The Red Bulletin n°2018-11 novembre 2018
The Red Bulletin n°2018-11 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-11 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Sofiane étend son empire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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'evous ont manqué quand vous vous êtes lancé il y a une dizaine d’années ? Bien sûr. Rentre dans le cercle, c’est une idée que l’on a presque tous eu dans ma génération, on voulait tous le faire. Youssoufa a commencé avec ses punchlines sessions, et j’ai moi-même été invité dans l’une d’entre elles. On s’est tous dit qu’on allait faire plein de choses, mais la vie et la carrière faisant, la plupart des mecs ne sont pas allés au bout de leurs trucs. Sauf que moi je suis borné et entêté, je dis, je fais. Et je les ai donc faites, ces choses. C’est juste incroyable comme tu étonnes les gens quand tu fais ce que tu dis, c’est fantastique. « Je vais faire ça, ça et ça ! » Et puis tu le fais, et là, les gens sont choqués. C’est quoi, en fait, votre « milieu » ? On va le résumer à l’industrie du divertissement, à l’entertainment. Comme aux USA où ils sont se regroupés en lobby, et ça m’inspire de fou. On doit siéger, on doit se former aux rouages du business de la musique… Les organismes de subvention, comment ça marche ? La SPPF, la FCPP, la Sacem, comment ça fonctionne ? Moi je veux savoir ! Même sur l’aspect le plus froid qui est l’aspect financier, l’oseille, ça sort d’où ? Comment tu gagnes ton argent ? Expliquez-moi, je veux comprendre. En vérité, aujourd’hui, dans le rap en France, tu as des mecs qui jouent des Ligues des champions mais qui ne savent pas ce qu’est un coup-franc ou un corner. Ils se pointent sur le terrain de foot avec des raquettes de tennis et des ballons de rugby, et ils essaient de mettre des buts. La plupart des rappeurs ont le talent mais ne connaissent rien au business ? Ils ne connaissent pas ! Et ça ne les intéresse même pas. Vous avez envie de les aider ? De les emmener vers ce futur que vous créez, vers cette ouverture ? Oui, je soutiens beaucoup de jeunes artistes, des gens que j’ai amenés dans mon wagon ces deux dernières années. Je pourrais t’en citer plein... Il y en a un qui me vient en tête, Hornet la Frappe. Un jeune artiste d’Épinay-sur-Seine qui a fait un gros hit, Je pense à toi, et qui a été produit par le rappeur Busta Flex (rappeur parmi les plus prisés des années 90,ndlr) avant de prendre son indépendance. Il faisait mes premières parties, et à un moment, je lui ai proposé de signer chez moi. Il m’a dit  : « Gros, tu es mon grand frère, mais je veux faire comme toi, je veux mon label, je veux ma structure. » Ça vous a rendu fier que ce jeune artiste que vous avez épaulé souhaite s’émanciper, créer ses propres structures, comme vous ? À mort. Car lui était prêt. D’autres non. Ceux-là, tu les associes, tu les aides, tu leur présentes ton fiscaliste, ton baveux (avocat,ndlr), tes équipes, ton comptable, « signe des contrats avec ta société, ne signe pas en nom propre », « attention aux abattements » … On crée des patrons, et à un moment, dans cinq ans, dans dix ans, on sera assis autour de la table, ils produiront des artistes, j’aurai produit des « C’est juste incroyable comme tu étonnes les gens quand tu fais ce que tu dis. » artistes, et on fera du vrai lobbyisme. C’est nous qui choisirons les patrons des labels, parce qu’on aura créé une force de frappe, de plusieurs millions d’albums par an. Donc, ceux qui nous voudront devront aller dans notre sens. Vous êtes en train de créer des entrepreneurs sur le « modèle Sofiane » ? Des entrepreneurs, des clubs d’influence. C’est comme ça que ça se passe dans la vie, tu ne feras pas autrement. Lino, l’un des rappeurs du duo Arsenik, disait  : « Signe-moi mon chèque, on fera la révolution plus tard. » Je kiffe ça. Je mets des clés de tous les côtés… Démultiplier les activités me permet… pas d’être immortel, mais presque. (sourire) Tue un Sofiane, il en reste plein ! On dit que les acteurs, avec leurs films, deviennent immortels. On vous voyait hier dans Frères ennemis, film sombre sur le trafic de drogue et le banditisme. Qu’est-ce que vous a apporté ce projet ? Quand on a commencé à faire des lectures avec les comédiens en préparant le film, c’est là que le réalisateur David Oelhoffen a eu l’idée de me solliciter. Dans l’univers du trafic, il y a des mots qui ne se disent plus, des manières de faire qui n’existent plus… C’est un réalisateur de film qui n’est pas coutumier, pas familier de ce monde, il ne sait pas ce que c’est qu’un PGP… C’est quoi, un PGP ? C’est un téléphone intraçable. Il y a plein de petits mots, de petits codes… Par exemple, dans mon texte, à l’origine, je devais dire  : « Je suis resté là avec la came… » La came, frère, qui dit la came en 2018 ? Bah alors, on dit la coke ? Non. Si tu parles d’un « truc », soit tu dis un mot en arabe, soit tu dis un mot vague  : les « machins ». Du coup, on a changé plein de choses. Au-delà de ça, c’était une belle aventure. Je me suis retrouvé avec l’acteur belge Matthias Schoenaerts (meilleur espoir masculin aux César 2013 pour De rouille et d’os,ndlr), qui est un monstre, qui s’adapte au tac au tac. À l’inverse, qu’est-ce que vous avez appris de ces gens du cinéma ? J’ai retenu cette espèce de fulgurance que l’on attend de toi sur un plateau de tournage. En tant que rappeur, tu prépares un album pendant des mois, mais tu as quinze titres pour te défendre. Là, tu prépares une scène pendant trois heures, quatre heures, il y a trente, quarante personnes en train de travailler sur le plateau, et tu as quinze minutes pour rentrer la scène. C’est tout de suite, c’est « one shot » ! Je kiffe ça. Je ne suis jamais meilleur que sous la pression. Ce film est tourné dans le 93, département souvent médiatisé pour la réalité de son trafic de drogue, et rarement pour autre chose, il reste donc un cliché de la banlieue « chaude ». Qu’estce que vous souhaitez aujourd’hui à tous les gens du 93, rappeurs, gosses, mères de familles, qui y vivent au quotidien ? Je leur… pardon… je NOUS souhaite la réunification des forces vives. Je nous souhaite d’être unis, car il n’y a pas d’autre manière de faire. On a un hashtag entre nous qui dit « neuf trois c’est neuf trois »  : je ne peux pas me mettre en embrouille avec un mec de chez moi pour un mec d’ailleurs. Si on est en embrouille chez nous, ça se règle chez nous. Pour le reste du monde, on est compact. @fiansolevrai 93 empire, album collectif de Sofiane Frères ennemis, au cinéma 40 THE RED BULLETIN
PLEIN ÉCRAN Au cinéma ce mois d’octobre, le film Frères ennemis de David Oelhoffen met en scène un Sofiane gangster, au cœur du nid de serpents qu’est le narcotrafic.



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