The Red Bulletin n°2019-06 juin 2019
The Red Bulletin n°2019-06 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-06 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 19,1 Mo

  • Dans ce numéro : Diablo, le danseur venu d'ailleurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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'eLa rampe que Matlock a aidé à construire n’aura pas le temps de marquer l’histoire des skateparks. Elle restera en place moins d’une semaine avant d’être détruite. Mais un autre passage sous le pont de l’autoroute est un lieu parfait pour remettre ça. Bordertown est né. Pendant plus d’un an, les nombreux modules installés ici échappent à la vigilance du propriétaire des lieux, à savoir Caltrans, le département des Transports de Californie. Ses employés finissent par tomber sur le park en août 2005, alors qu’ils recensent les campements de SDF sous l’autoroute. Ils ont alors la surprise de découvrir un skatepark en béton élaboré. Caltrans menace de démolir le park, mais Matlock et ses gars font face  : ils poursuivront le chantier. Cette fois, plusieurs personnalités politiques répondent à l’appel, impressionnées par l’ingéniosité du park et par les témoignages des résidents du coin, qui décrivent le quartier comme plus propre et plus sûr. « CES GAMINS VENAIENT DE FAMILLES OÙ ILS N’AVAIENT QU’UNE SEULE ENVIE  : FUIR. » La liberté ressemble à ça  : rider un spot que l’on a bâti soi-même, avec ses potes. Ce soutien politique permet la signature d’un bail de cinq ans entre Bordertown et Caltrans. De leur côté, les skateurs continuent à recueillir des fonds pour le park en créant une association à but non lucratif. À l’expiration du bail en 2010, Caltrans cesse de coopérer. En 2011, des employés de Caltrans arrivent tôt le matin le lendemain de Thanksgiving et démolissent tout. « Ça leur a pris à peu près douze heures, raconte Matlock. Quand ils ont eu fini, on aurait dit qu’il n’y avait jamais eu de skatepark à cet endroit. » D’autres projets DIY fleurissent en ville, mais aucun en coopération avec les autorités locales. Enfin ça, c’était avant l’arrivée de K-Dub. Keith Williams (peintre de profession, skateur par passion) débarque à Oakland en provenance de Los Angeles en 1998. Quelques années plus tard, il commence à enseigner l’art au lycée d’Oakland. Son cours d’art avancé a lieu tous les matins et Keith remarque que ses élèves, un groupe multiculturel composé de garçons et de filles afro-américains, latinos, asiatiques et blancs, viennent à l’école en skate. Avec eux, il lance un club de skateboard et les conduit dans différents skateparks de la Bay Area parce qu’il n’y en a pas à Oakland. En 2005, Williams crée les Hood Games. « Mon objectif, c’était de mixer des éléments de la culture hip-hop, musique et performances artistiques en live, au skate et d’intégrer tout ça à la communauté », explique Williams. Le concept fait tout de suite un tabac. « D’un seul événement, on est arrivés à quelque chose comme cinquante, c’est un truc de fou ! » Après environ deux ans d’événements, les autorités locales donnent leur accord à Williams pour trouver un lieu adapté à la construction d’un spot permanent pour skater. Williams jette son dévolu sur le DeFremery Park dans West Oakland, haut lieu des réunions et événements des Black Panthers dans les années 60, et son grand parking vide. Notamment soutenu par la marque locale de jeans, Levi Strauss & Co, qui injectera 700 000 dollars au total dans le projet, le Town Park, comme on l’appelle aujourd’hui, est une oasis bétonnée de rampes et de bosses, embellie d’œuvres de street art vivantes. Une success story pour Williams, mais sa plus grande réussite, c’est la communauté qu’il a contribué à créer et le soutien qu’elle apporte à ses jeunes. « J’ai vu des gamins qui venaient de familles où ils n’avaient qu’une seule envie  : fuir, explique Williams. Je les ai vus se trouver une famille à Town Park. Mais ceux qui se perdent en chemin, ceux qui sont avec nous étant jeunes et que l’on voit faire ce qu’ils peuvent pour s’en sortir en grandissant, ceux-là reviennent plus tard pour nous serrer dans leurs bras, et ce n’est que de l’amour. » Après la destruction de Bordertown par Caltrans, Matlock arrête un temps la construction. Il travaille de manière plus régulière avec une entreprise de construction et se syndicalise. Il s’installe avec sa copine, Liz Thayer, une créatrice de vêtements, avec qui il a une fille, Pepper, qui a maintenant six ans. Et il arrête de boire, car c’était devenu un problème. 52 THE RED BULLETIN
Keith « K-Dub » Williams, le cerveau derrière le park d’Oakland. Mais l’envie de remettre ça le titille, alors quand un ami lui parle d’un spot sur Treasure Island, Matlock ne peut pas résister. « Il me fallait quelque chose pour ne pas partir en live. » Au bout de près d’un an de construction sur des courts de tennis à l’abandon, le projet est repéré par Rich Rovetti, directeur adjoint du parc immobilier pour l’autorité de développement de Treasure Island. Loin de les dénoncer pour construction illégale, Rovetti informe Matlock qu’ils peuvent poursuivre le chantier du skatepark du moment qu’ils paient un loyer. Un espoir ! Épaulé par Bob O’Leary, un ami skateur et avocat, Josh Matlock crée une association à but non lucratif et surmonte les embûches juridiques. Cette fois, la mairie les soutient et l’autorité de développement les autorise à poursuivre le chantier. Ces temps-ci, Matlock et une poignée de constructeurs se retrouvent à Treasure Island chaque weekend. C’est le cas en ce samedi brumeux de mars. Parmi ces constructeurs dévoués, Danielle Rode est l’une des seules femmes à participer au chantier. Un ami lui a parlé de ce skatepark DIY en construction sur Treasure Island et elle a voulu ajouter sa pierre à l’édifice. « Quand je suis arrivée ici, dit-elle, il y avait un groupe de gens qui faisaient du skate, mais en fait, ces skateurs étaient en train de construire leur propre terrain d’expression ! » 4, Williams et les membres de son crew. Dans ce skatepark, chacun(e) a contribué à sa réalisation ou à son amélioration, et prend d’autant plus de plaisir à le rider. Ainsi, Josh Matlock a rencontré plusieurs jeunes curieux, arrivés sur l’île avec l’envie d’aider. Certains, un peu perdus, se tournent vers lui pour lui demander conseil. « Ça les empêche de faire des conneries, dit-il, et il y a peut-être un moyen d’être… comment on dit, déjà ? Un modèle à suivre ? Peut-être que j’en suis un, en fait… » THE RED BULLETIN 53 y- e‘



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