The Red Bulletin n°2020-01 janvier
The Red Bulletin n°2020-01 janvier
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2020-01 de janvier

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 21,7 Mo

  • Dans ce numéro : Ben Lecompte a nagé 555 km dans un océan de plastique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RALLYE DAKAR The red bulletin  : Andrea, Stéphane, vous êtes tous deux de grands champions du sport automobile. Avez-vous décidé dès le début et d’un commun accord lequel des deux prendrait le volant ? stéphane  : Quand on s’est rencontrés il y a plus de quinze ans, on a bien essayé d’échanger nos places. Mais la vérité, c’est que je ne supporte pas d’être sur le siège passager. J’ai bien trop besoin d’avoir le dernier mot. Andrea, vous ne conduisez jamais ? andrea  : La seule exception, c’est quand on a notre chien dans la voiture. Il est malade quand c’est Stéphane qui conduit. Donc pour éviter de devoir nettoyer le coffre... stéphane  : … Je te laisse le volant. Tu conduis super bien, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais je suis vraiment trop nul côté passager. Pourquoi vouliez-vous faire le Dakar ensemble ? andrea  : C’était une idée de Stéphane. Nous nous sommes mariés en 2018, donc j’ai un peu vu ça comme une sorte de voyage de noces  : on loue un buggy, on se balade quelques jours dans le désert. Deux ans plus tard, on remporte la Coupe du monde des rallyes tout-terrain ensemble et on est au départ du Dakar. On en a, de l’ambition. (Ils rient tous les deux.) Et l’ambition, ça suffit ? stéphane  : Bien sûr que non ! On est des pilotes professionnels, mine de rien, donc dès le départ, j’ai voulu faire les choses comme il faut. On a participé à quelques compétitions dans des buggys deux places et on s’est rendu compte que ça nous plaisait de rouler ensemble. Un jour, j’ai reçu une demande de Toyota pour le Dakar, mais la direction ne voulait pas entendre parler d’Andrea et insistait pour que je fasse la course avec un copilote professionnel. Chez Mini, en revanche, ils ont accepté de nous faire passer un test ensemble. Mais on n’est pas allés très loin  : Andrea était malade dans la voiture. Alors vous auriez pu laisser tomber, non ? andrea  : Oui, mais entre-temps, Stéphane nous avait fixé comme objectif commun d’être le premier couple à remporter le Dakar. Donc il fallait que je résolve mon problème de nausée. Il s’est avéré que j’avais un nerf dans l’oreille interne qui s’irritait de manière chronique. J’ai dû prendre de la cortisone pendant deux mois avant de pouvoir commencer mon entraînement contre le mal des transports. Un entraînement contre le mal des transports ? andrea  : Je suis allée dans un centre de traitement des vertiges à Sinsheim, en Allemagne. Ça consistait par exemple à lire assise sur une chaise qui était en train de tourner. Ou il fallait que je marche tout droit dans une pièce sombre avec des lumières qui se déplaçaient dans différentes directions. stéphane  : Tu t’es investie à fond pour notre rêve. Je me sens mal rien qu’à la pensée de la chaise qui tourne. andrea  : Sans oublier que j’avais toujours dit que je ne voulais pas devenir copilote. Mais je me suis dit  : si je veux pouvoir un jour réaliser le rêve de remporter le Dakar à mon âge, alors ce sera aux côtés du meilleur pilote de l’histoire, mon mari. Mais à l’inverse, pourquoi un grand champion comme vous se complique-t-il tellement la vie ? N’importe quel copilote aurait été ravi de faire la course à vos côtés. SORTIE EN FAMILLE Dans leur buggy Mini, les Peterhansel affronteront des pilotes pros chevronnés lors du Dakar, et ne se contenteront pas de jouer les challengers. stéphane  : Avec « Paulo » (Jean-Paul Cottret,ndlr), j’ai participé à vingt Dakar et j’en ai gagné sept. Un de plus ou un de moins, ça ne pèse pas lourd dans la balance. En remporter un avec Andrea, par contre, ce ne serait pas du tout la même chose. Ce serait plus compliqué, certes, mais peut-être encore plus beau. Quand on a remporté l’Abu Dhabi Desert Challenge ensemble, c’était dix fois plus fort que n’importe quelle victoire avec Paulo. Alors si c’était le Dakar, on n’en parle même pas ! Comment fonctionnez-vous en tant que couple quand vous êtes sous pression ? andrea  : On découvre des aspects de l’autre que l’on n’aurait probablement jamais voulu « On est livrés l’un à l’autre pour le meilleur et pour le pire – et ça nous va bien comme ça. » ANDREA PETERHANSEL 40 THE RED BULLETIN FLAVIEN DUHAMEL/RED BULL CONTENT POOL, NAIM CHIDIAC/RED BULL CONTENT POOL(2)
connaître. Mais c’est ça, l’amour, pour moi. Accepter des choses qui ne nous plaisent pas et travailler ensemble pour que ça fonctionne quand même. Dans la vraie vie, quand il y en a un qui ne sort pas les poubelles, ça ne nous empêche pas d’avancer. En voiture, s’esquiver, ce n’est pas une option. Au final, dans un couple, l’objectif commun doit primer sur la fierté de chacun ? andrea  : Exactement. stéphane  : Quand Andrea fait une erreur de navigation, je lui pardonne beaucoup plus vite que je ne le ferais avec un pro. Et inversement  : quand je fais une erreur de pilotage et qu’on part en tonneau – ce qui est déjà arrivé – elle ne m’en veut pas, même si, bien sûr, j’aurais dû faire plus attention. Une erreur n’est jamais intentionnelle. Alors c’est toujours tout beau tout rose dans votre voiture ? stéphane  : Ce n’est qu’une course après tout. D’accord, la plus importante au monde, mais ça ne reste quand même qu’une course. Ça ne vaut pas la peine de se rendre malade. Et puis, j’ai aussi tendance à oublier très rapidement. Les défaites comme les victoires. Quand je gagne, je suis content, mais pas longtemps, et ce n’est pas plus mal. andrea  : Ce qui se passe dans la voiture reste dans la voiture. Bien sûr, on peut analyser ses erreurs après-coup, mais ce serait une perte d’énergie que de les ressasser encore et encore. Dans un duo qui fonctionne bien, de toute façon, les deux veulent la même chose, et pour nous, notre objectif est encore plus clairement défini. stéphane  : Ne pas reprocher ses erreurs à l’autre, c’est le secret d’un bon duo. Je l’ai bien vu avec tous ces tandems auxquels j’ai participé en course ces vingt dernières années. Quand on appuie là où ça fait mal chez l’autre, « Quand on appuie là où ça fait mal chez l’autre, on finit par se faire du mal à soi-même. » STÉPHANE PETERHANSEL on finit par faire du mal avant tout à soi-même. Et quand la situation dégénère vraiment ? stéphane  : Il y a un mot-code qu’on utilise. Quand l’un de nous a l’impression que l’on n’argumente plus de manière productive et que l’on veut seulement avoir raison. andrea  : On efface tout, on analyse. Mais ça, on n’en a besoin que dans la voiture, pas dans la vie de tous les jours. stéphane  : Beaucoup d’amis m’ont dit que je risquais de mettre notre couple en danger dans les conditions extrêmes d’un Dakar, où l’on est collés l’un à l’autre, jour et nuit pendant deux semaines et où chaque petite erreur a des conséquences immédiates. Mais je pense que vivre cette aventure ensemble ne pourra que nous rapprocher encore plus. Enfin, je l’espère. andrea  : Dans la vie de tous les jours, on peut toujours partir en claquant la porte et aller prendre l’air. Sur le Dakar, on ne peut pas remettre les décisions à plus tard, on ne peut pas faire de compromis  : à gauche ou à droite ? Il y a des conséquences immédiates. On est livrés l’un à l’autre pour le meilleur et pour le pire – et ça nous va bien comme ça. Qui commande dans la voiture ? stéphane  : Dans la voiture, c’est moi. Forcément, je suis au volant ! andrea  : Attends qu’on soit à la maison. (Ils rient tous les deux.) Remporter le Dakar ensemble signifierait quoi pour vous ? andrea  : La réalisation d’un rêve. stéphane  : Une fin parfaite. Si je gagne avec Andrea, je mets fin à ma carrière professionnelle. STÉPHANE PETERHANSEL Né en 1965, le Français a remporté le Rallye Dakar à treize reprises  : 6 en moto, 7 en auto. Les deux records restent inégalés. Depuis 1987, il participe tous les ans à ce rallye dans le désert qui est le plus dur au monde. ANDREA PETERHANSEL Née en 1968, l’Allemande a participé au Dakar en moto et en auto. Elle a été pilote pour KTM, BMW et Mitsubishi. Son top  : une cinquième place dans la catégorie autos et dans la catégorie motos. THE RED BULLETIN 41



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