The Red Bulletin n°2019-05 mai 2019
The Red Bulletin n°2019-05 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-05 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 102

  • Taille du fichier PDF : 18,3 Mo

  • Dans ce numéro : Griedge Mbock, la passionnée devenue Bleue.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« Faire du copiercoller de ce que je sais déjà faire ne m’amènera pas à la victoire. » parti en live. Ça veut dire qu’il était conscient de tout ce qu’il vivait, et il a fait en sorte que cela dure. Y a-t-il des chanteurs plus actuels que vous suivez ? L’artiste que j’aime écouter en ce moment, c’est Orelsan. J’aime bien ses paroles et les relations homme-femme qu’il décrit. J’ai parfois l’impression qu’on a vécu les mêmes choses lui et moi. J’aimerais le rencontrer un jour pour lui demander  : « Tu l’as juste sorti parce que c’est une analyse, ou tu l’as vraiment vécu ? » La musique était-elle présente au quotidien dans votre famille ? Mon frère est fan de musique, c’est un musicien, même s’il n’en a jamais fait son métier. Mon père adorait la musique, il faisait de la guitare, et quand mon frère a grandi et s’est mis lui aussi à la guitare, ça a agacé mon père qui a mis son instrument de côté. Maintenant il a atteint la sagesse donc il a repris sa guitare, même si son fils l’a nettement dépassé (rires). De mon côté j’ai pas mal baigné dans la musique, mais ce n’était pas cela que je voulais faire. J’ai pu me mettre sérieusement dans la moto, mais apprendre sérieusement la musique ou le solfège avant de toucher un piano, ça ressemblait trop à l’école, et je ne voulais pas de ça. Il fallait que « ça joue » rapidement. Existe-t-il un lien entre votre intérêt pour la musique et votre pilotage ? Sur le piano, et peut-être aussi en guitare, comme je ne sais pas lire les notes, je dois retenir un exercice de mémoire, retenir la position des doigts par cœur. Une fois que c’est retenu par cœur, ce n’est même plus le cerveau qui fonctionne, c’est le corps qui a mémorisé, mais je dois anticiper le Ye fait que je suis sur tel accord et que l’autre 44
va passer. Il y a toujours une petite anticipation de moins d’une seconde je pense, pour passer sur l’accord suivant. En moto on est aussi dans l’anticipation, la préparation du virage, des gestes, du freinage au bon moment… Alors oui, ça ressemble à la musique. En faisant un peu de guitare, il y a des positions de doigts que je n’arrive vraiment pas à appliquer, mes doigts ne veulent pas. Ça, ça se bosse. Il faut être capable de changer son naturel. Ce genre d’exercice, en guitare, me permet de rester connecté, de préserver mon sens de l’apprentissage. Cette capacité à forcer les choses pour maîtriser un accord de guitare, devezvous aussi l’avoir en course ? Forcer votre naturel pour optimiser votre pilotage, vous améliorer ? Exactement. Il faut pouvoir rester ouvert à cela. Faire du copier-coller de ce que je sais déjà faire ne m’amènera pas à la victoire dans le moment présent. Tu es dans ton confort, mais il faut en sortir. Je dois apprendre de nouvelles choses. En tant que sportif et pilote, j’en aurai besoin. Si tu restes dans ce que tu sais faire, tu auras peut-être le niveau pour atteindre un top 10, mais tu te plaindras toujours de quelque chose pour arriver dans le top 3. Est-ce ainsi que l’on s’affranchit de cette fameuse seconde qui différencie les leaders du reste sur un GP ? Une seconde, ce n’est rien, mais c’est souvent le plus dur. Alors il faut arriver à prendre du recul pour moins se mettre de pression, aborder le travail que cette seconde nécessite avec une pression plus positive. Ça permettra d’apprécier le travail à faire pour gagner cette seconde, sinon ça deviendra un enfer. Qu’est-ce que c’est une seconde dans une vie ? Quand êtes-vous monté pour la première fois sur une moto ? Je devais avoir neuf ans, j’habitais à Antibes. Pas loin de chez moi, il y avait une piste de karting où j’ai pu faire un petit tour de moto, en PW, sur un bout de terre. J’ai demandé à mon père de revenir, et j’en ai refait. Le type qui tenait la piste et la pizzeria dit à mon père  : « On voit qu’il en a fait votre fils ! » Mon père lui répond que ça ne fait que trois fois qu’on vient, en voisins, parce que ça me plaît. Le type nous a alors conseillé d’aller voir le moto club de Cagnes-sur-Mer où ils faisaient rouler des gamins. Là, ce n’était pas du cross, mais de la piste. On m’a inscrit dans le club, j’ai bien mordu, j’ai travaillé dessus. Et ça a grandi comme ça. Votre père s’y connaissait-il en moto ? Absolument pas ! Il était chiropracteur. La mécanique, ce n’était pas son truc. Personne dans la famille n’était dans la mécanique. Il a découvert ce monde un peu… obscur… (rires) Pourquoi « obscur » ? C’était dur de trouver des personnes honnêtes dans ce monde-là. Il s’est souvent demandé ce qu’on faisait là, mais il a persévéré parce je voulais le faire. Puis on a rencontré Laurent Fellon, la personne qui m’a accompagné jusqu’à l’an dernier. En Laurent, mon père a trouvé quelqu’un de compétent et honnête. Ça a détendu mon père, qui a pu se reposer sur lui, et Laurent a su me faire évoluer. Jusque-là, ça n’avait été qu’une compétition de parents, avec les gamins… Quand tu leur demandais s’il fallait mettre une couronne de 44 ou 45 sur tel ou tel circuit, ils ne répondaient pas… « Ton fils va aller plus vite que mon fils », ils te sortaient des choses comme ça. Même à ce petit niveau, ils se tiraient dans les pattes. Vous avez toujours pu trouver du soutien dans votre famille cependant. Avec votre père d’abord, mais aussi avec votre frère, qui vous accompagne désormais sur les circuits, exact ? Oui, il est chiropracteur lui aussi et il va m’accompagner sur les deux prochaines années, en parallèle de son activité. C’est génial. À la base, il vient en tant que chiropracteur, pour me suivre au niveau du corps. C’est une vraie aventure, il a quatorze ans de plus que moi, donc finalement on n’a jamais vraiment vécu ensemble. C’est votre frère guitariste ? Oui. Sur les courses en Europe, il apportera sûrement la guitare. Si je ne deviens pas meilleur pilote, au pire je serai meilleur guitariste ! (rires) « La grande vitesse, c’est du grand contrôle. » Ou les deux ! Au-delà de la blague, apprendre de nouveaux accords avec lui le soir permettra à mon cerveau de se relâcher, de ne plus penser moto. À l’inverse, il pourra aussi m’aider sur d’autres choses quand j’aurai besoin d’être focus uniquement sur la moto. Ce n’est pas un fan de MotoGP, mais c’est super pour lui de pouvoir accompagner son petit frère dans cet univers. Il paraît que votre tante s’occupe de votre nutrition ? Oui. En fait, j’ai envie de passer un cap au niveau diététique, et c’est vrai que, livré à moi-même, je n’ai pas le temps de cuisiner, de me préparer de bons menus équilibrés comme un diététicien pourrait en recommander. Ma tante et mon oncle habitent dans la maison juste derrière la mienne à présent, et ma tante a toujours cuisiné, alors je me suis dit que ce serait bien de l’embaucher pour ça. Elle me prépare des Tupperware, comme ça quand j’arrive de l’entraînement ou autre, tout est prêt, je réchauffe, je mange, je sais que c’est équilibré. D’ailleurs, je dois aller chercher mes Tupperware. Tu m’accompagnes ? Nous voilà donc dans le salon de sa tante, hyper accueillante, qui délivre en effet à Johannson déjeuner du jour. Complété de clémentines. Et juste avant qu’on ne le quitte, Johannnous convie autour de son piano. « Une super occasion, viens voir », nous dit Johann. Il s’installe au clavier de son piano à queue marron, tourne les pages de son cahier de chansons, et entame le Ob-la-di Ob-la-da des Beatles. Avant de nous en interpréter sa version totalement exclusive, une adaptation spécialement dédiée au pilote Brad Binder, dont il partageait l’écurie en 2016. « En fait, le jour où Brad est devenu champion du monde en Moto3 à Aragon en Espagne, je n’étais pas bien dans mon propre championnat en Moto2, explique Johann. On devait tous se retrouver au restaurant pour célébrer la victoire de Brad, mais j’étais préoccupé par mon classement. Finalement, j’ai eu l’idée d’adapter ce titre pour Brad. Et on l’a chanté tous ensemble le soir même. » Quand on verra Zarco mettre les gaz cette saison sur les GP, cette musique nous reviendra forcément en tête. Et on espère bien le voir balancer son fameux salto. On saura alors qu’il roule au naturel. Instagram  : @johannzarco THE RED BULLETIN 45



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