The Red Bulletin n°2012-04 avril
The Red Bulletin n°2012-04 avril
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-04 de avril

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 13,5 Mo

  • Dans ce numéro : Maya Gabeira... la surfeuse brésilienne ne chasse que les très grosses vagues.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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invader a grandi avec son époque. il garde notamment un souvenir particulier de Pacman, jeu vidéo roi deseighties. 42 action Je l’ai vu « envahir » une fois. Sans masque. La tête nue. « Porter un masque la nuit me ferait repérer. » Nous sommes en 2009, à Paris, sur les berges du canal de l’Ourcq, en bordure du Parc de la Villette. Personne à la ronde. À quatre heures du matin, juché au sommet d’une échelle, invader manie une lance télescopique. Sans me laisser le temps d’approcher, il disparaît, tube de colle industrielle et échelle sous le bras. trois mètres audessus du sol, une mosaïque en carrelage est apparue. elle est à l’effigie des créatures popularisées à la fin des années 70 par la firme japonaise taito. Bienvenue dans leseighties. Qui met les pieds dans une salle de jeu croise ces envahisseurs verts pixellisés. Comme Pacman, Space Invaders est culte. Mais la technologie évolue. Les jeux vidéo aussi. dépassés, les Invaders disparaissent. Pendant que les bornes d’arcade se revendent à prix d’or à la fin des années 90, Paris voit fleurir sur ses murs d’étranges mosaïques qui ressuscitent les aliens à détruire du jeu vidéo. « en tant que mouvement, le street art n’existait pas encore », précise le Parisien. Le graffiti constitue la peau de la capitale depuis une grosse décennie. Les quartiers de Bastille et de Ménilmon- tant accueillent notamment les pochoirs du pionnier français Blek le rat. Les œuvres déposées par invader ne ressemblent à rien de connu. « Je cherchais à faire quelque chose de ludique, poétique, subversif, chromatique et pixélisé, glisset-il. d’invasif ! » en 1999, 164 œuvres signées du street artiste et disséminées tous azimuts dans la capitale sont recensées. Les Parisiens s’interrogent en les découvrant. Que signifient-elles ? Ont-elles un but ? Aussi, qui en est l’auteur ? Quinze ans après s’être « lancé dans un projet de conquête du monde », invader affiche à son palmarès plusieurs milliers de pièces posées dans plus de quatre-vingt villes du monde. L’invasion continue. Quel dessein sert-elle ? « Vous verrez », élude l’intéressé. On pense aux points que rapporte chaque pièce collée selon « sa taille, son motif et sa difficulté de pose ». Vise-t-il un score ? Ou bien, comme on le pressent, son œuvre s’estelle tant confondue avec sa vie que cet enfant du low tech ne pourra jamais y mettre fin ? invader l’avoue volontiers : il est « addict ». dans son One Player Game, chaque nouvelle œuvre fixée illégalement vaut le grand frisson. Le jour de notre rencontre, il arbore un masque à l’effigie de Buzz l’Eclair (le ranger de… l’espace dans Toy Story). rien à faire. il ne l’ôtera pas. Mais explique : « Mon anonymat est une réaction au culte de la personnalité. Je pense y avoir pris goût. C’est une position intéressante d’être inconnu mais reconnu ! ». À dire vrai, l’identité d’invader, on s’en fout. de lui, on a de quoi susciter notre curiosité : né en 1969, mince, taille moyenne, plutôt beau gosse, incorrigible timide, cultivé, fou de low tech et créateur à l’année, dans son atelier de Montreuil, de ses « pixels en mosaïque dans une sorte d’écriture automatique ». invader est un pionnier du street art contemporain qui, à l’instar de l’Anglais Banksy, a influencé l’actuelle génération d’artistes. il évoque cette communion internationale comme une « sorte de famille ». Un groupe composé de sensibilités complémentaires qui, pour des raisons différentes, a ressenti le besoin d’investir illégalement les murs du monde. « C’est toute la beauté de la chose, souligne-t-il. Amener l’art là où on ne l’attend pas. S’il n’y avait pas d’art sauvage dans nos rues, il n’y aurait que des enseignes et des panneaux publicitaires. il s’agit d’un véritable engagement. dans mon cas, je compare souvent mes œuvres à des virus. des micro-organismes qui viennent perturber un méta-réseau. »
il y a moins d’une décennie, le street art était encore ignoré. et stigmatisé. Mais, après le poster du sérigraphe Shepard Fairey pour la campagne présidentielle de Barack Obama (2008) puis le documentaire Faites le mur (2010), il s’est imposé comme une tendance forte du business de l’art. Les galeries l’ont accueilli (Lazarides à Londres, Le Feuvre à Paris, etc.). Puis les musées. des rétrospectives se sont tenues à Berlin et àL.A. La cote des artistes a flambé. Les prix des œuvres ont explosé. inflation caractéristique d’un marché déréglé qui a vu des pièces signées Blu, Banksy ou invader – vendues au départ quelques centaines d’euros – s’arracher dans la capitale anglaise à plusieurs dizaines de milliers de livres sterling. Londres, justement. invader y était récemment, pour une « courte invasion ». de Berlin à tokyo, de Vârânasî à Melbourne, de Katmandou à São Paulo, le street artiste photographie ses œuvres après les avoir collées dans des « spots » soigneusement choisis. « Je déniche ces lieux après m’être procuré un plan de la ville et quadrillé les quartiers que les gens me recommandent. Le bon spot, c’est celui qui vous fait vous sentir bien après Icône du street art, Invader est diplômé de l’école des Beaux Arts de Rouen. L’artiste français a fait le tour du monde à plusieurs reprises. y avoir collé une pièce. On se retourne et on se dit : Bien joué ! » On pense aux plus célèbres d’entre eux. Les salles du musée du Louvre « envahies » en 1998 et, surtout, le panneau Hollywood sur le versant du Mont Lee, à Los Angeles où, le 31 décembre 1999, invader colle une œuvre sur la lettre D. deux actions spectaculaires pour signer ses débuts et qui l’ont vite fait remarquer par ses pairs. À Londres, d’abord, où il possède de solides appuis (Banksy, notamment), àL.A. aussi, où il s’est lié avec Obey Giant (l’alias de action De Londres à Perth et de New York à Tokyo en passant par Bénarès ou Katmandou, Invader a laissé une trace indélébile aux quatre coins de la planète. Aujourd’hui âgé de 42 ans, l’artiste a regroupé l’ensemble de ses œuvres dans un livre événement à paraître à la fin du mois. 43



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