The Red Bulletin n°2019-10 octobre 2019
The Red Bulletin n°2019-10 octobre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-10 de octobre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 18,9 Mo

  • Dans ce numéro : la finale mondiale à Paris !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les Russes, Mongols ou Ukrainiens terrassent fréquemment les top lutteurs japonais. nouilles et de salade. Et comme le sumo est un sport qui se pratique 365 jours par an, sans saisons compétitives spécifiques, le régime des lutteurs professionnels ne change jamais. Tout cela entretient l’image occidentale typique d’un lutteur de sumo obèse mais musclé. De nombreux lutteurs, et notamment les concurrents ukrainiens, sont issus d’un milieu de lutte plus traditionnelle, mais les grandes stars de la discipline se doivent de gagner le plus de masse possible, non seulement pour faire le spectacle, mais aussi pour devenir des poids inamovibles. Plus vous êtes lourd, plus votre adversaire aura du mal à vous sortir du ring. S’entraîner avec des adversaires de plus de 160 kg facilite aussi la préparation des matches  : essayez d’en arrêter un et vos jambes développeront rapidement la force nécessaire pour supporter leurs assauts sur le ring. Les lutteurs peuvent prendre tellement de poids qu’en 1994, une étude réalisée par des experts en sciences du sport issus de quatre universités tokyoïtes a pu déterminer la limite supérieure de masse corporelle non grasse chez l’être humain. D’après les résultats obtenus, le corps d’un lutteur de sumo moyen contient 26,1% de graisse, tandis que le corps d’un bodybuilder en contient 10,9%. Mais pour devenir lutteur de sumo professionnel, un appétit d’ogre ne suffit pas. Il faut se consacrer entièrement à son équipe de sumo au Japon et s’entraîner chaque jour pour espérer concourir au plus haut niveau. Tous les autres sont considérés comme des amateurs. Alors que Takeshi Amitani n’était encore qu’un apprenti au Japon, Hiroki Sumi et Byambajav Ulambayar luttaient déjà à un niveau professionnel. Aujourd’hui, tous trois vivent en Californie et représentent donc parfaitement leur sport en dehors du Japon. Depuis que le sumo est devenu sport olympique (bien qu’il ne soit pas au programme des JO de Tokyo 2020), ils sont de plus en plus sollicités. Lorsqu’il ne participe pas à une compétition, Takeshi Amitani enseigne dans un dohyō (ring) dans son quartier et réalise régulièrement des performances pour la télévision, contribue à des expositions et des conférences, tout comme Hiroki Sumi. Byambajav Ulambayar est lui venu aux États-Unis en 2007 pour faire une apparition dans le film Ocean’s 13, et il n’est jamais reparti. Mais l’US Sumo Open n’est pas une exposition comme les autres pour ces lutteurs. C’est aussi la compétition la plus prestigieuse en dehors du monde professionnel du sumo, et c’est un excellent moyen de garder la forme auprès des concurrents étrangers. Byambajav Ulambayar a atteint le haut du classement dans la catégorie poids lourds dix fois depuis 2007, tandis que Hiroki Sumi a remporté 234 matches pendant toute sa carrière professionnelle au Japon. « Le sumo est d’une grande simplicité, explique Hiroki Sumi au travers de Takeshi Amitani. De nombreuses personnes respectent l’art du sumo, et cela ne m’ennuie pas que des étrangers concourent. Le sumo est toujours un sport mineur, mais j’aimerais qu’il soit plus populaire. J’ai été professionnel pendant longtemps au Japon, mais je voulais montrer mes techniques à plus de gens. C’est pourquoi je suis venu en Amérique. » Le résident mongol, Byambajav Ulambayar, est un homme peu disert mais d’une grande sagesse. « J’adore mon sport, dit-il. En Amérique, c’est un sport en plein essor. Les concurrents sont de plus en plus forts et ils apprennent énormément. Je pense qu’ils respectent cette culture. Toutefois, il est difficile d’affronter des gars qui n’ont jamais été professionnels. Avec un profes- Andrew McKnight prépare sa ceinture de sumo, mawashi, pour son premier tournoi. Sa longueur varie  : de cinq à six mètres pour les amateurs, jusqu’à dix mètres pour les pros. 76 THE RED BULLETIN
sionnel, vous connaissez tous les mouvements. Eux viennent de sports différents, comme le judo, et vous ne savez pas comment ils vont bouger. » Il hausse les épaules. « Mais je m’y ferai. » Reborn in the USA Si les anciens pros se sentent au top, il y a toute une flopée de lutteurs américains désireux de se faire un nom. Originaire de Californie, le poids léger Andrew McKnight est un gars nerveux qui ne tient pas en place. « J’ai toujours fait de la lutte, et le sumo est venu naturellement, raconte-t-il. Je pense que beaucoup de gars espèrent devenir boxeurs professionnel ou combattants de MMA, mais une fois que vous avez accepté le fait que cela n’arrivera jamais, c’est un bon compromis. » Ayant trouvé l’inspiration il y a environ un an, McKnight a construit son propre ring dans son jardin et pratique le sumo avec ses colocataires. Ce sera sa première compétition. « J’adore le côté traditionnel de ce sport, ajoute-t-il. Le sumo, c’est un peu comme la lutte professionnelle américaine  : un vrai spectacle. C’est bon de voir un endroit où les traditions sont respectées, même si elles n’ont plus tellement de sens aujourd’hui. » Luttant dans la catégorie poids lourds, Jose Galindo a découvert le sumo en regardant une vidéo YouTube de Byambajav Ulambayar qui balayait son adversaire. Né et ayant grandi dans l’Utah et à Los Angeles, Jose Galindo était joueur de football semi-pro. Il exerce à présent le métier de chiropracteur et fait son apparition pour la pesée avec des traces rouges de ventouses sur tout le corps. L’Américain Jose Galindo se fait sortir en finale de la catégorie poids lourds. Comme Andrew McKnight, ce sera sa première compétition. « J’ai commencé il y a un mois et demi », explique-t-il. Il a rempli le formulaire d’inscription et payé les 30 dollars de frais. Et voilà ! « C’est un baptême du feu », reconnaît Jose Galindo. Cependant, les concurrents américains ne sont pas tous des débutants. Le poids lourd Kelly Gneiting est une légende dans ce sport  : il a remporté cinq fois le championnat des États-Unis. Avec ses 197 kg, il est arrivé dans cette discipline après avoir dépassé le poids de compétition maximal autorisé pour la lutte gréco-romaine. Âgé de 48 ans, il est le seul concurrent à avoir participé au tout premier US Sumo Open en 2001. « Les plus grandes vérités sont cachées, philosophe-t-il. Le sumo est le sport le plus dur au monde. C’est de la brutalité à l’état pur. » Pendant l’un de ses combats à Tokyo en 2004, il a pris une main dans l’œil. « Vous ne faites pas ça au sumo, dit-il. C’était comme si l’évier de la cuisine m’était tombé sur la tête. Des choses qu’on ne tolérerait pas aux États-Unis ou au Royaume-Uni sont parfaitement normales au Japon. » Selon lui, l’équipe japonaise adverse ne voulait pas d’un étranger dans son sport. Une attitude courante dans l’univers du sumo professionnel à cette époque, d’après lui. Il pense cependant que les Japonais ont appris à lâcher du lest au fil des ans. Andrew Freund est le fondateur et l’organisateur de l’US Sumo Open, et on voit en lui l’énergie frénétique des personnes privées de sommeil. Après avoir vécu au Japon au début des années 1990, Andrew Freund a commencé à organiser des tournois de sumo en Californie pour le fun, puis il a créé le premier THE RED BULLETIN 77



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