TGV Magazine n°136 jui/aoû 2011
TGV Magazine n°136 jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°136 de jui/aoû 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Textuel La Mine

  • Format : (197 x 260) mm

  • Nombre de pages : 108

  • Taille du fichier PDF : 54,5 Mo

  • Dans ce numéro : Vincent Cassel, au nom du père.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L’INTERVIEW > ne serait-ce qu’un minimum, au courant de ce qui se passe, tu deviens juste une victime des infos. Du coup, quel genre d’éducation religieuse donnez-vous à vos enfants ? Je leur dis qu’il faut apprendre, connaître, comparer, tout en mettant de côté l’aspect divin. Ce que j’adore dans la religion juive, c’est les premières questions posées par le Tal - mud : est-ce l’homme qui a inventé Dieu ou est-ce Dieu qui a inventé l’homme ? Je trouve cela assez sain. Après l’expérience Mesrine, qui vous a occupé pas mal de temps, avez-vous eu du mal à enchaîner ? J’ai la faculté de zapper facilement les événements passés. J’avance, c’est aussi simple que cela. Je suis parti pour le Brésil un long moment, il y a eu ensuite l’aventure Notre jour viendra, de Romain Gavras, que j’ai produit. J’ai fait Black Swan aussi, parce que ce personnage de danseur était complè - tement différent. J’ai refusé beaucoup de rôles de gangster. J’étais lassé par cette image, je voulais passer à autre chose. Mais quand les films sont importants, tu te les coltines pen - dant longtemps. Mesrine est sorti aux États-Unis il y a huit mois, l’aventure n’est donc pas terminée. Du coup, il n’y a pas vraiment eu d’« après ». Je n’ai pas encore fini l’analyse de cette partie de ma carrière. Quel regard portez-vous, aujourd’hui, sur le jeune Vincent Cassel, époque La haine ? J’étais certainement beaucoup trop impulsif. Je le suis, d’ailleurs, encore un peu. Dans les premiers instants d’une carrière, on se donne à fond et on insuffle quelque chose d’un peu désespéré. Cela donne une certaine valeur à ce que l’on fait, même si c’est imparfait. Mais je me reconnais une qualité, je n’hésitais pas à foncer. Cela peut être cassegueule et générer plus d’erreurs, on dit parfois un tas de conneries, mais au moins on se forge sa propre expérience. Je n’ai jamais pu faire des choses qui ne me plaisaient pas. J’ai eu la chance de démarrer dans ce métier avec des films qui étaient fidèles à mes convictions artistiques. Encore aujour d’hui, je peux refuser un projet que j’ai pourtant mille rai sons d’accepter simplement parce que je ne le sens pas. Je fonctionne au feeling. Mon rôle dans Le moine, par exem ple, est encore une forme d’expérimentation. Quel - qu’un m’a d’ail leurs fait remarquer dernièrement que mes films ne sont jamais diffusés à la télé avant minuit ! (Rires.) 10 TGV magazine « MON PÈRE A ACCEPTÉ DE ME LAISSER SA PLACE SUR LE DEVANT DE LA SCÈNE. JE NE ME SUIS JAMAIS AUSSI SENTI PROCHE DE LUI QUE DEPUIS QU’IL EST MORT » Je n’avais jamais pensé à ça... Les mœurs évoluent, et La haine peut main tenant passer en prime. Mais Dobermannet Irréversible, par exemple, ne sont visibles qu’en troisième partie de soirée. Je suis le mec qui passe à minuit ! (Rires.) Excepté la polémique cannoise, que reste-t-il aujourd’hui, par exemple, d’un film comme Irréversible ? Irréversible est le meilleur film auquel j’ai participé. J’en retire une immense fierté. Gaspar Noé est un grand réalisateur, très important dans le paysage cinématographique fran çais. Il est temps que les gens s’en rendent compte. Plus jeune, vous étiez plutôt en rébellion. On a même le sentiment que vous vous êtes construit « contre » votre père... Disons que j’ai très vite eu envie de me dissocier de lui. Pas de le renier, au contraire. J’étais en rejet tout étant très pro - che de lui. En fait, ce n’est pas à mon père que je voulais plaire, et cela n’a rien à voir avec l’amour que je lui portais. Je devais juste séduire d’autres personnes, être crédible. Cela a commencé avec La haine. Je voulais que les mecs de la cité me reconnaissent, m’acceptent. Mais l’avis de mon père, j’avais oublié de m’en soucier. Sa mort, il y a maintenant quatre ans, a-t-elle eu une influence particulière sur votre carrière ? Évidemment. Et sur ma vie. Cela relativise ta propre existence et dédramatise ta propre mort. C’est comme une naissance. Tout à coup, tu te vois au milieu de la chaîne, tu aperçois la finalité, tu es le prochain sur la liste. Ça change tout. Le moment où tes parents disparaissent, c’est comme si tu les laissais ressurgir en toi. Tout ce que tu as refusé d’eux, tu finis par l’accepter, car ils sont partis. Je prends conscience de la chance que j’ai eue. Mon père avait une véritable âme d’acteur, ce métier était tout pour lui, mais il a accepté de me laisser sa place sur le devant de la scène. Je ne me suis jamais senti aussi proche de lui que depuis qu’il est mort. OLIVIER BOUCREUX



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