The Red Bulletin n°2018-10 octobre 2018
The Red Bulletin n°2018-10 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2018-10 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (221 x 295) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 21,2 Mo

  • Dans ce numéro : il brasse de l'or.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Au début de leur expédition de 19 jours, Jorgeson équipe une longueur, tandis que Caldwell l’observe d’en bas. F erEere ‘Wide-Yi e A.. 1
l’aventure juste après Noël 2014, sous l’œil des réalisateurs Josh Lowell et Peter Mortimer. Les téléspectateurs auront tôt fait de découvrir que le point d’orgue de cette ascension est la 15 e longueur, une longue traversée sur une bande rocheuse aussi lisse qu’un col fraîchement repassé et amidonné. Au cours des diverses missions de reconnaissance, aucun grimpeur n’aura réussi à enchaîner la série de mouvements impitoyablement précis nécessaire pour la franchir. Après plusieurs échecs, Caldwella recours à une mystérieuse combinaison d’habileté et de détermination qui lui permet de passer. Jorgeson, lui, multiplie les échecs plusieurs jours durant ; sa frustration grandit d’autant. Puis Caldwell se résout à avancer – après tout, c’était son rêve – et vient à bout de plusieurs autres longueurs difficiles. Jusqu’à cette prise de conscience  : il y parviendra. Mais seul. Retour au bivouac suspendu, le portaledge, et à son nuage de vapeur. Dans une transmission saccadée à demi-marmonnée, Caldwell déclare qu’il ne compte pas finir l’ascension sans son pote, peu importe son degré d’investissement dans ce projet ces six dernières années. Jorgeson hoche la tête. C’est très rapide, sans cérémonie, le moment est extrêmement fort et intime. C’est aussi ça qui donne toute son intensité et toute son humanité à ce film. En suivant ces grimpeurs immensément talentueux, on apprend à les connaître. Même les réalisateurs, qui supputaient une confrontation entre les deux hommes, sont abasourdis par cet échange. « On se disait que c’était de la folie que Tommy attende Kevin, se rappelle Mortimer. De toute sa vie, Kevin n’avait jamais grimpé à un tel niveau de difficulté, sur aucune autre voie en dehors du Dawn Wall. C’était une toute nouvelle limite à atteindre, et le voilà, au bout de deux semaines, le corps ravagé, les doigts en lambeaux, le monde entier pendu à ses moindres mouvements. » Si la suite avait été écrite, même Hollywood aurait trouvé ça too much. Ce n’est pas un hasard si Lowell et Mortimer (ainsi que le photographe d’aventure Corey Rich) sont ceux qui ont immortalisé ce passage délicat au niveau de la 15 e longueur, et toute la splendeur vertigineuse de The Dawn Wall. Réalisateurs chevronnés, ils ont toute une série de films d’escalade primés à leur actif. Lowell rencontre le père de Caldwell il y a 30 ans, quand Tommy en a 9. Il filme la fulgurante ascension de Caldwell dans le monde de la grimpe. Jorgeson, 33 ans désormais, a aussi été filmé par Lowell en action à de nombreuses reprises. « C’est un ami, explique Caldwell. On a tous les deux eu beaucoup de chance de travailler avec lui. » Ces liens étroits ont aidé grimpeurs et réalisateurs à venir à bout d’obstacles de taille sur le plan logistique, à commencer par la difficile tâche des cameramen qui devaient rester suspendus des heures entières à des centaines de mètres dans les airs. Rich, photographe d’escalade de longue date, et Brett, frère de Lowell et accessoirement directeur de la photographie, ne se sont pas défilés. « Brett a des bras comme des troncs d’arbres, déclare Lowell. C’est le seul qui soit assez fort pour tenir la caméra immobile pendant « Sur la paroi, grimpeurs et vidéastes forment une seule et même équipe. » Tommy Caldwell TOMMY CALDWELL et KEVIN JORGESON Ces deux athlètes d’exception ont bravé le Dawn Wallavec un objectif commun et des palmarès très différents. Caldwell (en haut) est spécialiste des big walls, tandis que Jorgeson est plus connu pour son expertise en bloc. trois minutes de prise penché en arrière, dans son harnais, chaque muscle du corps tendu à l’extrême. » Car les réalisateurs voulaient varier les plans  : depuis un avion, depuis le haut de la paroi rocheuse, et aux plus près des grimpeurs, sachant que les hélicoptères et les drones ne sont pas autorisés dans les parcs nationaux. Pour obtenir des images plus spectaculaires, Lowell et Mortimer improvisent alors une installation avec une corde descendant sur des centaines de mètres, qu’ils fixent à des rochers en bas de la paroi. Ils y nouent ensuite toute une série de cordes horizontales à différentes hauteurs, créant un cordage en toile d’araignée qui permettra aux cameramen de se tenir à 15 mètres de la paroi et à 600 mètres du sol. Pendant l’expédition, les deux opérations – grimper et filmer – fusionnent pour n’en former qu’une seule. « Quand on vit ensemble sur la paroi, il n’y a pas les caméramen d’un côté et les grimpeurs de l’autre, explique Caldwell. On est une seule et même équipe. Pour la dernière longueur, Brett et moi étions dans un portaledge et Kevin et Corey, dans l’autre. On travaille tous ensemble. Sur le plan logistique, ils faisaient tout autant partie de l’équipe de grimpeurs que nous de l’équipe de tournage. » Ce lien profond qui les unit est bénéfique. Caldwella assez confiance en Mortimer et Lowell pour les laisser déballer les détails difficiles de son histoire. Entre deux sessions d’escalade sur El Capitan, les réalisateurs déterrent un événement douloureux qui a lieu en 2000 pendant une expédition au Kirghizistan, lorsque Caldwell est pris en otage par des militants avec sa petite amie de l’époque, Beth Rodden, et deux amis grimpeurs. Pour se sauver lui et ses compagnons, Caldwell précipitera l’un des ravisseurs dans le vide. Le mariage de Caldwell et Rodden est également évoqué, ainsi que le pénible divorce qui s’ensuivra. Plus tard, on apprend pourquoi Caldwell réalise ses mouvements surhumains avec la moitié de l’index gauche en moins (il est plus doué pour l’escalade que pour couper du bois.) Les réalisateurs ont réussi à passer presque inaperçus tout au long du film. On en voit juste assez pour se souvenir qu’il leur aura fallu grimper bien plus que pour l’ascension proprement dite. La capacité de l’équipe à se fondre dans le décor est salutaire, notamment quand Jorgeson bute à plusieurs reprises sur la 15 e longueur. Rien ne nous est épargné, THE RED BULLETIN 65



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