Touring n°2019-02 février
Touring n°2019-02 février
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-02 de février

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Touring Club Suisse

  • Format : (210 x 282) mm

  • Nombre de pages : 86

  • Taille du fichier PDF : 29,5 Mo

  • Dans ce numéro : pleins feux sur les routes en Suisse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FAUSSES IDÉES REÇUES 1. L’archéologie a le pouvoir de modifier les tracés autoroutiers. C’est la crainte fréquente des ingénieurs, mais le cas de figure est extrêmement rare. A l’Ofrou, même si cette éventualité est envisagée, on n’a pas en mémoire l’existence d’un site important au point de justifier sa conservation in situ. 2. Le travail des archéologues retarde le programme de construction des routes nationales. Un lieu commun très répandu, mais c’est faux ! L’agenda autoroutier tient compte de l’intervention des équipes archéologiques, que les fouilles en amont permettent d’organiser au mieux. « Les affaires sont bien gérées et l’archéologie n’a pas pour vocation de s’opposer aux besoins du troisième millénaire », tempère Caroline Brunetti. A l’entendre, un cas de retard arrive très rarement. Comme lors de la découverte inattendue de gisements paléontologiques exceptionnels – 14 000 traces de dinosaures remontant à 150 mio d’années – sur le tracé de l’autoroute A16 (Transjurane). Les répercussions de ces découvertes ont pu être amorties par la dimension importante du projet même et par des adaptations du déroulement des travaux. 20 touring février 2019 les équipes engagées », éclaire Caroline Brunetti. Dans ce contexte, la responsable se prend à rêver d’une légère avance accordée aux fouilles sur les travaux de chantier, ainsi que d’un assouplissement des nouvelles exigences environnementales, qui induisent des coûts impressionnants. Un « vœu pieux » toutefois, à l’entendre  : « Le timing et les normes sont imposées, et l’archéologie n’a pas le choix. » A noter enfin que l’engagement des équipes archéologiques n’est pas un réflexe automatique. « Fouiller, c’est détruire, résume d’une formule Caroline Brunetti. Toute intervention appelle donc une pesée d’intérêt. Il est parfois préférable de reporter un chantier en comptant sur l’évolution de la technologie. On fouille mieux aujourd’hui qu’il y a vingt ans, et on le fera mieux encore au cours des vingt prochaines années. » Et d’évoquer l’ADN et les isotopes, et les perspectives que ces technologies ouvrent encore en matière d’analyse des ossements, par exemple. Sondages sur le tracé de l’A9 Vue aérienne des fouilles exploratoires effectuées entre Sierre et Susten (2017–2018). Devoir de documentation Fouiller, c’est détruire… « L’archéologie accepte de sacrifier du patrimoine. Le documenter est le prix à payer en contrepartie », poursuit l’archéologue cantonale. Sa section supervise ainsi la publication des résultats des fouilles effectuées, dont les coûts sont assumés en majeure partie par la Confédération (96%), les 4% restants étant à la charge du Canton, plus précisément de l’OCRN. « C’est un aspect du métier qui est aussi important que les excavations, mais que le public ne voit pas. » Exemple à Gamsen, sur la commune de Brigue-Glis  : les recherches effectuées entre 1988 et 1999 ont révélé une succession de villages se répartissant entre l’âge du Bronze et le Haut Moyen Age (13es. av. J.-C. et 12es. ap. J.-C.). Une découverte qui débouche sur la publication monumentale, actuellement en cours, de 10 volumes consacrés à l’habitat en milieu alpin. Une synthèse est d’ores et déjà prévue à l’attention de la presse spécialisée, y compris étrangère, et une autre dédiée à un plus large public. ◆ PHOTO SBMA/ACHAEOPFYN/EMERY-EPINEY, SIERRE
« Je suis l’employé des services d’archéologie cantonaux » Alexander von Burg incarne à lui seul, depuis 2011, le service spécialisé en archéologie et paléontologie de l’Office fédéral des routes (Ofrou). Portrait d’un homme-orchestre à l’écoute permanente de ses partenaires à l’échelon cantonal. TEXTE JÉRÔME LATHION PHOTO EMANUEL FREUDIGER Dans les bureaux de l’Ofrou, à Ittigen (BE), Alexander von Burg s’est gagné un surnom qui lui arrache un sourire, « Indi astra Jones ». Jeu de mots  : en allemand, Astra égale Ofrou… En 2011, le diplômé en pré- et protohistoire, géologie, minéralogie, histoire ancienne et épigraphie de l’Université de Berne était nommé à la tête du nouveau service fédéral spécialisé en archéologie et paléontologie, après 16 ans passés au service archéologique du Canton de Neuchâtel. Il y avait notamment dirigé des équipes de recherche sur l’A5 Areuse–Vaumarcus. Etonnant service fédéral composé d’une seule personne ! Pour comprendre sa création, il faut se référer à la Réforme de la péréquation et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons (RPT), opérée en 2008. En bref, la construction des routes nationales et la quasi totalité des coûts tombaient alors dans le giron de la Confédération. Dans la foulée, les adieux étaient faits à la Centrale d’archéologie, instaurée en 1960 pour répondre aux craintes de quelques professeurs de renom face à la menace des chantiers autoroutiers. En 2012 sortait de l’officine bernoise un document fondateur, la « Procédure applicable en cas de découvertes archéologiques ou paléontologiques lors de la construction des routes nationales ». Les projets d’achèvement du réseau sont financés de 65 à 97% par la Confédération (Ofrou). Celle-ci, en tant que maître d’ouvrage, finance les projets d’aménagement et d’entretien à 100%. Mais Alexander von Burg ne se veut pas pour autant donneur d’ordres et précise que la souveraineté cantonale prévaut également dans son domaine  : « Je suis pour ainsi dire l’employé de tous les services cantonaux d’archéologie », s’amuse-t-il Alexander von Burg, « Monsieur archéologie et paléontologie » auprès de l’Ofrou. avec modestie. A ce jour, 19 cantons sur 26 sont pourvus d’une telle structure. « Dans certains petits cantons de Suisse centrale et orientale, des archivistes bien au fait de leur territoire complètent le réseau. » Des sols à protéger Sur un pied d’égalité, l’expert fédéral vient en aide à ces partenaires à tous les DOSSIER stades  : étude d’impact sur l’environnement, respect des contraintes légales, planification conjointe des fouilles et exécution des travaux. Un vaste cahier des charges où le respect des normes environnementales pèse son poids, surtout en matière de protection des sols  : « Nous devons respecter la terre, même si cela ne nous facilite pas la vie, admet-il. Nous sommes tenus de la stocker en séparant les couches excavées, de les entretenir et de les réhabiliter après les travaux. Cela exige de l’anticipation et une adaptation des techniques de fouilles. » En Suisse, à l’entendre, on pratique essentiellement des fouilles de sauvetage, soit une archéologie dite préventive. « Il existe peu de sites au nord des Alpes qui nécessitent une conservation sur place. Le choix qui prévaut le plus souvent est de fouiller et de documenter ensuite sur les résultats de la recherche. » Si le rêve d’un Pompéi nordique s’enfuit, restent toutefois dans sa mémoire récente quelques trouvailles mémorables, comme sur le tracé de jonction d’Orpond (BE) où, pour la première fois en Suisse, on a obtenu une datation dendrochronologique pour un site du Premier âge du Fer. Un riche ensemble de céramiques a ainsi pu être daté de 723 av. J.-C. Une rareté. Mais surtout, « les grands travaux autoroutiers ont permis des pas de géant dans la connaissance de notre préhistoire et constituaient une chance énorme pour deux générations de jeunes chercheurs. Et les découvertes paléontologiques de la Transjurane sont d’intérêt international », se félicite Alexander von Burg pour conclure. ◆ février 2019 touring 21



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