Transfac n°234 oct/nov 2010
Transfac n°234 oct/nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°234 de oct/nov 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Groupe Express-Roularta

  • Format : (225 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial réussir à la fac... comment raccrocher ? comment rebondir ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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… 26 repères mêmes du projet européen et sur la difficulté à croire en un avenir positif. Rares sont, en 2010, les hommes politiques européens en mesure d’articuler un projet d’avenir pour l’Union européenne. L’état d’esprit général consiste plutôt à vouloir faire tourner les politiques communes existantes sans véritablement oser l’innovation. La nouveauté de la crise actuelle est donc d’être à la fois diffuse et de porter sur le sens même du projet européen. Ni les politiciens ni les peuples des vingt-sept États qui composent l’Union européenne ne voient vraiment sur quel référentiel renouvelé devrait reposer la construction européenne de demain. Extraits de : Christian Lequesne, « L’Union européenne après le traité de Lisbonne : diagnostic d’une crise », « Questions internationales », numéro45, septembre-octobre 2010. LA FRANCE, CONTRIBUTRICE NETTE AU BUDGET DE L’UNION EUROPÉENNE Par Stéphane Saurel, auteur du « Budget de l’Union européenne », collection Réflexe Europe, La Documentation française, Paris, 2010 Concernant le budget de l’Union européenne, la France a longtemps été dans une situation intermédiaire qui rendait sa position délicate dans les grandes négociations budgétaires européennes. Comme en atteste l’évolution de son solde net, elle est, en volume, une contributrice nette importante au budget de l’Union. Elle occupe en règle générale la seconde position, loin toutefois derrière l’Allemagne dont le solde net en volume (– 8,8 milliards d’euros en 2008) correspond à plus du double de celui de la France (– 3,8 milliards d’euros). Dans le même temps, la France est le premier bénéficiaire des politiques européennes, essentiellement grâce à la politique agricole commune (10 milliards d’euros en 2008) qui contribue, pour près de trois quarts, à ses retours. L’élargissement, avec la montée en puissance progressive des aides directes agricoles et de l’effort de solidarité au titre de la politique de cohésion, va dégrader le solde net français de manière inéluctable au cours des prochaines années. L’entrée en vigueur au 1 er mars 2009 de la nouvelle décision sur le système des ressources propres, multipliant les dérogations au profit de certains pays contributeurs nets, devrait accentuer cette détérioration de telle sorte que les soldes nets français et allemand devraient converger en fin de période 2007-2013. avec La documentation Française L’EURO DANS LA TOURMENTE Par Grégory Lecomte, économiste. La monnaie unique représente un exemple d’intégration exceptionnel puisque les seize pays participant à l’euro ont décidé de confier leur destin monétaire à une instance extérieure et indépendante, la BCE (Banque centrale européenne). Ils ont ainsi renoncé à maîtriser un outil essentiel de politique économique. Cette démarche et les efforts consentis par les pays candidats à la zone euro semblent pourtant remis en cause par les nombreuses turbulences que traverse la zone euro depuis 2008-2009. La permanence de déséquilibres économiques antérieurs à la mise en circulation de la monnaie unique a rendu dès l’origine la conduite d’une politique monétaire optimale problématique et a provoqué des tensions entre les pays membres de la zone. Préalable indispensable à une politique monétaire efficace, la discipline budgétaire mise en place en 1997 avec le pacte de stabilité et de croissance s’est également révélée insuffisante. Une décennie après l’adoption de l’euro, force est de constater que le pacte de stabilité et de croissance n’a pas eu d’effets véritablement contraignants, puisque nombre de pays ont relâché la discipline budgétaire qu’ils avaient précédemment observée. Dès 2003, les procédures d’alerte se sont multipliées, touchant aussi bien la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie ou le Portugal. En dépit d’un assouplissement du pacte de stabilité et de croissance en juin 2005, les infrac - tions se sont répétées. Les situations budgétaires individuelles n’étaient pas encore catastrophiques, mais le laxisme et l’absence d’ajustements ont empêché plusieurs pays européens de se préparer à une conjoncture économique plus défavorable. Depuis 2008, la crise économique, les plans de relance, les passifs liés aux opérations de sauvetage des établissements financiers ou les manques à gagner fiscaux ont encore creusé les déficits, mettant en difficulté des pays jusque-là considérés comme vertueux, telles l’Espagne ou l’Irlande, ou aggravant la situation des pays endettés de longue date tels que la Grèce, l’Italie ou la Belgique. Pour les plus fragiles, la hausse brutale des taux d’intérêt a accru le coût de la dette et ponctionné d’autant plus le budget, comme dans le cas de la Grèce. Deux raisons au moins expliquent cet échec. La première est liée à un problème institutionnel. Les sanctions prévues par le pacte de stabilité et de croissance sont en effet du ressort de la Commission européenne, mais elles doivent être aussi validées par le Conseil des ministres de l’Union européenne, au sein duquel chaque État défend son pré carré. Or, confier le pouvoir de surveillance à ceux-là mêmes qui doivent s’y soumettre est plutôt inadapté, les États membres de la zone euro se retrouvant en position de juge et partie. Les gouvernements sont tentés de ne pas se sanctionner mutuellement, comme l’ont fait la France et l’Allemagne, les deux locomotives de la zone euro. Dans un contexte institutionnel faiblement contraignant, les jeux politiques internes et l’inertie des gouvernements ont donc pris le dessus. La France a par exemple à la fois baissé les impôts sans réduire la voilure de son système redistributif, tandis que
la Grèce, en dépit des alternances politiques, a accumulé les budgets déficitaires. La seconde raison révélée par la crise économique et financière de 2008 est un défaut de conception du pacte de stabilité et de croissance. Rétrospectivement, il aurait dû inclure certaines variables à surveiller comme l’évolution du crédit et des taux d’endettement, le prix des actifs immobiliers, la balance commerciale, la dette extérieure. Comment expliquer les déficits abyssaux de l’Espagne et de l’Irlande en 2009, alors que ces pays accumulaient les excédents budgétaires ? Caractéristique des pays en rattrapage, leur modèle de croissance spécifique est fondé sur le recours massif au crédit par les ménages et les entreprises, l’usage de financements étrangers, la faiblesse de l’épargne privée ou encore une hausse 27 spéculative du prix des actifs immobiliers qui a créé un effet de richesse fragile. La crise de 2008, qui fut d’abord une crise de liquidité marquée par un resserrement du crédit, est venue révéler les faiblesses de ce modèle. Extraits de : Grégory Lecomte, « L’Euro dans la tourmente », « Questions internationales », numéro45, septembre-octobre 2010. LES DERNIERS ÉLARGISSEMENTS DE L’UNION ONT-ILS ENTRAÎNÉ LA FIN DE SA COHÉRENCE ? Par Jean-Luc Sauron, auteur de « l’Administration nationale et l’Europe », collection Réflexe Europe, La Documentation française, Paris, 2008. LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE (1957-2010) Malgré des progrès institutionnels évidents, le traité de Lisbonne n’a pas permis de mettre fin à l’ancienne contradiction entre approfondissement et élargissement qui est au cœur de la construction européenne depuis la première vague d’adhésion de 1973 (Royaume- Uni, Danemark, Irlande). Les répercussions des élargissements de 2004 et 2007 (Bulgarie, Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) sur le développement économique et social des États membres ont été largement sous-estimées et ont conduit à la mise en place de critères d’adhésion plus restrictifs. QU’EST-CE QU’UN ÉTAT EUROPÉEN ? Le traité de Lisbonne ne donne pas la définition de ce qu’est « un État européen » – critères géographiques, critères politiques ou civilisationnels ? Il s’agirait à l’évidence d’une opération politique par trop délicate, puisque le choix …



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