The Red Bulletin n°2012-04 avril
The Red Bulletin n°2012-04 avril
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-04 de avril

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 13,5 Mo

  • Dans ce numéro : Maya Gabeira... la surfeuse brésilienne ne chasse que les très grosses vagues.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Il reste inflexible. Si au moins on me laissait construire des châteaux de sable… Après l’amuse-bouche, passons aux choses sérieuses : le travail avec le météorologiste. Il est essentiel. C’est le b.a.-ba d’une préparation réussie. Un bon spécialiste de la météo vous apprend à affronter toutes les conditions de vent possibles. Peu importe l’altitude. Parlons maintenant du ballon en tant que tel. Il s’étale de tout son long, là, à même le sol. Vu le prix de l’hélium, l’enveloppe n’est jamais totalement vidée. Il suffit d’ajouter la quantité manquante. Dans le cas précis de Red Bull Stratos, l’utilisation de l’hélium est la seule propulsion possible pour monter si haut. C’est un sport pour lève-tôt. Ou couche-tard. On commence à se préparer dès 3 heures du matin, histoire d’être en l’air avant le lever du soleil et les premiers vents forts. J’ai effectué mon entraînement à Albuquerque, dans l’état du Nouveau- Mexique (États-Unis). J’apprends que l’espace aérien sera interdit pendant les 72 prochaines heures en raison de la venue du Président Obama. Cela me laisse deux jours complets pour apprendre à diriger l’engin soit un timing serré permettant juste d’enchaîner décollages et atterrissages. Je potasse la problématique des vents et assimile leurs directions à différentes altitudes. En l’air, je me sens déjà comme chez moi. Je suis dans mon élément. Ce sera ma deuxième maison. Après deux jours d’exercice pratique, je suis prêt à passer l’examen. Il attribue « Un voyage en ballon réserve une part d’aventure. J’en ai fait l’expérience. » 82 Action « J’apprends que l’espace aérien sera interdit pendant les 72 prochaines heures. » la licence de vol. Joe Kittinger est catégorique. Dans mon cas, je n’aurai pas à passer l’épreuve écrite. Mais quand le très élégant examinateur sexagénaire de la Federal Aviation Administration débarque, il demande illico au pionnier américain des sixties de sortir et souhaite que je le suive à l’étage. Je précise à l’examinateur n’être venu ici que pour apprendre la technique du pilotage. Je ne souhaite en aucun cas passer un examen écrit que je n’ai pas préparé. Je lui explique le projet Red Bull Stratos et lui indique mon intention de ne pas continuer à voler en ballon après cette mission, dans un but lucratif ou non. À ma grande surprise, il me laisse aller au bout de mes explications et me présente une carte aéronautique où je dois étudier une trajectoire de vol. Grâce à la technique de pilotage d’hélicoptère, je suis familier avec ce type de topographie. Je repère la question piège. L’examinateur me trouve visiblement assez convaincant dans mes explications. Il accepte de me faire passer le test dès le lendemain. On y est. Le plat de résistance. Le ballon repose de toute sa longueur sur un terrain de football entouré d’une clôture. Quelques voitures sont garées le long du grillage. J’ai l’impression qu’elles sont trop proches de nous. Cela ne semble pas inquiéter le moniteur outre mesure. On démarre. Après seulement quelques mètres, la nacelle rase le toit d’un véhicule sans que les deux passagers à mes côtés ne s’en soucient. On réussit à passer au-dessus de la clôture de justesse. « L’examinateur suggère d’alléger la nacelle. Je ne suis pas d’accord. On parie. » Je me sens plutôt mal. Là encore, ça n’a pas l’air de gêner mes deux compagnons de vol. Il s’agit seulement pour eux d’une simple faute au décollage. Je me rends compte que passer son brevet de pilote de ballon est plus compliqué que le permis de conduire. Un mauvais départ n’a rien de déshonorant. Ça arrive. L’explication est simple : la poussée du vent sur la partie basse provoque le décollage. Vous laissez aller en pensant vous élever normalement. Tout s’arrête soudain au moment où le ballon atteint la vitesse du vent. Dans mon cas, c’est arrivé juste à la hauteur des vitres de la voiture. Je leur propose de décoller à nouveau. Ils refusent. On est déjà trop loin. Me voilà en l’air, sorti d’affaire. Après quelques minutes, nous nous rapprochons d’un relief montagneux. C’est le dessert. L’examinateur suggère d’alléger la nacelle de quelques pelletées de sable. Je ne suis pas d’accord. Il me propose de parier. Tenu. On franchit le sommet de justesse sans avoir besoin de se débarrasser de quoi que ce soit. J’ai marqué des points. Je le sens. Nous voilà sur l’autre versant. On touche aussitôt du gros vent, soit 80- 90 km/h. Cela a pour don de causer des PHOTOS : SVEN HOFFMANN/RED BULL STRATOS
« La corde est complètement déroulée, le conduit de gaz grand ouvert et l’hélium s’échappe. Le ballon est à l’arrêt. Silence. » turbulences alors qu’on se dirige vers une barrière rocheuse. Au-delà de celle-ci, il ne sera pas évident de trouver un endroit propice à l’atterrissage. On doit se poser au plus vite. Je tire le plus fort possible sur le cordon de la valve de gaz pour descendre rapidement. Malheureusement, le vent au sol n’a rien perdu de sa puissance. Il affiche 40 km/h. Inquiétant. Atterrir d’urgence devient une option. On enfile nos casques et replace à l’intérieur les sacs de sable afin d’éviter qu’ils n’éclatent après avoir touché le sol. Ils peuvent aussi nous servir à redécoller. Un champ entouré de barbelés fera l’affaire. L’aire d’atterrissage improvisée n’est vraiment pas très grande. Une centaine de mètres carrés. Avec ce genre de ballon plutôt lent à la détente, la moindre erreur peut s’avérer fatale. On doit réussir à se poser du premier coup. Quand on voit le sol se rapprocher aussi vite, on ressent vraiment l’impression de vitesse. Le choc à l’atterrissage est brutal. La nacelle se renverse et nous voilà tractés sur toute la longueur du terrain. On tire de toutes nos forces sur la valve pour laisser échapper le gaz et mettre fin à cette partie de rodéo. On rentre nos têtes, garde les bras et les jambes à bord de la nacelle. « Tire, tire, tire », hurle l’examinateur alors que la nacelle s’immobilise après avoir labouré le champ dans sa diagonale. Dans un nuage de poussière, on ne bouge plus. La corde est complètement déroulée, le conduit de gaz grand ouvert et l’hélium s’échappe. Le ballon est à l’arrêt. Silence. Soudain, une voix. « Ça va les gars ? » On se redresse et on aperçoit le profond sillon long de 80 m tracé par la nacelle. Un voyage en ballon promet donc ce genre de péripétie. Plutôt mouvementé. Bilan de l’examen : reçu. Avec mention. www.redbullstratos.com « C’est un sport pour lève-tôt. Ou couche-tard. il faut être en l’air avant le lever du soleil. » 4 Le mois prochain : Vous saurez tout sur la combinaison de Baumgartner. 83



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