The Red Bulletin n°2012-02 février
The Red Bulletin n°2012-02 février
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-02 de février

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : Red Bull Stratos et Felix Baumgartner au pas de charge !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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48 Action L’ado de 16 ans qui brûlait la vie était devenu un jeune homme de 22 ans qui s’en foutait de mourir. il y a peu, l’acteur a dû se contraindre à un exercice de renoncement de sa personnalité écossaise pour tenir son rôle dans Machine Gun Preacher, dirigé par mark Foster, le réalisateur de Quantum of Solace et de World War Z. Dans ce film, sorti en 2011, Butler tient avec brio le rôle d’un ancien junky membre d’un gang de motards, laissé pour mort dans un échange de coups de feu. Quasiment ressuscité, il devient prêcheur. sam Childers est missionnaire dans ce qu’on appelle aujourd’hui le sud-soudan. il aide les victimes civiles de la guerre après avoir assisté aux exactions du chef autoproclamé Joseph Kony à la tête d’une armée sans foi ni loi, l’armée de résistance du seigneur (LRa). Le LRa erre dans le bush, massacre les adultes, enlève les enfants orphelins puis les utilise comme soldats ou esclaves sexuels. on estime que 66 000 enfants ont été victimes de cette barbarie. Childers construit un orphelinat et répond au feu par le feu, débusque les soldats du LRa et leur arrache ces enfants captifs dans des raids armés. Un rôle phare dans la filmographie de Butler, qui essaie de comprendre les convictions de cet homme armé. « au cours de mes recherches, j’ai regardé des vidéos terribles, comme celle de cet enfant de six mois, porté dans un sac à dos par sa mère, mais tailladé à mort. il n’y a pas de négociation politique possible avec ces bâtards qui ne savent faire qu’une chose : tuer et oppresser un peuple à coups de machettes, s’emporte-t-il. C’est d’une telle violence qu’on peut comprendre qu’il y ait des gens prêts à se battre à mort avec eux. Jusqu’à ce qu’on réalise que beaucoup d’entre eux ont d’abord été des enfants enlevés et endoctrinés par ces monstres du LRa. Certains d’entre eux ont neuf ans. Des hommes enfants. C’est déchirant ». Le film débute par une scène épouvantable : un jeune homme est contraint de tuer sa propre mère. aussi cruel et incroyable que cela puisse paraître, ce procédé est régulièrement utilisé par le LRa. Quelle portée auront ces crimes lorsqu’ils deviendront adultes ? Derrière quelle conscience pourront-ils se retrancher ? Butler : « La seule famille que peut avoir alors l’enfant déraciné est ce clan de bâtards qui lui a fait commettre l’épouvantable. Ce sont des malades ces mecs. il n’y a aucune règle, dans ce pays. J’ai eu du mal à saisir la situation, qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, souffle-t-il. Ces gens tuent pour le plaisir de tuer. » Une fois que Butler eut retrouvé ses esprits face à l’indicible, il s’employa à dresser un portrait fidèle de Childers, passant du temps avec lui au double titre de comédien et de producteur exécutif. La rencontre avait quelque chose de surréaliste. « J’ai passé un mois sur la route avec sam, pour ce film. il est aussi dur que les autres. Childers était une âme perdue, membre actif d’un gang de motards, drogué, un criminel armé d’un fusil de chasse mais, quand j’ai lu le script, j’ai pensé que cela ne correspondait pas à la réalité, témoigne Butler. plus tard, j’ai découvert que, dans le film, nous n’avons fait qu’effleurer la complexité du personnage. il est fait de furieuses contradictions qui ne sont pas si faciles que ça à retranscrire dans un scénario. il était à la fois suspicieux face à notre démarche et impressionné par notre volonté de faire un film sur lui. » gerard Butler naît le 13 novembre 1969 à paisley, à une vingtaine de kilomètres de la banlieue ouest de glasgow. son père edward est bookmaker et un peu mauvais garçon. sa mère margaret élève les enfants. gerard a six mois quand sa famille, à laquelle il faut ajouter son grand frère Brian et sa grande sœur Lynn, s’envole pour montréal, où le mariage se brise. « ma mère était tout pour moi, se souvient gerard. elle était à la fois ma mère et mon père et elle nous donnait tout ce qu’elle pouvait, autant qu’elle le pouvait. Je ne serais sans doute pas là à vous parler si je ne le faisais pas pour elle. » Butler continue d’être un excellent élève, il est même premier de la classe dans son lycée de paisley. en 1985, après 14 ans d’absence, le papa de gerard revient dans sa vie. père et fils tentent de rattraper le temps perdu. six ans plus tard, Butler senior décède d’un cancer. Le fiston vient tout juste d’être diplômé en droit. il part aux États-Unis pendant un an avec un plan de vol défini par son hédonisme effréné : « L’ado de 16 ans qui brûle la vie par les deux bouts était devenu un jeune homme de 22 ans qui n’en avait rien à faire de mourir dans son sommeil ». il revient en Écosse, à Édimbourg, où il entre en stage dans un cabinet d’avocat réputé. il épate surtout par ses qualités de fêtard invétéré. Butler est rapidement remercié. « J’avais pris l’habitude de boire jusqu’à ne plus me souvenir de rien, se souvient-il pourtant. il y avait sans doute une volonté morbide derrière cette folie. J’avais gâché ma carrière. J’étais détruit. » La seule réponse qu’il peut alors trouver : s’exiler. il part à Londres, où il reprend contact avec une expetite amie devenue directrice de casting. elle le pousse à tenter sa chance pour une production shakespearienne, Coriolanus, dirigée par steven Berkoff. il y décroche un rôle. À 27 ans. « Je n’avais jamais appris la comédie, mais j’avais déjà ressenti tellement d’émotions dans ma vie que cela pouvait avoir la même valeur. Cela n’avait pas fait de tort à sean Connery. » alors, comme le maître écossais, Butler migre lentement du théâtre pour de petits rôles au cinéma et à la télévision. mais il a CINQ MAJEUR Gerard Butler n’est pas le seul écossais à avoir conquis les US. Voici les cinq autres. EWAN McGREGOR 14 mois le séparent de Butler. Fort de dix années d’expérience, McGregor entre dans la phase creuse d’une carrière qui a débuté de manière spectaculaire avec Transpotting, en 1996. Il défend néanmoins quatre films en 2012, dont Haywire et The Impossible. KELLY McDONALD Pendant dix ans, elle n’est que la fille de Trainspotting, jusqu’à No Country for Old Men, en 2007. Depuis, elle brille dans la série Boardwalk Empire, sur HBO, et est aussi à l’affiche de Brave, le nouveau film de Pixar. Elle prête sa voix dans ce film dont la sortie est prévue en juin.
photos : getty images KEVIN McDONALD Un Oscar pour Un jour en septembre, docu réalisé en 1999 sur les JO de Munich, en 1972. Son grandpère était Emeric Pressburger, légende du cinéma britannique. CRAIG FERGUSON David Letterman a The late show, émission culte de la télé US. Ferguson, lui, a animé The late late show, pendant sept longues années. Tout Hollywood se pressait chez l’humoriste. IAIN NEIL Qui est-il ? L’heureux propriétaire de 11 Oscars ! La plupart pour la conception d’optiques de caméras. Seuls Walt Disney et le designer Cedric Gibbons ont récolté plus de récompenses. besoin d’autre chose. en 2001, après cinq ans passées à faire l’acteur dans les îles britanniques, gerard s’installe à Los angeles et met un terme au gros point noir de sa vie. Le problème de la boisson réglé, sa carrière prend une autre tournure. À l’incarnation d’attila dans une mini-série télé succède un rôle romantique dans Lara Croft TombRaider : le berceau de la vie aux côtés d’angelina Jolie, en 2003. L’année suivante, il acquiert un statut de star aux côtés d’emily mortimer dans le film britannique Cher Frankie puis dans la version de Joel schumacher Le fantôme de l’Opéra, effaçant lors du casting John travolta et Nicolas Cage. et, en 2007, c’est lui qui est à l’affiche de 300, bouille d’ange et abdos en béton, grâce à son rôle du roi Léonidas de sparte. « L’analogie que je fais régulièrement, c’est que, jusqu’à ce rôle, j’étais comme un train qui peine et avance à très petite vitesse vers le sommet d’une montagne mais qui, grâce à ce film, parvient à franchir le col. ma carrière a accéléré grâce à sa propre impulsion. » Dans le polar Rock’n’Rolla, sorti en 2008, le réalisateur guy Ritchie choisit Butler pour le rôle de one two, un bad boy charismatique qui veut devenir homme d’affaires. « C’était un rôle qui me correspondait tout à fait, lâche-t-il, faisant sans doute référence à ses rebonds de carrière ou à la vision de la vie de son père, un rien marginale. Je connaissais cet homme, au fond de moi ». Butler incarne aisément un des plus anciens personnages de hollywood : l’homme dur en surface, doux au fond. mais, avec lui, il ne semble pas y avoir de règle. il est à la fois l’homme sans limites qui vit selon ses propres envies et un personnage profond qui cherche, chez lui et les autres, ce qu’il y a de meilleur. Butler montre ensuite qu’il sait jouer d’autres muscles que ses biceps – et ses cordes vocales – dans Le fantôme de l’Opéra. il tient la vedette dans différentes comédies romantiques, dont PS I love you aux côtés de la double oscarisée hilary swank, L’abominable vérité, avec Katherine heigl ou encore Le chasseur de primes dont il partage l’affiche avec Jennifer aniston. « on doit tout essayer, n’est-ce pas ? on ne risque rien à le faire. J’aurais pu rester fidèle à ma carrière d’acteur de films d’action, mais j’ai préféré aller faire un film pour les enfants, L’île de Nim, une palanquée de films romantiques et Que justice soit faite, un polar noir sur un serial killer, avec Jamie Foxx, précise-t-il. ma façon de voir les choses ? D’accord, je sais faire les films d’action mais laissez-moi voir ce dont je suis capable dans les drames et comédies romantiques. » aujourd’hui, il tient une des toutes premières places sur les listes de vœux des producteurs Action américains. il truste la page d’accueil des moteurs de recherche et les unes de la presse people où se font insistantes ses rumeurs sur d’improbables aventures sentimentales avec Jennifer aniston, Cameron Diaz, Naomi Campbell ou le mannequin sarah Carroll. il en sourit : « Je suis juste un acteur écossais qui a réussi dans une ville où se concentrent les plus belles femmes. Je peux affirmer que j’ai bien profité de la vie mais, sincèrement, il n’y a pas une seule de ces rumeurs qui soit exacte. Je me suis très bien comporté, ce qui n’était pas le cas quand je traînais le fardeau de l’alcool. » Que sa réputation d’homme à femmes soit fondée ou non, la question mérite d’être posée : comment vit-il le fait d’être l’acteur britannique le plus sexy d’hollywood ? il s’esclaffe : « Je ne suis pas du tout sûr d’être l’acteur le plus sexy de La, s’emporte-t-il. mais, et c’est l’avocat en moi qui parle, en imaginant que cela soit vrai, je trouverais cela merveilleux ! pour être très honnête, c’est mon boulot que je trouve vraiment gratifiant et je suis très honoré de le faire. Je cherche juste à être bon dans ce que je donne. » sa dernière prestation d’importance dans le cinéma donne l’impression qu’il a bouclé la boucle. il tient en effet un rôle principal dans Coriolanus aux côtés de Ralph Fiennes, réalisateur pour la première fois. Dans ce rôle, Butler a modernisé son jeu. L’Écossais remonte le fil du temps : « Le rôle de Coriolan fut mon premier cachet d’acteur (voir plus haut), se souvient-il. même si je n’avais alors que six ou sept lignes à dire… Quelques années plus tard, je vois arriver un scénario sur mon bureau et mon agent m’explique que Ralph a tenté de me joindre à de multiples reprises. il me veut pour ce rôle. J’ai simplement pensé : « Oh mon Dieu ! » alors, ce retour dans le passé avec ce rôle de tullus aufidius, l’archer ennemi de Coriolan et leader des rebelles, c’était un cadeau des Dieux. » afin de prouver qu’il ne se prend pas trop au sérieux, il ajoute : « avant de tourner ce film, j’ai fait une voix off pour Dragons, un travail qui est complètement à l’opposé. À chaque fois qu’on me propose un rôle, je ne sais pas si je serai capable de le tenir, avoue-t-il. Je sens que je dois le faire quoi qu’il arrive parce que j’ai besoin de challenges. Vous savez, j’ai expérimenté beaucoup de vies différentes avant de devenir acteur. pour moi, c’est un boulot comme un autre et, comme dans n’importe quel autre travail, j’ai besoin de me tester, de me pousser vers l’avant et d’expérimenter des choses, afin que cela reste tout le temps intéressant. » Coriolanus sort actuellement sur les écrans. Playing the Field est prévu pour ce printemps. Machine Gun Preacher sera disponible en DVD en mars. www.machinegunpreacher.org 49



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