The Red Bulletin n°2012-05 mai
The Red Bulletin n°2012-05 mai
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-05 de mai

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 17,2 Mo

  • Dans ce numéro : Captain America est de retour... entretien exclusif avec Peter Fonda, l'un des derniers monstres sacrés d'Hollywood.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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action L the e rendez-vous a lieu dans un des salons du Das Triest, splendide palace viennois. Le patronyme a de quoi impressionner. Peter Fonda, fils d’Henry, père de Bridget et jeune frère de Jane. Voilà pour le tableau généalogique. Les Fonda, pan entier de l’histoire d’Hollywood. Soudain, il apparaît. Charismatique et détendu en dépit d’une longue journée de tournage de son nouvel opus, The Lazarus Protocol (voir encadré p.45). Peter Fonda s’amuse à faire tournoyer entre ses doigts une petite bouteille en plastique vide. « Plastique sans bisphénol », précise aussitôt ce grand défenseur de l’environnement. Le comédien l’a amenée des États-Unis pour la remplir à ras-bord d’eau du robinet de Vienne. Il a entendu dire que celle de la capitale autrichienne est sans doute la meilleure au monde. Il veut en juger par lui-même. Fonda n’a aujourd’hui qu’une seule obsession : la qualité de l’eau sur terre. La transition est toute trouvée pour échanger à bâtons rompus sur l’hygiène de vie, la politique et la liberté. Première et dernière prise. 44 red bulletin : Vous semblez en super forme, particulièrement affûté, un peu à l’image de l’époque Easy Rider. Être Peter Fonda, ça conserve ! peter fonda : J’ai une tête et un cœur en bon état. Je bois beaucoup d’eau. Tout va bien. J’essaie d’être bon avec les autres. Je n’ai pas un fond méchant mais si quelque chose me déplaît, là on me trouve. Cette force vient de mon âme. Je suis resté un gamin très heureux. Officiellement, j’ai 72 ans. En réalité, je n’en ai que 8. Votre vie ressemble à un véritable conte de fées. Dans Easy Rider, vous campez le personnage de Captain America, hippie à moto qui meurt dans l’explosion de sa Harley à la fin du film. C’était en 1969. On vous retrouve aujourd’hui, septuagénaire fringant au guidon de la moto la plus rapide du moment. Êtes-vous un danger public sur les routes de Californie avec cette MV Agusta F4 ? Les gens s’inquiètent beaucoup pour moi (rires). J’aime l’idée que vous ne m’imaginiez pas en simple cadavre à la fin d’Easy Rider mais plutôt comme un mythe. Un esprit invisible. Et, me voilà de retour sur Terre au guidon d’une F4 ! C’est vraiment une moto cool. Ma pièce de collection, mon Modigliani. Je la gare dans mon salon, au grand dam de ma femme. Pouvez-vous la piloter sans être à nouveau la cible d’un shérif ? Quand il n’y a pas de police et que la « Mon père est vite devenu le personnage central de ma vie. Comme père et non en tant qu’acteur. » route est déserte, je me lâche ! Mais je sais où sont mes limites. Je me méfie toujours des feux et panneaux de signalisation. Je fais attention car n’importe qui peut surgir n’importe où. Ce qui est arrivé à James Dean… Oui. Mais lors de l’accident qui lui a coûté la vie, James roulait vraiment très vite (la Porsche 555 Spyder de James Dean a été percutée de plein fouet par une voiture qui lui a coupé la route. L’acteur américain est mort sur le coup, le 30 septembre 1955,ndlr). Je suis à fond quand personne n’est sur la route. Le problème, c’est ma taille. Je suis très grand, avec de longs bras et de longues jambes. La moto est plutôt faite pour les gens trapus. Quand je suis dessus, je ressemble à un gros insecte. Mais, ce n’est pas grave parce qu’au moindre obstacle, je peux réagir rapidement. Ce que je ne pouvais pas faire avec une Harley ou une Triumph. Même pas avec ma BMW R100 RS de 1978. Pourtant, une sacrée bécane ! Tout le monde se souvient de sa première voiture. Votre père, Henry Fonda, vous avait offert une vieille Coccinelle. Pour mieux vous éloigner des paillettes d’Hollywood ? À la maison, le glamour et son décorum n’étaient pas tolérés. Gary Cooper et James Stewart, mes parrains, étaient avant tout des amis. Personne ne les considérait comme des acteurs ou des célébrités. Quand John Wayne et PHOTOS ADDITIONNELLE : CORBIS (2), DDP IMAGES
Randolph Scott jouaient une partie de pitch (jeu de cartes des cow-boys,ndlr) dans le salon, avec mon père, il arrivait que John vienne me piquer mon pistolet en plastique de gamin pour le poser sur la table de jeu comme dans un western. Juste pour se marrer comme on le fait simplement entre amis. Aucune frime làdedans. J’ai mis du temps à réaliser que le boulot de mon père avait quelque chose de spécial. Ma mère est décédée quand j’étais très jeune (sa mère, Frances Ford succès aurait pu vous perdre, vous, l’homme de convictions. Comment avez-vous pris le dessus ? Grâce à mes gènes paternels. C’est-à-dire ? Gamin, je détestais mon prénom. Je demandais à mes amis de m’appeler autrement. En fait, je ne m’aimais pas. Je me trouvais trop maigre avec des mains trop efféminées. La signification de l’expression « Peter out » (1), c’était le comble ! Puis, j’ai découvert que « Peter » venait « Soudain, Picasso dit : Vous êtes de la merde. On dirait qu’un oiseau vous a chié dessus. Inimaginable. » Seymour, figure de la haute société new yorkaise, s’est suicidée à l’arme blanche dans un hôpital psychiatrique. Peter Fonda avait 10 ans,ndlr) et mon père est vite devenu le personnage central de ma vie. Comme père et non en tant qu’acteur. Les gens pensent qu’en étant le fils d’Henri Fonda tout devient facile. Mais jamais il ne m’a parlé du métier d’acteur, jamais expliqué comment il travaillait. J’ai appris en le regardant. Parfois, il m’emmenait avec lui sur un tournage, uniquement lorsqu’on pouvait s’occuper de moi. D’autant qu’à la maison, j’écoutais tous ces gens venus parler de leur métier. Je devais avoir 14 ans quand j’ai entendu Gary Cooper avouer : « Lorsque je suis à fond dans mon personnage, je n’ai pas l’impression de faire l’acteur. » Je me la suis appropriée : « Quand vous êtes à fond dans le personnage, vous n’avez pas l’impression de jouer. » Si tout paraît naturel, c’est gagné. On s’approche au plus près des spectateurs. C’est le secret du métier. Easy Rider est sorti en 1969. Il n’était écrit nulle part qu’il allait devenir culte et marquer l’histoire du cinéma. Ce Peter Henry Fonda Famille Né le 23 février 1940 à New York City. Il est le fils unique d’Henry Fonda. Sa demisœur Jane, de trois ans son aînée, est aussi actrice. Marié quatre fois, Peter Fonda vit aujourd’hui à Paradise Valley dans le Montana. Parcours Débute au théâtre sur la scène du Omaha Community Playhouse, dans le Nebraska. Marlon Brando y lança sa carrière. Il débarque ensuite à Hollywood après un passage à Broadway. Débuts au cinéma en 1963 dans Tammy et le docteur. Films marquants Les Vainqueurs (1963, nomination aux Golden Globes dans la catégorie du meilleur espoir masculin), Easy Rider (1969, nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur scénario), L’or de la vie (1997, Golden Globe du meilleur acteur, nomination aux Oscars), Passion of Ayn Rand (1999, Golden Globe du meilleur second rôle) et 3 h 10 pour Yuma (2007). Divers Ami des Beatles, il enregistre un disque en 1968. Anticonformiste, il aime donner son avis sur la politique. action de « petros », du grec ancien qui signifie la pierre, le roc. Quant à « Fonda », mon nom vient du mot italien « fondo ». Nos origines familiales remontent au XIII e siècle en Italie. « Fondo » se dit « bottom » en anglais, soit le fond. Peter Fonda est donc devenu « Rock Bottom » (2). Quand j’ai su tout cela, je n’étais pas mécontent. Bien au contraire. Je n’avais donc qu’une seule façon de m’en sortir : viser haut. Je ne pouvais que m’améliorer tout au long de ma vie. Voilà pourquoi je pense que mon histoire familiale m’a permis de rester sur la bonne voie. On ne peut pas dire qu’Easy Rider ait délivré le message d’une vie saine… Avec l’argent gagné grâce à ce film, je me suis acheté un voilier de 25 mètres. Le plus beau que je n’ai jamais eu et que je n’aurai jamais. C’était ma maison. J’adore être sur l’océan et naviguer. J’ai souvent effectué des traversées de plus de 4 000 milles nautiques (soit près de 7 500 kilomètres,ndlr). Je navigue toujours à l’aide d’un sextant, même si aujourd’hui le GPS est beaucoup plus précis. L’archipel d’Hawaii est devenu mon havre de paix. Je vais bientôt retourner à Maui pour naviguer, faire de la randonnée en montagne et du vélo. C’est un mode de vie sain. En mer, les problèmes de drogue disparaissent aussitôt. Les gens pensaient que j’étais sans arrêt défoncé sur le bateau. Mais, la nuit, un voilier, ça ne se gare pas comme une voiture. Sur l’eau, vous devez toujours être en éveil et vous ne pouvez pas utiliser un sextant si vous êtes défoncé. Il faut être clean. Vous avez la responsabilité de ceux qui sont à bord. Votre découverte de l’art a aussi joué un rôle important dans votre vie… Oui, grâce à Dennis Hopper (réalisateuracteur d’Easy Rider, icône, comme Peter Fonda, de la contre-culture américaine, décédé le 29 mai 2010,ndlr). Avec lui, j’ai pu rencontrer une flopée d’artistes célèbres. Par exemple, Dennis m’a tout expliqué du pop art, il m’a présenté à Claes 45



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