Touring n°2018-09 septembre
Touring n°2018-09 septembre
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-09 de septembre

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Touring Club Suisse

  • Format : (210 x 282) mm

  • Nombre de pages : 108

  • Taille du fichier PDF : 40,6 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur les bancs de l'école.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La mobilité individuelle est à la veille d’une ère nouvelle. Urs Wernli, président central de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA), évoque les défis à relever par les garagistes et en matière de formation. Le trafic routier a considérablement augmenté au cours des trente dernières années. On pourrait voir dans cette évolution l’âge d’or des métiers de l’automobile. Mais les garagistes sont-ils vraiment heureux ? Urs Wernli : Ils aiment naturellement leur métier, mais ne sont pas vraiment satisfaits. Nos affaires ne génèrent pas suffisamment de marges et de flux de trésorerie. Nous sommes heureux de vendre près de 300 000 voitures par année, mais la concurrence est très rude. Ce sont les clients qui en bénéficient aujourd’hui, car jamais auparavant ils n’avaient pu obtenir autant par rapport à leur pouvoir d’achat. Néanmoins, la jeune génération ne semble plus vraiment s’intéresser aux voitures. Posséder le dernier smartphone paraît plus important… Les jeunes ne souhaitent plus forcément passer le permis de conduire tout de suite. Mais cela dépend fortement de leur lieu de résidence. Dans les zones urbaines, où le réseau de transports publics est dense, ils se déplacent moins en voiture. A la campagne, en revanche, les jeunes souhaitent toujours disposer de leur propre véhicule. Notons tout de même que plus 180 000 personnes obtiennent le permis de conduire chaque année. Ce chiffre très élevé ne confirme pas la tendance que vous évoquez. Cela dit, la Suisse est également plus peuplée qu’autrefois… Certes. Mais quel que soit l’intérêt que les téléphones portables suscitent, ils ne remplaceront certainement pas la voiture. 16 touring septembre 2018 La mobilité est en pleine mutation. Quels défis les garagistes devront-ils relever ? La rapidité des changements et l’importance croissante du numérique. Mais les entreprises doivent également constamment s’adapter aux exigences des importateurs. Les gammes de modèles évoluent continuellement. Les importateurs exercentils une forte pression sur les garages ? Assurément. Il est normal qu’un constructeur ait son mot à dire sur l’aspect d’un local de vente. Mais cela dépasse parfois toute mesure, y compris en ce qui concerne la cadence des réinvestissements. Il n’est pas rare que les directives englobent le type de carrelage, de mobilier de bureau, voire même d’éclairage à utiliser. Nous n’aimons pas cela, car il s’agit d’une entrave à la liberté d’action du garagiste dans le domaine entrepreneurial. En tant qu’association, pouvez-vous intervenir ? Oui, cette problématique nous occupe beaucoup. Nous réalisons actuellement une étude sur la situation de dépendance des garagistes et la pression exercée par les constructeurs. Il s’agit d’examiner ce qui peut être fait pour y remédier. Nous essayons de faire en sorte que la politique adoptée prenne en compte ces préoccupations. Que disent les constructeurs à ce sujet ? Cela dépend des cas, mais nous abordons la question très clairement. Cela étant, les constructeurs ont également des objectifs entrepreneuriaux. C’est sans doute l’un des points sur lesquels nous ne serons jamais d’accord. Cette pression des constructeurs favoriset-elle l’émergence de grands garages au détriment des petits ? Nous assistons à une concentration vers les grandes structures et les groupes. Les showrooms s’agrandissent, s’embellissent et se modernisent, ce qui implique de lourds investissements. Ce qui ne signifie pas pour autant la fin des garages de village. Car les automobilistes suisses acceptent rarement de parcourir plus de 20 km et font confiance à leur garagiste. Tant qu’il en sera ainsi, les petits garages survivront. Mais un entrepreneur doit également réfléchir à la possibilité de proposer des offres de mobilité supplémentaires. Qu’entendez-vous concrètement par là ? Jusqu’ici, le garagiste a vendu, repris et réparé des voitures. Depuis un certain temps déjà, nous l’incitons à jouer également un rôle de prestataire de services de mobilité au niveau local. C’est-à-dire à proposer des offres d’autopartage ou d’abonnements pour divers véhicules. Nous y voyons un grand potentiel et poussons les garagistes à offrir quelque chose qui leur soit propre, sans attendre que les constructeurs fixent un cadre. Bien entendu, il y aura toujours quelqu’un pour entretenir, réparer et nettoyer les voitures. On ne l’aurait jamais cru, mais ça marche : Tesla, pour ne pas le nommer, vend ses voitures directement via internet. L’achat en ligne, est-ce l’avenir ? Ce n’est pas tout à fait exact.
« Nous essayons d’amener le garagiste à assumer le rôle de prestataire de services de mobilité. » Urs Wernli Agé de 67 ans, il est président de l’UPSA, l’Union professionnelle suisse de l’automobile. Les gens qui souhaitent acheter ce type de voiture se rendent habituellement dans un point de vente pour la voir, la toucher et la conduire. Tesla fait simplement l’économie des concessionnaires. Je soupçonne que si cette marque écoulait des volumes plus importants, elle aurait également besoin de points de vente. Les fabricants essaient toujours d’augmenter leurs marges. S’ils n’avaient pas besoin de concessionnaires, d’autres marques s’en passeraient aussi. Mais ce n’est pas possible. Le consommateur veut essayer sa voiture, la palper. En plus de la vente, internet permet notamment de faire des évaluations. Que pensez-vous des platesformes de notation des garages ? Je suis très critique à ce sujet. Le principal problème est celui des notations bidon. Or il est très difficile de prendre des mesures pour corriger les affirmations mensongères. En tant qu’association, nous devons nous efforcer d’avoir facilement accès à ces portails, afin de pouvoir évaluer ces commentaires. Mais il n’est plus possible de revenir en arrière. Les motorisations alternatives ont le vent en poupe. Quel impact cela a-t-il sur la formation ? Nous proposons depuis longtemps des cours à l’intention du personnel spécialisé des garages. Ces connaissances sont désormais intégrées à la formation de base des apprentis. Pour le reste, une voiture électrique n’est pas si différente d’un véhicule conventionnel. Un grand nombre de choses ont néanmoins changé au niveau de la formation. Le mécanicien en automobile est devenu un mécatronicien… DOSSIER Il y a dix ans, les formations de base des mécaniciens et électriciens automobiles ont fusionné dans celle de mécatronicien d’automobiles. A ce jour, nous avons revu tous les métiers techniques de notre branche pour les adapter aux nouvelles exigences de formation. On a besoin de compétences provenant de chaque secteur, et plus simplement d’une formation spécifique. Cela change la donne et contribue à renforcer l’attrait des professions de l’automobile. Trouvez-vous encore suffisamment d’apprentis ? Nous rencontrons peu de problèmes, mais sommes néanmoins soumis à la concurrence lorsqu’il s’agit de pourvoir les places d’apprentissages. Les métiers de l’automobile restent encore parmi les plus populaires. Une situation demeurée stable au cours des dernières années. D’où vient cet engouement ? Les jeunes sont notamment fascinés par la technologie, la performance ainsi que la variété des modèles. Les voitures sont de plus en plus gérées par ordinateur. Cela plaît aux jeunes, car cette évolution implique également des défis. Les professions de l’automobile attirent-elles également les femmes ? Clairement oui ! Actuellement, selon les régions, les femmes représentent entre 3 et 5% des effectifs d’apprentis. Elles sont de plus en plus nombreuses, y compris dans le secteur des utilitaires. A l’UPSA, nous visons un objectif de 5 à 10%. Cependant, nous devons être réalistes, car l’automobile reste globalement un univers masculin. Et il faudra certainement encore un peu de temps pour que cela change, mais nous y travaillons. ◆ septembre 2018 touring 17



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