité obligatoire, en plus du congé maternité en vigueur. Une utopie irréaliste ? « Le « délit » de maternité coûte très cher aux employeurs, qui se privent de talents féminins cruciaux et s’exposent aux procès en discrimination, coupe M e Nicolas Sauvage, associé au sein du cabinet ReedSmith, à l’origine de la proposition. Beaucoup cherchent une solution pour sortir de l’ornière. » Dans une société où les pères se déchargent encore si souvent des tâches familiales au prétexte qu’ils font bouillir la marmite, l’expert ne voit qu’une parade : obliger les deux parents à s’arrêter, à tour de rôle. La mère d’abord, comme la loi le prévoit. Puis le conjoint, trois mois. Les liens pèreenfant, dont on sait qu’ils se nourrissent au berceau, en sortiraient plus forts. La mère, plus libre. L’enfant, plus équilibré. Et l’entreprise… plus efficace. Qui dit mieux ? l Julie Joly le 27 octobre 2010 Un congé paternité obligatoire, efficace pour lutter contre les discriminations ? LES ANTI-FACEBOOK 39 société Marre de voir leurs photos de soirée affichées sous les yeux de leur patron et leurs données piratées. Marre du grand méchant Facebook, qui joue avec leur intimité. 64% des internautes français craignent pour la confidentialité de leurs informations personnelles, d’après une étude GroupM parue en septembre ? De nouveaux réseaux sociaux débarquent pour les rassurer… et exploiter le filon. Très attendu par les geeks, ces petits Mozart du Web, Diaspora garantit la confidentialité absolue à ses utilisateurs. Ce réseau venu, lui aussi, des États-Unis n’a pour l’instant dévoilé qu’une partie de son code, et promet de s’ouvrir à tous avant le 11 novembre. Son idée ? Décentraliser les données. En clair, tout chez les internautes, rien dans les mains des équipes techniques. Mais les blogueurs high-tech pointent déjà plusieurs faiblesses et dénoncent le choix d’un code ouvert à tous pour garantir le respect de la vie privée. D’autres sites ont également décidé de jouer la carte de la sécurité, avec leurs propres recettes. Ils s’appellent OneSocialWeb, Folkdirect en Angleterre ou, en France, Famicity, lancé cette année (60 000 utilisateurs) ; « Les problèmes de confidentialité se situent souvent au niveau des utilisateurs », argumente Guillaume Languereau, président de ce réseau social destiné aux familles, dans lequel les usagers ne disposent pas de profil public. Les pages des inscrits ne sont pas non plus indexées par Google. Reste à conquérir le public. Facebook est toujours le leader mondial du secteur. En juillet, il annonçait avoir franchi la barre des 500 millions d’utilisateurs. Mieux : lors d’une interview récente au magazine Wired, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg – dont le réalisateur David Fincher vient de retracer l’épopée et le profil pas forcément très sympathique dans The Social Network – Mark le terrible, donc, confirmait avoir contribué à une levée de fonds pour Diaspora. « J’ai trouvé l’idée sympa », commente-t-il. Facebook ou les dents de la mer ? l Marie-Amélie Putallaz le 10 novembre 2010



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