Transfac n°232 fév/mar 2010
Transfac n°232 fév/mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°232 de fév/mar 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Groupe Express-Roularta

  • Format : (225 x 285) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : MS, MBA, Master Pro... trouvez le Master qui vous ressemble.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 parcours NICOLAS VANIER Depuis trente ans, Nicolas Vanier parcourt le Grand Nord. Passionné de nature et d’aventure, il nous raconte ses premiers voyages durant ses années lycée et revient sur ses études supérieures à l’ISTOM… Quels souvenirs gardez-vous de vos années d’études ? J’étais pensionnaire dans un lycée agricole à Montargis, en Sologne. J’y suivais un bac D (l’actuel bac S), option agronomique. Cet établissement se trouvait au milieu des champs. Je m’y sentais bien. Il faut dire que je revenais de loin. J’ai eu en effet beaucoup de difficultés scolaires jusqu’en troisième. À l’époque, j’étais à Paris et je détestais cette ville. J’ai vécu mon enfance en Sologne, et la nature me manquait. Cela influait sur mes résultats scolaires. Mes parents ont donc pris la décision de m’envoyer à Montargis. Dès lors que j’ai intégré ce lycée, j’ai obtenu de bons résultats et j’ai noué de nombreuses amitiés. Très jeune, vous partez pendant l’été en Laponie… Adolescent, j’étais déjà très attiré par le Grand Nord. Rien pourtant n’explique cette passion. Dans mon entourage, personne ne partageait cette attirance. Mais un beau matin d’été, à 17 ans, j’ai pris mon sac à dos, direction Paris, gare du Nord jusqu’à la dernière station, Kiruna, située en Laponie suédoise. Cela ne me coûtait rien, puisque à l’époque, la SNCF offrait aux jeunes un pass valable deux mois, partout en Europe, pour une somme modique. Mon voyage a duré à peu près trente heures. Puis, pendant un mois, j’ai traversé à pied la Laponie, à la rencontre des éleveurs de rennes. Nicolas Vanier EN 8 DATES 1962 : naissance à Dakar. 1980 : il traverse le Canada en canoë, depuis Schefferville jusqu’à la baie d’Ungava sur les traces des Indiens Montagnais. Hiver 1981-1982 : il traverse le Nouveau-Québec et le Labrador en traîneaux à chiens. 1986-1987 : pendant un an, Nicolas Vanier et son équipe parcourent 7 000 kilomètres à travers les zones les plus sauvages des Rocheuses et de l’Alaska. 1989 : il réalise un film sur la course des trappeurs pour Canal+ et un reportage photo à la rencontre du plus grand troupeau de caribous du monde, au Labrador. 1994-1995 : il part un an avec sa femme et sa petite fille de dix-huit mois, à travers les Rocheuses et le Yukon. 2004 : il réalise son premier long métrage, Le Dernier Trappeur. 2009 : sortie de Loup, son second film. Vous pouvez retrouver tous nos portraits dans la rubrique « Vie étudiante/Mes 20 ans ». EXPLOR L’été suivant, vous optez pour le Canada… Pour payer mon billet d’avion, j’ai travaillé en tant que docker occasionnel au Havre, pendant un mois. J’ai pu ainsi partir traverser le Canada en canoë, depuis Schefferville jusqu’à la baie d’Ungava sur les traces des Indiens Montagnais. Vous décrochez votre bac l’année d’après et vous décidez de prendre une année sabbatique… J’avais entendu parler d’une expédition qui se montait, sponsorisée par Antenne 2 (devenue depuis France 2), pour traverser le Nouveau-Québec et le Labrador en traîneaux à chiens. J’ai harcelé ceux qui l’organisaient. Finalement, j’ai réussi à faire partie de l’équipe. Je garde un merveilleux souvenir de cette première grande expédition. Que pensaient vos parents de vos escapades ? Déjà, j’avais décroché mon bac, ce qui leur tenait beaucoup à cœur. Et puis, même s’ils ressentaient une certaine inquiétude à me voir partir, ils m’ont toujours encouragé à suivre ma voie. Ils ont eu très tôt confiance en moi. Il faut dire que mes voyages ont été progressifs. Je suis parti pour la première fois à l’âge de 14 ans : j’ai traversé les Pyrénées. Et puis, au fil des années, mes expéditions étaient de plus en plus mûries, préparées. À votre retour du Nouveau- Québec et du Labrador, vous vous inscrivez à l’ISTOM. Cette école d’ingénieurs qui forme des spécialistes de l’agrodéveloppement international dispensait un cursus qui m’intéressait. Cela me semblait important d’avoir un bagage supplémentaire au bac. Je dois pourtant avouer que je n’étais pas un étudiant très assidu. Heureusement, j’avais des copains sympas qui me donnaient les cours. J’ai réussi à décrocher mon diplôme. Que vous reste-t-il de cette formation ? Cela m’a certainement aidé dans mes nombreuses démarches administratives pour préparer mes expéditions : avoir une certaine rigueur, suivre un projet jusqu’au bout, convaincre... Et cela a aussi peutêtre rassuré mes parents, même s’ils ont toujours cru en moi. Vous enchaînez ainsi les expéditions. Comment viviez-vous le retour de vos périples ? Ce n’était pas facile, surtout quand j’avais 24-25 ans, j’étais en décalage avec mes amis. Je n’avais pas de quoi me payer un restaurant, par exemple. Je vivais dans la ferme familiale, en Sologne. Je n’avais donc pas de loyer à ma charge. Je me chauffais au bois. Cela me suffisait. Mes copains avaient une situation professionnelle. Nos ressources financières n’étaient pas les mêmes. Aujourd’hui, des jeunes viennent-ils vous demander conseil ? Que leur dites-vous ? Je reçois de nombreuses lettres par jour de jeunes qui veulent partir. C’est très disparate : il y a les doux rêveurs et ceux, plus structurés, qui ont préparé un dossier avec un projet précis, qui demandent un parrainage, qui ont des questions très techniques. C’est alors un plaisir de les aider. Je leur dis surtout d’être opiniâtres et d’aller au bout de leur projet. l Propos recueillis par Séverine Tavennec Pour plus d’infos sur Nicolas Vanier : www.nicolasvanier.com. Philip North Coombes
ATEUR « Mes parents m’ont toujours encouragé à suivre ma voie »



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