Touring n°2018-11 novembre
Touring n°2018-11 novembre
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-11 de novembre

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Touring Club Suisse

  • Format : (210 x 282) mm

  • Nombre de pages : 92

  • Taille du fichier PDF : 31,5 Mo

  • Dans ce numéro : la condition de pendulaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Ces territoires qui deviennent fantômes Au total, 71% des travailleurs suisses œuvrent hors de leur commune de domicile. Cette migration quotidienne de 3,9 millions d’actifs a-t-elle une répercussion sur la qualité de vie communale, notamment en matière de restauration ? Le point. TEXTE ALINE BEAUD ILLUSTRATION ALBAN SEEGER Une auberge qui ferme, c’est l’âme du village qui s’en va. Gilles Meystre, président de GastroVaud, ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque les difficultés des pintes à survivre dans les localités rurales. Chaque mois, des communes inquiètes pour leur restaurant le contactent à ce sujet. Le bistrot, c’est le dernier espace de sociabilité qui subsiste après la disparition du boucher ou de la boulangerie, détaille-t-il. Selon Gilles Meystre, ces fermetures sont dues à la transformation des villages, lesquels se sont mus en cités dortoirs. Les clients locaux étant absents durant la journée, les exploitants doivent se montrer souples avec les horaires, notamment en fermant durant les périodes creuses.ls doivent aussi se montrer créatifs et proposer une carte courte avec un ou deux plats phare, indique l’expert. l précise que certains y parviennent très bien, à l’instar de l’Auberge communale de échy. 18 touring novembre 2018 En fin de tendance oujours est-il que le débat au sujet des villages dortoirs n’est pas nouveau. ans les années 50, lors de la construction des autoroutes, nos membres craignaient que cette nouvelle voie de circulation éloigne les consommateurs des villages, signale Gilles Meystre. ous sommes plutôt en bout de tendance, explique à son tour Marc Antoine Messer, chargé de cours à l’EPL. La sortie des villes s’est opérée depuis les rente Glorieuses et, plus particulièrement durant les années 60 et 0. Mais depuis les années 2000, on assiste clairement à une réappropriation de la ville par les habitants en Suisse et, plus globalement, en Europe occidentale. Malgré cela, on comptait toujours en 2016 plus de personnes sur 10 travaillant hors de leur commune de domicile selon l’ffice fédéral de la statistique, avec au total quelque 3, millions de pendulaires. Alors, quid des villages dortoirs Périmètre spatial accru Ceux-ci ont toujours existé et continueront de le faire. epuis toujours, il y a une spécialisation espace de loisirs, de travail, etc. du territoire, assure l’urbaniste de l’EPL. Ce qui est nouveau, c’est que le périmètre spatial s’étend. ne information corroborée parudolf Meni de l’ffice fédéral du développement territorial AE epuis 14, la distance quotidienne parcourue par les populations rurales augmente. Les domaines d’action d’une grande partie de cette population se sont donc agrandis. Les trajets ne sont pas seulement effectués pour les déplacements professionnels, mais aussi pour les achats et loisirs, ainsi que pour les itinéraires d’accompagnement, soit le fait d’amener ou de chercher quelqu’un. e leur côté, les espaces résidentiels se sont également agrandis, on passe alors de quartier à cité, à district voire même à canton dortoir. Selon Marc Antoine Messer, le district de la roye est généralement cité comme l’exemple-type d’un territoire dortoir, au vu du nombre de pendulaires sortants chaque matin. Par contre, cela ne dit pas grand-chose sur la qualité de vie sur place. Paradoxe politique’ailleurs, être taxé de territoire dortoir n’est pas péjoratif en soi C’est souvent une utilisation politique pour relayer des revendications économiques et industrielles ou justifier les difficultés à créer des places de travail, explique Marc Antoine Messer, estimant que le concept n’est pas clairement défini. u point de vue politique, justement, deux tendances s’affrontent, selon l’urbaniste.’un côté, il y a une volonté forte de retour à la proximité et de recréer des espaces multifonctionnels. e l’autre, on améliore les infrastructures de transport permettant aux gens de se rendre plus loin et plus rapidement. Foodtrucks ou steak-frites ? uant à savoir si l’appauvrissement de l’offre fonctionnelle découle du statut de dortoir de la commune, le spécialiste de l’EPL impute plutôt cela aux nouvelles habitudes de consommation. e son côté, Gilles Meystre de GastroVaud nuance. l juge que ces changements de préférences sont également influencés par la pendularité e par leur mobilité, les habitants découvrent aussi de nouvelles formes de restauration, par exemple les foodtrucs, dans les villes. Celles-ci servent souvent de lieux test pour des innovations en matière culinaire. Les exigences vont croissant et les consommateurs ne se contentent plus du simple stea-pommes frites proposé dans leur village. Selonudolf Meni de l’AE, pour assurer la qualité de vie au sein des communautés rurales, il est primordial que celles-ci recherchent ensemble des solutions pour la fourniture de services à la population. Pour ce qui est des centres et des agglomérations, il souligne l’importance d’assurer un développement à usage mixte habitat, travail, loisirs, etc. au sein des quartiers ou de leur environnement immédiat lors de la planification ou la conception de nouvelles ones d’habitation. Cela permet de raccourcir les distances parcourues. oujours selon lui, outre la qualité de la croissance des ones d’habitations, la numérisation et lautomatisation des transports ainsi que loptimisation de linfrastructure actuelle représentent aussi des pistes à explorer pour accrotre la qualité de vie. Ces approches ne représentent pas uniquement un défi pour les espaces ruraux, mais bien pour l’ensemble du territoire, conclut-il. ◆
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