The Red Bulletin n°2020-03 mars
The Red Bulletin n°2020-03 mars
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-03 de mars

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (223 x 296) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 18,3 Mo

  • Dans ce numéro : Franck Gastambide, validé par les pilliers du game, il lance la première série consacrée au rap français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Entre Bastille et République, une partie du canal est couvert. Et Alex Voyer s’y offre une séance de natation secrète. On a peine à s’imaginer que sous la voûte superbe, on découvre une eau translucide, avec une visibilité à parfois 10 mètres et une multitude de poissons, carpes et anguilles. the red bulletin  : À vous suivre dans les canaux et la Seine, on finit par se demander pourquoi la baignade y est toujours interdite… alex voyer  : La qualité des eaux de Paris a très mauvaise réputation. On a tous beaucoup de préjugés, on pense que tous les égouts se déversent dans la Seine, que toutes les industries rejettent leurs saloperies, alors qu’il s’agit d’une eau courante, qui traverse la capitale très rapidement, avec une biodiversité impressionnante, ne serait-ce qu’au niveau des poissons  : perches, sandres, brochets, silures… Il y a 25 espèces répertoriées. Et depuis neuf ans que j’y nage, je n’ai jamais eu le moindre problème dermatologique ou gastrique. Pourtant, j’ai bu très souvent la tasse ! Si c’était si risqué, je ne pense pas qu’il y aurait une station nautique à la sortie de Paris (à Sèvres,ndlr), avec beaucoup d’activités dans ce périmètre. Des tests quotidiens sont effectués et on sait que la qualité de l’eau est tout à fait acceptable pour s’y baigner. D’ailleurs, depuis trois ans, chaque été, une piscine est ouverte dans le bassin de la Villette, où tous les Parisiens peuvent se baigner gratuitement, et il existe deux compétitions de natation. Pourquoi ne pas y autoriser totalement la baignade alors ? Pour des raisons de sécurité. Un principe de précaution mis en place par la mairie de Paris qui se trouverait inquiétée en cas d’accidents avec des embarcations, « En se baignant toute l’année, on s’aperçoit que l’on peut tenir cinq ou dix minutes dans une eau à 5 °C. » 62 THE RED BULLETIN
sachant qu’il y a quand même pas mal de péniches... Et aussi quelques trucs qui traînent dans l’eau, à commencer par des Vélib ! Le Canal Saint-Martin a été vidé il y a deux ans, et on y a vu tout et n’importe quoi  : des scooters, des machines à laver, des caddies… rouillés pour la plupart ! Comment avez-vous attrapé le virus de la nage à Paris ? En septembre 2011, cela faisait plusieurs années que je nageais en piscine et mon club organisait une traversée de Paris en palmes. On partait de l’Institut du monde arabe, six kilomètres jusqu’au Pont d’Iéna. Moi qui connais Paris depuis vingt ans, j’ai eu une révélation  : je flottais dans une eau assez claire, à 20 °C « Il y a des règles de sécurité à respecter… C’est une baignade non autorisée et non surveillée. » avec une visibilité à trois mètres, je voyais le fond sur toute la traversée et je redécouvrais chaque pont, chaque monument, sous un nouvel angle. Et cette sensation d’être bercé, porté par les courants de la Seine… J’ai voulu reproduire ça, et surtout faire découvrir à mon tour ces visions incroyables à d’autres. Plus précisément, c’est comment de nager dans Paris ? Dans les canaux, il y environ 2,50 mètres de profondeur au milieu. C’est relativement trouble, car les eaux ont beau être courantes, elles drainent des alluvions, de la boue. Mais ce n’est pas de la pollution  : cette turbidité est liée à la nature des fonds. Depuis trois ans, dans les canaux, une prolifération d’algues remonte à la surface. Je ne sais pas pourquoi, si c’est bon ou pas… Il y a un spot où l’eau est étonnamment limpide, c’est dans la partie couverte entre Bastille et République. J’y ai nagé deux fois 2,5 kilomètres sous une voûte magnifique. J’y ai vu de grosses carpes, des anguilles, il y a bien dix mètres de visibilité. Vous avez dû en vivre des aventures en bas de chez vous… Une de mes anecdotes préférées se passe en janvier. Il fait super froid, il y a quatre centimètres de glace sur le canal. Avec quelques amis, on est en face des Magasins Généraux à Pantin. J’ai une batte de base-ball pour briser la glace. Mais rien ne bouge. Une copine sort alors une masse et on commence à frapper pour creuser une tranchée de 25 mètres de long environ sur 1,50 mètre de large. Hélas, une péniche arrive et casse tout ce qu’on est en train de faire. On se retrouve avec d’énormes plaques de glace dérivant dans tous les sens. On tente de les repousser avec tout ce qu’on trouve, mais ces blocs de plusieurs centaines de kilos ont une énorme inertie. À un moment, ces plaques prennent de la vitesse, et tout à coup, la copine se fait emporter dans son élan et tombe toute habillée dans de l’eau à 0 °C. Elle se déshabille, nage cinq minutes dans l’eau glacée, après tout, on est là pour ça, elle remet ensuite ses vêtements mouillés. J’ai mal pour elle, mais je sais qu’elle peut rentrer vite se mettre au chaud. Quelques minutes plus tard, pour les mêmes raisons, je tombe à l’eau à mon tour. Sauf que contrairement à elle, j’habite à 8 km à vélo, soit vingt minutes et que je dois, une fois la session de nage passée, renfiler mon caleçon, mes chaussettes et une serviette, puis rentrer chez moi. J’arrive chez moi complètement frigorifié. Et là, l’after drop est atroce. Qu’est-ce que l’after drop ? Quand on entre dans de l’eau glacée, le corps s’habitue au bout de deux ou trois minutes. Mais au bout de dix minutes, il nous rappelle que nous ne sommes pas dans notre élément. Lorsqu’on sort de l’eau, on est plutôt pas mal pendant cinq ou six minutes. Dans l’eau froide, tout le sang afflue au centre du corps pour alimenter les organes nobles, c’est un réflexe de survie. Après dix minutes, le sang va à nouveau alimenter les organes périphériques, les bras et les jambes, et là, c’est l’horreur, on ne peut plus parler, on grelotte, on tremble de partout. Il n’y a plus qu’à dormir sous la couette pendant une heure. Pourquoi cet appétit pour l’eau froide ? Pour moi, cela fait partie intégrante de la nage en eau libre. On suit le rythme des saisons. J’ai découvert cette pratique en Angleterre. En France, on a beaucoup de piscines, mais là-bas, ils n’ont pas cette chance. Ils ont des lits d’eau où ils se baignent toute l’année, ce sont donc de très bons nageurs et leur résistance à l’eau gelée m’a fasciné. Notre corps s’adapte très bien au froid. En se baignant tout au long de l’année, on s’aperçoit que l’on peut tenir cinq ou dix minutes sans trop de problème dans de l’eau à 5 °C. Mais quel est le plaisir ? C’est un défi personnel, il s’agit de sortir de sa zone de confort. Aujourd’hui, on parle beaucoup de cryothérapie, de THE RED BULLETIN 63



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