The Red Bulletin n°2019-02 février 2019
The Red Bulletin n°2019-02 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-02 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 17,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'inclassable du stand-up.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
Keith Richards, Madonna, Donna Summer, Bowie, Lady Gaga, ce type les connaît tous. J’ai récemment sorti ce nouvel album, intitulé It’s About Time, sous le nom de Chic. C’est un mélange de vieux trucs de la formation classique de Chic et de nouveaux trucs avec le groupe actuel. Le catalyseur de cet album a été une boîte de démos et de prises de sons qui a été découverte en 2011. Après avoir tout écouté, ce qui m’a pris des mois, j’ai réalisé que ç’aurait été dommage de ne pas l’utiliser sous une forme ou une autre. C’était le coup d’envoi d’un travail plus intense sur l’idée de l’album. Comment la boîte est arrivée jusqu’à moi ? Le studio où nous avons enregistré à l’époque a changé plusieurs fois de proprio, et beaucoup de matériel s’est retrouvé dispersé dans les sous-sols, les garages, les greniers ou ailleurs. Et puis un jour, les proprios actuels du studio, une entreprise japonaise, tombent sur cette boîte et la rend à Warner Bros., parce qu’ils ne voulaient 50 THE RED BULLETIN
pas en être responsables. Une fois là-bas, quelqu’un l’a d’abord classée dans la section Chic sans en vérifier le contenu. Cela ne s’est produit que lorsqu’ils ont pris le temps de numériser toutes les bandes analogiques des archives. Il y a assez de matériel inédit là- dedans pour me suivre jusqu’à la fin de mes jours. Nous étions incroyablement créatifs et productifs à l’époque. Nous étions vraiment déchaînés… et pas que musicalement. J’ai fait ma première expérience avec les drogues à l’âge de 13 ans. J’étais avec mes parents à l’un des événements que Timothy Leary organisait à travers les États-Unis à la fin des années 60 et qui avaient pour but d’accroître la conscience avec le LSD, ce qui était merveilleux. Bien sûr, à l’époque, je n’avais aucune idée de ce qu’était le LSD, mais comme tout le monde en prenait, j’ai essayé aussi. Que dire ? Ce fut un changement radical dans ma vie. Comme un portail vers un autre monde. Pour être honnête, j’ai été donné pour mort très souvent mais je suis toujours là. Un soir, alors que j’étais avec Mickey Rourke, j’ai été emmené aux urgences et déclaré mort. Mon certificat de décès avait été établi parce qu’on avait essayé de me réanimer huit fois et que ça n’avait pas marché. Au neuvième et dernier essai, je suis revenu à la vie. C’est ce que le docteur m’a dit. J’ai des regrets, bien sûr. J’ai eu des conflits avec Eric Clapton dans le studio après qu’il avait juré de ne plus consommer de drogues ni d’alcool. Et j’étais probablement le plus grand consommateur de drogue au monde, et de loin. Et pour empirer les choses, son fils venait de mourir. Alors il était dévasté que je fasse la fête tous les jours en studio. Ce n’était pas par manque de respect envers lui mais c’est probablement comme ça que cela a été perçu. Bien sûr, je l’ai sincèrement regretté plus tard. Et on ne s’est pas parlé pendant des années. Je l’ai rencontré à un événement récemment, et il était complètement détendu et cool. Il a même demandé à son manager pourquoi je n’avais jamais participé à Crossroads, son festival de guitare. Mais je suis sûr à 100% que ce qu’Eric a vraiment dit c’est  : « Nile est un putain d’enfoiré. Quoi que tu fasses, ne l’invite pas. » Plus tard, au milieu des années 90, j’ai été invité à une party chez Madonna. J’étais sorti pendant trois jours et j’avais sniffé tout ce que j’avais pu. J’ai commencé à entendre des voix dans ma tête, ce qui était effrayant, surtout quand elles me disaient que la mafia avait mis ma tête à prix. J’avais passé une folle nuit de sexe débridé avec deux femmes, dont l’une d’elles était la petite amie d’un tueur à gages bien connu. Et je savais qu’on ne rigole pas avec des gars comme ça. J’ai donc appelé un magasin qui vendait des armes d’Extrême-Orient et j’ai commandé une épée de samouraï qui m’a été rapidement livrée. Après ça, j’ai contacté deux gros durs que je connaissais. Ils ont apporté un revolver calibre.45. J’avais tout cela avec moi à cette party. Et je me suis caché dans un placard parmi les robes de Madonna. Et les voix ne s’arrêtaient pas. C’était complètement dément. J’ai abandonné la drogue peu de temps après, du moins les trucs durs. J’avais lu dans un magazine que Keith Richards avait arrêté et je m’étais dit  : « S’il peut le faire, alors je peux aussi. » Puis je suis allé dans un centre de désintoxication. Le lendemain « J’adore travailler avec des gens qui ont de nouvelles idées cool. Et je me fiche de leur âge. » de ma sortie, Keith m’appelait pour me demander si je pouvais lui acheter de la coke. Ce qui prouve qu’il ne faut jamais croire ce qu’on lit dans les magazines. En tant que producteur, j’ai eu l’occasion de travailler avec des artistes et des personnages étonnants. Il n’y a qu’une seule fois dans ma vie où j’ai sciemment menti à quelqu’un, c’est quand j’ai fait chanter I’m Coming Out à Diana Ross. J’étais allé dans un club de drag queens à New York et j’avais vu à quel point ils adoraient Diana et combien de gens l’imitaient. C’était de la folie  : même si elle était ultra conservatrice, elle était une icône drag sans même s’en rendre compte. Quelle ironie ! Alors Bernard et moi avons écrit une chanson intitulée I’m Coming Out, ce qui serait super pour les drags Diana, et pour Diana ellemême, bien sûr. Et comme elle n’avait aucune idée que c’était une expression du monde LGBT, elle était partante. Mais quand elle est allée en tournée promotionnelle, tous les intervieweurs lui ont demandé si elle était lesbienne. Elle était folle de rage, mais elle ne pouvait pas critiquer le succès. Alors j’ai fait comme si j’ignorais la cause de cette agitation. C’était trop drôle. J’ai traité avec Madonna en faisant preuve d’assurance. Je l’ai d’abord convaincue d’enregistrer les chansons de l’album Like a Virgin avec Chic – le groupe au complet – au lieu de simplement utiliser ses démos électroniques. J’y suis arrivé en disant  : « Si nous utilisons ces déchets électroniques, tu sonneras comme tous les autres artistes, parce que qu’ils n’ont rien de spécial. Mais si mon groupe les joue, ça sonnera différent, original. » Elle avait des doutes au départ et aurait été totalement satisfaite du son de la démo. Mais j’ai fait preuve de fermeté. Je ne m’en suis probablement tiré que parce qu’elle était au tout début de sa carrière. Madonna a tellement maltraité le groupe, elle a été tellement insupportable qu’à un moment, je suis parti. Elle m’a couru après, m’a rattrapé sur le parking, a fait la moue et a dit  : « Ça veut dire que tu ne m’aimes plus ? » Je n’ai pu qu’éclater de rire. Ma tentative de grève n’aura donc duré que 10 minutes. Et nous sommes restés les meilleurs amis jusqu’à aujourd’hui. J’adore travailler avec des gens qui ont de nouvelles idées cool. Et je me fiche de leur âge. Je veux toujours aller de l’avant. Je veux constamment faire face à de nouveaux défis. C’est ce qui me fait continuer. J’aime l’EDM (electronic dance music). Pour les jeunes d’aujourd’hui, c’est exactement ce que le disco a été pour moi, un son avec lequel on peut vraiment beaucoup s’amuser. On m’a diagnostiqué un cancer en 2011. Je pense que cela m’a poussé à travailler encore plus. Être aussi actif fait partie de ma routine maintenant. Je me suis lancé dans le travail pour ne pas avoir à penser à la maladie. C’était en fait une véritable tactique de diversion. Et je me suis délibérément imposé un rythme insensé pour tirer le meilleur parti du temps qu’il me restait. Mais cela a fini par développer une dynamique autonome et on a commencé à faire appel à mes services. J’ai passé une soirée à enregistrer avec Lady Gaga. Nous nous sommes rencontrés à New York par hasard et avons eu un de ces moments magiques. Ce fut une sorte de coup de foudre musical. On s’est donc arrangés pour se retrouver, puis on a traîné ensemble et on s’est incroyablement bien amusés. Et elle a dit  : « Tu veux venir au studio avec moi ? » C’était complètement inattendu, ce que j’ai trouvé génial. Elle travaillait à l’époque sur la musique d’un film avec Diane Warren. Et quand je suis allé au studio, j’ai rencontré Diane pour la toute première fois. Et, comme avec Gaga, on s’est tout de suite bien entendus. Puis j’ai fait mon truc habituel, du Nile Rodgers, et c’est tout. nilerodgers.com THE RED BULLETIN 51



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 1The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 2-3The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 4-5The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 6-7The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 8-9The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 10-11The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 12-13The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 14-15The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 16-17The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 18-19The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 20-21The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 22-23The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 24-25The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 26-27The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 28-29The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 30-31The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 32-33The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 34-35The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 36-37The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 38-39The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 40-41The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 42-43The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 44-45The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 46-47The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 48-49The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 50-51The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 52-53The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 54-55The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 56-57The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 58-59The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 60-61The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 62-63The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 64-65The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 66-67The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 68-69The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 70-71The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 72-73The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 74-75The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 76-77The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 78-79The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 80-81The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 82-83The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 84-85The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 86-87The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 88-89The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 90-91The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 92-93The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 94-95The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 96-97The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 98-99The Red Bulletin numéro 2019-02 février 2019 Page 100