The Red Bulletin n°2020-03 mars
The Red Bulletin n°2020-03 mars
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-03 de mars

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (223 x 296) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 18,3 Mo

  • Dans ce numéro : Franck Gastambide, validé par les pilliers du game, il lance la première série consacrée au rap français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
« Se baigner à Paris, ça doit rester festif. » Alex se met à l’eau, mais la Brigade fluviale passe à ce moment-là. Ce qui lui vaut des coups de sifflet.
Le nageur parisien en maillot de bain ne recule devant rien, surtout pas devant le froid. Jamais il ne porte de combinaison. Et s’il saute, c’est qu’il connaît le fond ! récupération par le froid. Et je constate que depuis trois ans, à nager régulièrement dans de l’eau froide, je n’ai attrapé aucun rhume. On se sent hyper bien, indestructible. Dans le genre exploration urbaine, vous avez également nagé dans les catacombes… J’y suis allé deux fois. Une fois en compagnie de Francine Kreiss, une apnéiste renommée. On est rentrés place d’Italie, par une plaque d’égout. Au bout de deux ou trois heures de marche, on est arrivés dans des rues de deux mètres de large complètement immergées sous l’eau et on a nagé sur des centaines de mètres, dans la nuit noire, sous le cœur du XIII e arrondissement. Magique ! À certains endroits, il y a des puits qui font cinq ou six mètres de fond où l’on a fait quelques apnées insolites. Cette eau des catacombes ne provient pas du tout des égouts, mais de l’eau de ruissellement des nappes phréatiques, filtrée par la roche calcaire de Paris. Alors, dès qu’on patauge dedans, cela soulève des sédiments mais sinon il s’agit d’une eau translucide. Je n’ai vu aucun rat, il n’y a pas d’odeur, le silence est incroyable, l’eau y est à quinze degrés. Mais je conseille d’y aller avec des cataphiles ! Encourager les Parisiens à se baigner, c’est prôner une sorte de désobéissance civile… Oui, à condition de ne pas faire n’importe quoi, de ne pas se mettre soi et les autres en danger. Ça doit rester festif. Je n’ai jamais pris de plaisir particulier à faire quelque chose d’illégal. D’autant plus que cela m’arrive régulièrement de me faire sortir par la police, en l’occurrence la Brigade fluviale, et je n’en suis pas spécialement fier. Réquisitionner des hommes qui ont autre chose à faire que de récupérer un crétin comme moi, je ne trouve pas ça très malin. Heureusement, cela ne m’est arrivé que deux fois. « L’aventure en bas de chez soi, c’est possible. » Comment ça se passe, vous avez déjà terminé au poste ? Sur la Seine, en général, ils tentent de nous dissuader, en nous disant  : « Il y a beaucoup de rats, des courants, c’est très dangereux... » Mais à chaque fois, ça s’est bien terminé, ils sont plutôt sympas avec nous… Sur les canaux, ça se passe parfois un peu moins bien. Au début surtout, la police était surprise, un peu agressive, elle flippait, nous demandait de dégager, disait qu’on était complètement irresponsables de faire ça, qu’on allait tomber malades, qu’il fallait aller aux urgences en sortant. C’était surréaliste ! Depuis trois ans, les baignades se sont multipliées, surtout dans les périodes de canicule, grâce un collectif très actif, le Laboratoire des baignades urbaines expérimentales. La police a toujours ordre de nous sortir, mais ils sont un peu blasés maintenant. Ce n’est plus quelque chose d’exceptionnel. Y-a-t-il des choses à ne pas faire ? Il y a quelques règles de sécurité à respecter. C’est une baignade non autorisée et non surveillée. On ne peut pas toujours remonter facilement sur le bord, donc il faut bien repérer les échelles. Toujours avoir quelqu’un qui surveille hors de l’eau, qui puisse alerter les pompiers en cas de problème. Tout bon nageur soit-on, il y a un risque d’avoir une crampe, de faire un malaise… Dans la Seine, se méfier du courant qui peut être très fort. Il y a pas mal de déchets dans le fleuve et les canaux, notamment des Vélib et des trottinettes, des métaux rouillés. L’été, je vois des gamins du coin sauter du pont du parc de la Villette. C’est dangereux, il ne faut jamais se jeter ou plonger. Il y a peu de fond, on peut finir embroché… Il y a aussi une règle assez importante  : en plein été, ne jamais se baigner après de fortes pluies. Celles-ci drainent toutes les saletés des rues de Paris. Elles se déversent alors dans ses eaux qui tournent. Pensez-vous qu’on pourra un jour nager légalement dans la Seine, comme cela se fait dans d’autres grands fleuves ailleurs en Europe ? C’est en effet le cas à Munich où la baignade est tolérée en été. C’est drôle de voir toute la ville dans le tramway en slip de bain. À Bâle en Suisse, dans le Rhin, plusieurs milliers de personnes se réunissent l’été sur la rive droite. Sur six kilomètres, les familles s’amusent sur des bouées gonflables. Ça se passe aussi en plein centre, avant et après le boulot, ils trimbalent leurs affaires dans un sac étanche. C’est typiquement quelque chose qu’on pourrait faire dans Paris en se disant qu’il est possible de partir à l’aventure en bas de chez soi ! On a un magnifique terrain de jeu  : mon vœu le plus cher est que les gens se le réapproprient. Instagram  : @alexvoyer_fisheye THE RED BULLETIN 65



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 1The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 2-3The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 4-5The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 6-7The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 8-9The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 10-11The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 12-13The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 14-15The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 16-17The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 18-19The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 20-21The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 22-23The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 24-25The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 26-27The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 28-29The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 30-31The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 32-33The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 34-35The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 36-37The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 38-39The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 40-41The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 42-43The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 44-45The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 46-47The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 48-49The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 50-51The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 52-53The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 54-55The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 56-57The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 58-59The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 60-61The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 62-63The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 64-65The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 66-67The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 68-69The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 70-71The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 72-73The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 74-75The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 76-77The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 78-79The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 80-81The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 82-83The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 84-85The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 86-87The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 88-89The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 90-91The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 92-93The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 94-95The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 96-97The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 98-99The Red Bulletin numéro 2020-03 mars Page 100