The Red Bulletin n°2012-06 juin
The Red Bulletin n°2012-06 juin
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-06 de juin

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 15,3 Mo

  • Dans ce numéro : Nikola Karabatic jette un pavé dans la mare avant les JO.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 66 - 67  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
66 67
DATE ET LIEU DE NAISSANCE 11 avril 1984 à Nis (Serbie) TAILLE, POIDS 1,97 m pour 108 kg CLUBS Depuis 2009 : Montpellier 2005 - 2009 : Kiel 2000 - 2005 : Montpellier 1992 - 2000 : Thau 1990 - 1992 : Colmar SÉLECTIONS, BUTS 188 pour 786 buts PALMARÈS 1 Titre olympique (2008) 2 Championnats du monde (2009, 2011) 2 Ligues des Champions (2003, 2007) 2 Championnats d’Europe (2006, 2010) 2 Trophées des Champions 4 Championnats d’Allemagne d’affilée (2006 - 2009) 4 Coupes d’Allemagne 5 Coupes de la Ligue 6 Coupes de France 7 Championnats de France DISTINCTIONS MVP Mondial 2011 Meilleur joueur du monde en 2007 Meilleur demi-centre mondial 2009 et Euro 2010 « en france, l’argent eSt un problème. quand tu en aS trop, tu paSSeS pour un con. »
on voulait profiter de cette dernière carte à fond. Comment expliquez-vous cet éternel écart entre les résultats et la médiatisation de votre sport ? Le vrai problème concerne le championnat. Il n’est pas mis en valeur. Il manque encore une ou deux équipes pour rivaliser avec Montpellier. On n’a pas su prendre le bon wagon comme le rugby a su le faire. Après le titre mondial de 95, la Fédération a privilégié les chaînes de télé payantes qui donnent plus d’argent aux chaînes qui offrent plus de visibilité. Le rugby a compris ça. Nous, on a dû enchaîner quatre titres d’affilée depuis 2008 pour que les gens commencent à en parler. Faites-vous partie de la plus grande équipe de handball de tous les temps ? Oui, car on a tout gagné. Mais j’ai encore soif. Je n’ai pas envie de me dire que tout est derrière moi. Quelle est la force de cette équipe ? Ceux qui la composent. On a cinq-six joueurs qui peuvent chaque année être les meilleurs au monde. Ils savent aussi se remettre en question après une victoire. Personne ne dit : « Je suis le meilleur, je peux arrêter ma carrière, j’emmerde tout le monde. » L’arbitrage est-il devenu un sujet tabou ? Oui. Il ne faut pas en parler. Si tu en parles, tu passes pour quelqu’un qui se plaint donc tu n’en parles pas. On est un sport très dur à arbitrer. Tu peux râler contre les arbitres mais ils ne sont pas professionnels. Tu ne peux pas leur demander de suivre ce sport, de faire des stages, etc. Il faut blâmer aussi la formation et le suivi. Ce sont des domaines où notre sport doit évoluer. Il est plus difficile à arbitrer que le foot. Il faudrait qu’on prenne un ancien international et qu’on le colle à un arbitre. Vous en parlez à Philippe Bernat-Salles, le Président de la Ligue ? Il y a peu de contacts avec lui. On n’a toujours pas de gros sponsor à la LNH. On manque de compétences dans le hand français. Nous sommes à quelques semaines des JO de Londres. Le Tournoi olympique reste moins compliqué qu’un Euro… Oui, en termes de difficulté pure, le sacre européen est le plus dur à décrocher. Globalement, ça ressemble à des Championnats du monde. Les JO, ça va très vite. Le match à ne pas rater c’est le quart. Le clan Karabatic est très uni. On a parfois l’impression de déranger… Si nous sommes si soudés, c’est parce que mon père est arrivé tôt en France. Lorsque je retourne en Serbie et en Croatie, j’en profite pour voir ma grand-mère côté maternel. Il ne me reste plus qu’elle. Votre père Branko, décédé en 2011, était votre guide spirituel… Oui, mon coach, mon manager, mon préparateur mental, tout ! Je l’écoutais raconter ses histoires d’ex-Yougoslavie, quand il partait jouer contre les Russes, les voyages où il ratait le train, etc. Tous les joueurs le connaissaient car ils ont joué contre lui. À l’époque, les Yougoslaves dominaient le hand. La France jouait dans le MondialC. Quand j’étais petit, je voyais Denis Lathoud ou Fred Volle parler avec lui. Je voyais le respect qu’ils avaient. Mon père était mon idole. Il m’a accompagné, conseillé, m’a emmené aux Action entraînements, aux matches, me parlait beaucoup du plan de carrière. Je me fâchais souvent avec lui. Il n’avait pas vraiment besoin de me pousser. Il m’a tout appris. Sans son aval, je ne serais jamais parti en Allemagne. Vous arrive-t-il aujourd’hui de vous demander comment il aurait agi dans tel ou tel cas ? Oui, bien sûr. Tout le temps même. J’essaie de me dire ça le plus souvent possible. C’était un sage, très philosophe, qui prenait toujours les bonnes décisions. Quand il était encore là, je savais à peu près ce qu’il allait me dire. Vous pensez déjà à l’après-carrière ? Oui, je veux rester dans le sport. Avec un ami handballeur, on envisage de monter une grande villa des sports à Biarritz, sorte de Marcoussis ou de Clairefontaine omnisport. Tous les sportifs pourraient venir se préparer. À l’époque, dans le hand, on galérait au Campanile, idem pour le transport. On s’entraînait dans une petite salle pourrie. J’ai aussi envie de skier. Ça ne m’est plus arrivé depuis mes 16 ans. Et avec mon frère, on s’est dit qu’on ferait le Dakar ! Quel regard portez-vous sur la France de François Hollande ? Je vais essayer de rester neutre. Peu nombreux sont les politiques qui font d’abord passer les intérêts du peuple. Idem dans le sport. Le pouvoir rend fou. Au lieu de penser au bien d’un championnat, ils vont protéger leurs fesses. Ils ne veulent pas que ça évolue de peur de se faire bouffer. Tu as l’impression que la France est très fermée. Regarde le Paris Saint-Germain. Les Qataris débarquent et les gens sont presque mécontents de voir l’argent arriver en France. Ils ne sont pas heureux de voir leur équipe acquérir un niveau sans doute unique. En même temps, la crise est énorme donc il faut taxer partout. La France a-t-elle un problème avec l’argent ? Oui, il y a un vrai problème. Quand tu en as trop, tu passes pour un con. Il faudrait presque ne pas avoir d’argent pour ne pas avoir de problèmes. Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’un sportif gagne très bien pendant 10 ans. Après c’est fini. Si tu es footballeur, tu gagnes 2 millions d’euros par an. Ta famille est tranquille. Malgré cela, je comprends que ça les fasse ch… d’être imposés à 75%. Les handballeurs gagnent bien leur vie, mieux que la moyenne des français, mais on n’est pas des footballeurs. Donner 75% de ton argent à l’État qui, en plus, le gère mal, ça donne envie de tricher. Je comprends qu’ils partent s’installer ailleurs. Il n’y a que récemment que je me suis rendu compte que j’étais imposé sur un peu plus que mon salaire. Tu es imposé sur de l’argent que tu ne touches pas ! J’ai montré ma fiche de paie à mon conseiller et il m’a dit que ce n’était pas près de baisser. J’essaie de ne pas penser à ça. Tu ne peux pas en parler. Si tu es sportif et que tu en parles, tu te fais allumer car il y a des gens qui sont bien plus dans la galère que toi. Les banquiers ont des ponts d’or et ne se font pas autant taper dessus. Ça choque les gens mais sans plus. Et enfin, je ne pense pas que les politiques soient très heureux. Suivez la préparation de Nikola Karabatic en vue des JO de Londres sur RMC tous les mardis à partir de 18 heures et sur www.nikolakarabatic.com 67



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 1The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 2-3The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 4-5The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 6-7The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 8-9The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 10-11The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 12-13The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 14-15The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 16-17The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 18-19The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 20-21The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 22-23The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 24-25The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 26-27The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 28-29The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 30-31The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 32-33The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 34-35The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 36-37The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 38-39The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 40-41The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 42-43The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 44-45The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 46-47The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 48-49The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 50-51The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 52-53The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 54-55The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 56-57The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 58-59The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 60-61The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 62-63The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 64-65The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 66-67The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 68-69The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 70-71The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 72-73The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 74-75The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 76-77The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 78-79The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 80-81The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 82-83The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 84-85The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 86-87The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 88-89The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 90-91The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 92-93The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 94-95The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 96-97The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 98-99The Red Bulletin numéro 2012-06 juin Page 100