TGV Magazine n°157 septembre 2013
TGV Magazine n°157 septembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°157 de septembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (197 x 260) mm

  • Nombre de pages : 108

  • Taille du fichier PDF : 32,4 Mo

  • Dans ce numéro : Antoine de Caunes... retour aux sources.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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> nous avons envie de rebondir. J'ai ensuite deux heures de travail avec l'équipe d'auteurs. L'idée étant de « scripter » l'émission davantage qu'elle ne l'était, notamment la deuxième partie après les Guignols. Je veux casser complètement le côté promo, essayer d'impliquer davantage les invités, les mettre dans le jeu, leur proposer une partition. Et cela signifie beaucoup d'écriture. Quant aux chroniqueurs, qui attendaient comme des étourneaux sur une ligne électrique qu'on leur passe la parole pour parler 1 minute 30, j'ai voulu les sortir de leur rôle, que les gens se parient, s'amusent. En fait, j'ai repris un très beau jouet qu'il faut que je règle à mon goût. N'est-ce pas utopique ? Une grosse machine déjà bien huilée comme Le Grand Journal aurait pu s'opposer à une telle révolution... Au contraire, les équipes sont ravies de pouvoir bouger les lignes. Ces dernières années, la concurrence a foutu la pression à tout le monde, elle a donné le sentiment que quand tu ne vas pas assez vite tu te fais dépasser. Mais ce genre d'accélérations est artificiel, la vitesse ne devrait pas être le moteur de l'émission. Nous ne faisons pas une course. Vos horaires de fou ne vous font pas regretter d'avoir accepté ? Non ! J'ai déjà travaillé pour une quotidienne pendant sept ans, et j'ai une bonne idée de l'engagement que cela représente. Pour tout dire, je n'ai pas le temps de regretter quoi que ce soit. Le jouet qu'on me propose me semble si extraordinaire, il fait résonner tant de bons souvenirs d'excitation que je suis plongé dedans, littéralement immergé du matin au soir, de manière très obsessionnelle. L'INTERVIEW TGV magazine 8
SA CARRIÈRE EN QUELQUES DATES 1953. Naissance à Paris. 1978-1981. Présente l'émission musicale Chorus. 1987-1995. Animateur-trublion dans Nulle part ailleurs. 1989. Débuts au cinéma dans Pentimento, de Tonie Marshall. 1998. Rôle principal dans L'homme est une femme comme les autres, de Jean-Jacques Zilbermann. 2001. Réalise Les morsures de l'aube, son premier film. 2008. Réalise Coluche, l'histoire d'un mec. 2008-2012. Pour Canal+, réalise une série de documentaires sur les grandes métropoles (Londres, Tokyo, New York, Barcelone...). Depuis fin août 2013. « Anchorman » du Grand Journal. Il y a eu, après l'annonce de votre arrivée au Grand Journal, une sorte d'emballement médiatique. Oui, c'était impressionnant. J'ai eu le sentiment que je venais de signer des accords de paix en Syrie ! Tu te sens investi d'un truc énorme, alors que ce n'est qu'une émission de télé. Ça m'a sonné. Vous avez même dû à un moment vous défendre, vous justifier. Oui, je me suis d'abord retrouvé à devoir me défendre de quelque chose que je ne voulais pas faire, pour ensuite me justifier d'avoir finalement accepté de le faire ! Je me suis retrouvé à un carrefour— et cela a dû se produire deux fois dans ma vie —, avec une proposition complètement barge à laquelle, sincèrement, je ne m'attendais pas du tout. Vous ne vous y attendiez vraiment pas ? L'idée que je revienne — et pourquoi pas dans une quotidienne — avait été évoquée avec la direction de Canal+ après les Césars, c'est vrai. Mais vu mon emploi du temps, je leur ai clairement dit que ce n'était pas dans ma perspective pour la saison 2013-2014. Je me préparais depuis des mois pour un film de Roschdy Zem, Bodybuilder : 1 heure 30 de salle par jour à soulever de la fonte, à me faire mal, un régime draconien hyperprotéiné pour prendre de la masse, fondre, me dessiner... Un truc de malade ! Je fais 73 kg à la base, et je devais monter à 80 pour ensuite redescendre à 78 en perdant 2 kg de gras. Mais à la mi-juin, à trois mois du tournage, nous avons fait un état des lieux et nous nous sommes rendu compte que tout ce travail n'était pas suffisant. À côté de vrais bodybuilders, je ne faisais pas le poids. Eux prennent des produits, moi pas. Vous n'étiez pas prêt à tout pour ce rôle ? Si ! Mais arrivé à un certain âge, ton développement musculaire est tellement ralenti que si tu veux accélérer le mouvement, il faut prendre des stéroïdes. Et c'est extrêmement dangereux. La mort dans l'âme, Roschdy et moi avons décidé que cela ne fonctionnerait pas, qu'il fallait reporter le film, retourner en écriture. Et reporter, dans le cinéma, cela veut dire six mois, un an, davantage... Ce rôle était si important pour moi et l'investissement était tel que j'ai sérieusement déprimé. Je suis parti seul dans ma maison de Trouville, là où je sais que je peux avoir la paix. Je n'ai pas répondu au téléphone du week-end. Le lundi, l'information avait déjà circulé et était arrivée aux oreilles de Rodolphe Belmer, le DG de Canal. Il m'a appelé pour me proposer Le Grand Journal. Ma décision a été impulsive, comme souvent dans ce métier. La bascule totale d'existence, le temps de dire oui. Aviez-vous déjà vécu des moments identiques dans votre vie ? Non. Certains de mes films n'ont pas marché, des projets ont capoté, je suis passé à côté de certains rôles... Mais je n'ai jamais vécu un tel choc thermique en si peu de temps. Je suis passé du glacé au brûlant en une journée. La veille, j'avais envie de me pendre, j'étais vraiment déprimé ; le lendemain, j'étais le roi de Paris. C'est violent ! TGV magazine 9 Vous parlez aisément de cet état dépressif. Il y a quelques années, vous ne l'auriez sans doute pas fait. Sans vouloir présenter ce métier comme un truc particulièrement glorieux qui demande une résistance particulière, je dois admettre qu'il faut savoir se protéger, se construire une armure. Si tu ne tiens pas le coup, tu peux finir dingo ! Mais sans doute qu'en vieillissant mes défenses se sont un peu gondolées. N'importe qui à ma place aurait été très déprimé. Finalement, pourquoi ne pas dire les choses tout simplement comme elles sont ? Il y a eu quelques critiques après votre nomination, sur votre âge, notamment. Vous ont-elles blessées ? Heureusement que j'ai pris un peu de bouteille. Ça glisse aujourd'hui, alors que cela aurait pu m'atteindre il y a dix ou quinze ans. Et puis il fut un temps — mais ce n'était que de la vanne—où je me moquais moi-même de l'âge de Philippe Gildas ! Aujourd'hui, tout le monde critique tout, on sent comme une espèce de malveillance générale. Je ne veux pas rentrer là-dedans. Mentalement, j'ai toujours l'impression d'avoir la vingtaine. Le corps va bien, j'ai une bonne énergie, j'ai toujours envie de m'amuser. J'ai fait pas mal de choses : de la télé, du cinéma, j'ai joué, écrit. Ce vécu me donne une forme d'autorité et de légitimité pour Le Grand Journal. La sagesse... La sagesse, je ne sais pas, mais la distance, certainement. Je me laisse moins atteindre par les gens qui veulent me faire du mal. Vos parents étaient deux grandes figures télévisuelles. Vous avez pensé à eux avant d'accepter ? Pas sur le moment, la réponse a été trop impulsive. Mais immédiatement après, oui. >



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