The Red Bulletin n°2020-04 avril
The Red Bulletin n°2020-04 avril
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-04 de avril

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (223 x 296) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 18,9 Mo

  • Dans ce numéro : à la pointe de l'escrime avec Miles Chamley-Watson.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Quand elle n’est pas sur les routes, elle aime se retrouver chez elle dans sa communauté. Sa maison possède un soussol qu’elle veut transformer en salle de gym et de danse. Dans le séjour, des bandes sur le sol délimitent les contours des meubles qu’elle n’a pas eu le temps d’acheter. Nous nous asseyons donc sur des couvertures, comme si nous nous nous trouvions dans un espace de méditation. À 27 ans, Angyil McNeal a ressenti le besoin d’un peu de sécurité et de tranquillité, ce dont elle a tant manqué dans son enfance. Très tôt, elle a appris que pour danser à un niveau professionnel et réussir en dehors de sa ville natale, elle devait se débarrasser de ses peurs. Le talent de cette dernière a éclos durant son enfance, dans son jardin, pendant les fêtes d’été organisées avec sa famille. La jeune Angyil présentait ses mouvements de danse. Si ses sœurs aînées se moquaient d’elle au début, elle a tellement progressé que sa mère et ses sœurs ont réalisé qu’elle avait un réel talent. Pour la plupart des danseurs techniques, commencer la danse classique au collège, comme ce fut le cas pour Angyil McNeal, aurait été considéré comme un début très tardif. Mais le nombre incalculable d’heures passées à pratiquer pour les réunions de famille, ainsi que son envie et son talent naturel, l’ont aidée à se mettre à niveau. « Je suis convaincue que, lorsque vous êtes passionné par quelque chose, peu importe le moment auquel vous commencez. Votre passion vous aidera à rattraper votre retard, confie-t-elle. Vous resterez debout jusqu’au milieu de la nuit pour rattraper toutes ces années perdues. » Cette soif de danser s’est encore amplifiée quand, à 16 ans, elle a compris que la rigueur de la danse classique étouffait sa liberté de pensée et d’expression. Cette discipline était devenue trop stricte pour l’adolescente pleine d’énergie  : Angyil sentait qu’elle avait plus à dire avec son corps que ce que la danse classique ne lui permettrait jamais. « Pendant un moment, la danse classique m’allait bien, parce que j’oubliais une grande partie de ma vie qui était faite de douleur, explique-t-elle. Mais en grandissant, je me suis rendu compte qu’on ne peut pas échapper à ce traumatisme. On ne peut pas échapper à la réalité. Et je voulais m’y plonger à corps perdu. J’avais l’impression qu’en danse classique, je devais faire semblant d’être quelqu’un que je n’étais pas tout le temps, poursuitelle. Je devais rassembler mes cheveux dans un chignon, mettre du maquillage et faire comme si tout allait bien. Mais j’ai des cheveux afro et j’en ai eu marre de les enduire de gel pour être sûre qu’ils ne s’échapperaient pas. Mon cœur me disait  : «Ce n’est pas toi.» Cette vie-là ne me correspondait plus. » Après avoir obtenu très tôt son diplôme à la Paseo Academy, Angyil McNeal a raccroché ses pointes et suivi ce que lui dictait son cœur, à savoir pratiquer le hip-hop – et notamment le popping – à plein temps. Beaucoup de gens ont été déçus de la voir abandonner ce qu’ils pensaient être un billet pour la gloire. Finie l’élite du stage Alvin Ailey de Kansas City. Elle a pris la direction de New York pour travailler après avoir décroché son diplôme du secondaire. Pour Angyil McNeal, il n’y avait pas de retour en arrière possible. Si elle s’en allait, elle devait prendre des risques. À 16 ans, elle a déménagé dans le Bronx, à New York, avec la niaque pour seul bagage. Au début, sa famille était sceptique quant à son déménagement si lointain à un si jeune âge, mais elle en était « J’avais la dalle, dans tous les sens du terme. » aussi très fière. « J’avais la dalle, se souvient-elle. Dans tous les sens du terme. » Endurcie par son enfance à Prospect et à Troost, Angyil McNeal avait déjà quelques tuyaux pour réussir dans la vie, et elle s’est rapidement adaptée à la Grosse Pomme. Elle s’est fait des amis et a commencé à se produire dans le métro et dans la rue avec d’autres danseuses. Une fois, son crew a été arrêté pour mendicité lors d’une performance dans un train, mais elle revendique fièrement les clichés pris par la police, lorsque tout le monde a vogué. « Je me disais  : «Si je dois aller en prison, c’est comme ça que je veux que ça arrive» », s’amuse-t-elle. La brutalité des New-Yorkais n’a pas non plus dissuadé Angyil McNeal de danser. Elle s’est installée en ville et a continué à performer dans la rue pendant quatre ans. La plupart du temps, elle 52 THE RED BULLETIN GETTY IMAGES
revenait chez elle avec un peu d’argent, et tout comme ses prestations dans le jardin familial, la rue lui offrait un espace gratuit pour pratiquer et améliorer ses mouvements. « Cela m’a appris à avoir confiance en moi, dévoile-t-elle. Cette période-là a vraiment été très dure. Elle a forgé mon caractère. » À18 ans, elle a eu une vision encore plus claire de son avenir dans la danse en s’inscrivant à son premier battle officiel. Débordante d’enthousiasme, Angyil McNeal s’est envolée pour Kansas City afin de concourir, mais comme elle l’explique, elle a perdu à cause d’obscures politiques et de la partialité des juges qui ont supposé qu’elle était une New-Yorkaise sur le terrain adverse, et non originaire de Kansas City. Cette défaite a marqué un tournant dans sa vie et l’a incitée à étudier et Une star de la danse urbaine dans la salle où elle a commencé sa formation en danse classique, avant de se lancer dans le freestyle. travailler assez dur pour pouvoir vivre de ses battles. La journée a été longue. Angyil McNeal fait une petite pause pour se verser un verre de vin blanc. Elle n’a pas souvent l’occasion de se détendre, et même pendant les moments de repos ou de calme, elle prend le temps d’échauffer ses muscles et de faire quelques pompes ou des squats pour garder la forme. Elle passe pratiquement toute sa vie dans des chambres d’hôtel à travers le monde, et il n’est pas rare qu’elle se fabrique son petit module de gym avec des chaises et des tables. Après une journée passée ensemble et une orgie de plats asiatiques, Angyil McNeal annonce qu’elle veut intégrer une session cardio et monter les escaliers en courant. Logique. Connue pour ses démonstrations de freestyle dans la plupart de ses performances et de ses battles, elle aime rester sur le qui-vive. En 2017, après huit années à vivre à New York, Angyil McNeal a osé déménager en Europe et se lancer dans la bataille. Avec à peine 90 dollars sur son compte en banque, elle s’est installée à Amsterdam où elle a passé plusieurs mois à squatter des canapés avec des amis à Berlin, à Paris et au Danemark pour des compétitions. « Je gagnais tous les battles, raconte-telle. Les gens finissaient par se demander  : «Mais c’est qui, cette fille ? » » Angyil McNeal était déjà connue aux États-Unis, mais sa réputation, ainsi que ses vidéos virales où on la voit dominer ses adversaires, se sont répandues à une vitesse grand V. Quand « Angyil la fille sympa » passe en mode battle, c’est scotchant. Elle devient obnubilée par la défaite de son adversaire. En octobre dernier, au Red Bull Dance Your Style World Final de Paris, une compétition THE RED BULLETIN 53



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