The Red Bulletin n°2012-02 février
The Red Bulletin n°2012-02 février
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2012-02 de février

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Red Bull Media House GmbH

  • Format : (202 x 276) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : Red Bull Stratos et Felix Baumgartner au pas de charge !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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1Felix Baumgartner interview 2 JAnVier 2012 « J’ESPÈRE CONNAÎTRE UNE FIN HEUREUSE » SALZBOurG/AutriCHe À quelques mois de son incroyable épopée, Felix Baumgartner détaille dans cet entretien les secrets de Red Bull Stratos. Du procès à la préparation, élancez-vous dans le vide avec The Red Bulletin et cet étonnant Autrichien. texte : Werner Jessner Photos : Gian Paul Lozza THE RED BULLETIN : FELIX, LE PROJET Red Bull Stratos ÉTAIT AUX ABONNÉS ABSENTS PENDANT DE LONGS MOIS. QUE S’EST-IL PASSÉ ? FELIX BAUMGARTNER : Arrêtons-nous un instant sur la période qui précède l’arrêt du projet (l’action en justice concernant la paternité originelle s’est réglée à l’amiable,ndlr). En décembre 2010, nous avions procédé aux derniers essais avec combinaison spatiale. J’ai alors réalisé que j’avais un réel problème là où je m’y attendais le moins. Un problème d’ordre psychologique lié à la combinaison. J’avais du mal à la porter. Plus les jours passaient, moins ça s’arrangeait. À la fin, je ne la supportais pas plus de deux minutes ! Pouvez-vous décrire les symptômes ? La combinaison était censée être une deuxième peau. Ça n’a jamais été le cas. La perception et les mouvements sont limités. Une fois la visière fermée, le silence et la solitude sont oppressants. La combinaison devient une prison. Il ne nous est jamais venu à l’idée de faire un test préalable qui prévoit de porter la combinaison, visière fermée, pendant 5 heures, soit la durée totale de la mission. J’ai fait beaucoup de choses extrêmes dans ma carrière. Mais, à ce jour, personne, moi y compris, n’aurait pu penser que le simple fait de porter une combinaison spatiale pouvait mettre la mission en danger. Cela m’a mis dans un état de totale panique. Vous exagérez là, non ? Pas du tout, au contraire ! Lorsqu’il a fallu passer au test dans la cabine pressurisée en recréant les conditions réelles de la mission (-60° et pression atmosphérique de haute altitude) sous l’œil des caméras, du personnel de l’US Air Force et des scientifiques, j’ai compris que je n’y arriverais pas. J’étais dans l’impasse. J’avais courageusement surmonté jusque-là le prétendu obstacle de la chute libre et voilà que le mental me laisse tomber. PhoToS : GIAn PAUL LozzA, JoERG MITTER/RED BULL ConTnET PooL, WoLFGAnG LUIF, ULRICh GRILL/RED BULL ConTEnT PooL, FLo hAGEnA
1 Inconnu du grand public, Felix Baumgartner épate le monde le 15 avril 1999 lorsqu’il s’élance en tenue de ville du 88 e étage des fameuses Petronas Towers de Kuala Lumpur. Ce saut de 451 mètres constitue, à l’époque, un nouveau record du monde. 2 Le 7 décembre de la même année, Baumgartner se prend pour James Bond et s’accapare la main droite du Corcovado de Rio de Janeiro. Ce saut de 29 mètres de haut est un des plus petits pour un parachutiste. 3 Cette fois-ci, Baumgartner innove. Comme il se doit. Nous sommes le 31 juillet 2003. L’Autrichien devient le premier homme à survoler la Manche à l’aide d’ailes en carbone. Ce vol a grandement influencé le projet Red Bull Stratos. 4 Sur cette photo, Felix Baumgartner s’élance dans un trou noir et profond en Croatie. Effectué en 2004, ce saut est particulièrement dangereux car étroit. Nom Felix Baumgartner Date et lieu de naissance 20 avril 1969 à Salzbourg Résidence Salzbourg et Los Angeles Profession Pilote d‘hélicoptère et base-jumper Nom de code B.A.S.E 502 Palmarès Détenteur des records du monde des plus petits et plus grands sauts de base-jump (de 1997 à 2007) Objectif Marquer pour l‘éternité son passage sur terre avec Red Bull Stratos Du coup, au lieu de me rendre à Brooks (Texas) pour le test, je suis allé à l’aéroport et j’ai fuis l’Amérique par le premier avion. J’en ai pleuré. Ce fut le pire moment de ma vie. Jusqu’ici, j’avais toujours su affronter les problèmes. À l’évidence, cette fois, mes limites ont été atteintes. Évidemment, vous refusez d’admettre ces limites… Les nombreuses expériences réalisées lors des entraînements l’ont été dans une démarche médicale ayant pour but d’optimiser ma condition physique et améliorer ma résistance au stress. Mais bon, ça fait 20 ans que je pratique les basejumps les plus extrêmes. J’ai suffisamment fait preuve de résistance au stress sans avoir à passer des heures sur l’ergomètre. Le traitement du problème demandait donc une autre approche. J’imagine qu’elle vous a marqué dans la suite de votre préparation. De quoi s’agit-il ? Grâce au psychologue américain Mike Gervais. Il a bien cerné la problématique et m’a donné les outils nécessaires pour surmonter tout cela. En moins de deux semaines, il a réussi à me faire passer de 30 minutes sous la combinaison à pas d’heure. Ce fut ma plus grande victoire à ce jour, à savoir trouver les limites que j’ai cherchées tout au long de ma carrière. J’ai réussi avec Mike à surmonter cette peur. Même si cette phrase semble banale, je me sens plus fort que jamais. Visiblement, cela vous a fait du bien. Comment Mike Gervais s’y est pris dans le détail ? Avec l’artillerie lourde. Je devais expliquer à un fils fictif ce que Red Bull Stratos signifiait pour moi. Pas évident, mais je suis prêt à tout si cela sert mon objectif. Quand je portais le casque, je devais établir une note allant de 1 à 10 sur mon état psychique : de 1 pour « très détendu » à 10 pour « panique ». J’étais aussi équipé d’un pulsomètre. Curieusement, ma fréquence cardiaque était la même pour les notes allant de 3 à 8. C’était important d’en avoir conscience. Ensuite, nous avons analysé ma routine, laquelle consistait en une perte systématique d’appétit durant les 24 heures précédant le port de la combinaison, doublée d’une terrible angoisse. Surtout lorsque je me rendais chez Art Thompson, notre chef de mission. Mike avait travaillé par le passé avec un spécialiste des sports de combat qui éprouvait les mêmes difficultés avant de monter sur le ring. Dans sa tête, le combat était perdu avant même d’avoir asséné le premier coup. Mike m’a décrit ces mécanismes et donné les outils pour les déjouer comme il se doit. Pouvez-vous nous citer un exemple ? Car cela reste complexe pour nous simples humains... Un homme ne peut penser qu’à une seule chose à la fois. Il peut passer en un éclair d’une pensée à l’autre mais il n’en traite qu’une à la fois. Quand des pensées négatives me viennent, il faut que, mentalement, je quitte mon casque, en épelant des mots à l’envers par exemple. Rien de mystique, juste des outils qui te servent pour la vie. Mike m’a poussé à aller au bout de ma pensée : que se passerait-il si on me ligotait dans ma combinaison et que je disjoncte ? J’ai pensé que j’allais me débattre, pousser des cris hystériques jusqu’à la crise cardiaque. Faux. Quand l’énergie de l’énervement est épuisée, l’homme redevient calme et peut à nouveau penser de manière logique. Son cerveau se régénère et s’apparente à une mer Un homme peut passer en un éclair d’une pensée à une autre mais il n’en traite qu’une seule à la fois. 11



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