The Red Bulletin n°2012-02 février
The Red Bulletin n°2012-02 février
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-02 de février

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : Red Bull Stratos et Felix Baumgartner au pas de charge !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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parfaitement préparés. Ça n’est jamais une partie de plaisir quand on risque sa vie. J’essaie autant que possible de ne pas oublier à quel point ce moment est unique. Je ne retournerai plus jamais là-haut, je ne porterai plus la combinaison, ne serai plus jamais assis dans la capsule et l’équipe ne travaillera jamais plus ensemble de cette manière. Une fois sur le podium, certains champions olympiques ont été déçus parce qu’ils s’étaient imaginés ce moment encore plus beau. J’essaie d’éviter cela en appréciant chaque étape du voyage. Où serez-vous dans un an ? Réussir ce dernier grand projet est mon objectif. Cela fait 25 ans que je mets en pratique mes idées et mes visions. Soit enfermé à la maison parce que j’aurais déçu tout le monde, soit dehors pour répondre à l’appel de la foule. J’aimerais fêter les prochaines fêtes de fin d’année avec mon équipe : Joe (Kittinger) a 82 ans et l’âge moyen de mon staff est de 70 ans. C’est la famille avec laquelle j’ai passé les cinq dernières années, une famille qui, à l’évidence, ne sera pas là encore longtemps. J’aimerais louer une maison. On y mettrait un sapin, la femme de Joe nous cuisinerait une dinde, nous nous donnerions la main autour de la table et nous remercierions ensemble Dieu de nous avoir permis de mener à bien notre mission. J’espère connaître une fin heureuse et être encore en vie. Voilà ce que je voudrais. Sans vouloir imaginer le pire, si ça ne se passe comme vous le souhaitez... Vous y avez pensé ? Vous vous attendez à quoi dans ce cas-là ? J’aurais probablement un problème. Une fin de carrière sans la réussite de ce saut serait comme une maison sans porte d’entrée. Ça fait 25 ans que je mets en pratique mes idées et mes visions. Réussir ce dernier grand projet est véritablement mon objectif cette année. 14 1Joseph Kittinger Portrait 13 Mai 2009 Albuquerque/États-Unis La mode des sixties : Joe Kittinger dans sa combinaison spatiale. Credit
photo : picturedesk.com joe, fou volant À une époque où les fusées en étaient encore à leurs balbutiements, Joseph Kittinger connaît les joies de la très haute altitude. Plus d’un demi-siècle après son saut record, l’Américain reste LA référence. Texte : Herbert Völker Même à plus de quatre-vingt ans, un colonel américain reste toujours un colonel. Si son embonpoint et l’allure décontractée ont remplacé le corps affûté d’autrefois, c’est ce même mélange d’assurance et de naturel qui nourrit notre représentation de Joseph Kittinger. L’homme a atteint l’âge de la sagesse. Bientôt, on aura même le droit de l’appeler Joe. C’est alors l’occasion rêvée de lui sortir illico une de ses dizaines de milliers de citations répertoriées et des plus délurées, telle : « More guts than brains » (Plus chanceux qu’intelligent). Marque déposée ? Joe est bienveillant et nous pouvons sans crainte lui poser cette question. Il s’agit là d’une phrase sortie de son contexte. Un jour, Joe, officier pilote d’essai, postule pour un projet et son chef répond : « Approved, more guts than brains ». La remarque en dit moins sur Kittinger que sur l’époque pionnière de la navigation spatiale où l’audace remplace les incertitudes du tout là-haut, cet espace inconnu. Le plus simplement du monde, Joe Kittinger affirme qu’il est le premier homme dans l’espace avant Youri Gagarine et Alan Shepard. Rien que ça. Il admet néanmoins que la question « Où commence l’espace ? » reste un éternel débat. Pour ce qui est de la survie de l’homme, les conditions dans la stratosphère sont équivalentes à celles de l’espace. Au-delà de 19 km d’altitude, la pression atmosphérique est si faible que, sans combinaison pressurisée, l’eau dans le sang se mettrait à bouillir dans le corps. Joe est allé bien plus haut. C’est en somme un préastronaute, terme qu’il accepte bon gré, mal gré. Dans les années 50, au paroxysme de la Guerre Froide USA-URSS, les militaires américains considèrent la navigation spatiale comme étant de la science-fiction. La NASA n’existe pas encore et l’US Air Force finance ses propres expériences. Un groupe de spécialistes aspire à déterminer jusqu’où peut-on monter à condition d’y survivre un court instant. Il est nécessaire qu’il s’agisse d’un ballon dont la hauteur est hors de portée des vols réguliers. En 1957, Joseph Kittinger, « simple » capitaine à l’époque, monte à près de 30 000 m dans la stratosphère et redescend à l’aide d’un ballon. L’Amérique célèbre alors le « premier homme dans l’espace ». On salue plus ici le héros que le projet en lui-même. Six mois plus tard, les choses évoluent rapidement. Les Russes mettent Spoutnik sur orbite. Cela provoque la naissance du concept de « Menace de l’espace ». Une course à la conquête spatiale pacifique est lancée. Les États-Unis investissent des milliards dans la recherche et créent la NASA. Dans la foulée. Durant les quelques années qui suivent l’électrochoc Spoutnik et le programme Mercury initié par la NASA, l’US Air Force poursuit ses tests techniques et médicaux, histoire de résoudre la question suivante : comment l’homme va-t-il intégrer intellectuellement les menaces liées à ce monde jusque-là inconnu ? C’est dans ce contexte que le saut de Joe Kittinger du 16 août 1960 marque une étape décisive dans l’exploration de la stratosphère. Un demi-siècle plus tard, trois records tiennent toujours : le saut en parachute le plus haut (31 332 mètres), l’homme le plus rapide en chute libre (988 km/h), la chute libre la plus longue (4 minutes et 36 secondes). Ils sont désormais dans le viseur de Felix Baumgartner. Plus haut, plus long, plus rapide sans oublier de dépasser la vitesse du son que Kittinger a loupé de peu à l’époque. Pour quelles raisons ces records résistent encore ? La NASA et les Soviétiques ont poursuivi leur conquête de l’espace au moyen de fusées, histoire d’être certains d’atteindre les altitudes en question. Cependant, la stratosphère – située à la limite de l’espace – reste toujours un sujet d’intérêt important pour nous Dans les années 50, la NASA n’existe pas et l’US Air Force finance ses propres expériences. 15



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