Terre Information Magazine n°306 jui/aoû 2019
Terre Information Magazine n°306 jui/aoû 2019

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
# TERRE D’HOMMES PORTRAIT Il pourrait parler pendant des heures, de ses tests et de son domaine d’expertise. Officier de marque à la STAT, le CBA Guillaume expérimente mines, explosifs, équipements EOD et robotique terrestre. Ses conclusions concourent aux évolutions des matériels. Rencontre avec un avant-gardiste. 36 # Juillet/Août 2019 - TIM 306 CBA GUILLAUME Expérimentateur de génie Texte  : CNE Maude DEGRAEVE – Photos  : Didier DUPUIS/STAT ACCROCHÉ À L’UN DES MURS de son bureau, un disque noir d’environ un mètre de diamètre. « Un »passmu» », précise le chef de bataillon Guillaume. Comprendre  : passe-muraille. Contrairement aux cadres et fanions qui ornent la pièce, cette décoration ne rappelle pas un moment passé de la carrière du commandant, mais bien ses travaux actuels. Officier de marque sur les mines, explosifs, EOD et robotique terrestre à la Section technique de l’armée de Terre (STAT), il suit les programmes et appuie leurs développements. « C’est une sorte de mariage à trois entre l’armée de Terre, l’industriel et la Direction générale de l’armement pour obtenir la production de systèmes d’armes adaptés aux exigences des forces », explique-t-il. Guillaume réalise plusieurs étapes indispensables à l’adoption d’un nouveau matériel  : EVTO 1, expérimentations et rapports. « Avec les sous-officiers de mon groupe, nous testons le matériel de manière poussée pour trouver ses limites. Nous avons une très grande liberté. » Malgré l’application de règles de sécurité, l’officier bénéficie d’une marge de manœuvre unique et propre à sa fonction. « Par exemple, l’industriel préconise d’être à une distance minimum de 25 mètres lors de la déflagration du passmu. Mais la règlementation militaire impose une distance de plusieurs centaines de mètres, explique l’officier de marque. Pour les tests, je suis obligé de passer outre. Cette liberté nécessite une rigueur professionnelle sans faille. » Finalement, plusieurs tests sont réalisés en plaçant un détecteur de blast à différentes distances avant que l’expérimentateur se place lui-même à seulement 30 mètres. « Quelques temps plus tard, nous avons fait exploser cette munition d’effraction en présence du major général de l’armée de Terre. Il valait mieux être sûr du résultat… », s’amuse-t-il. DES DOMAINES TRÈS TECHNIQUES « J’adore mon métier. En dehors du commandement et des Opex, c’est le meilleur poste que j’ai tenu ! », s’enthousiasme Guillaume. Lorsqu’il s’engage en 1996, son DEUG de sciences et structure de la matière en poche, celui qui rêvait de devenir pilote de chasse, se dirige vers l’Aviation légère de l’armée de Terre. Après quatre ans comme mécanicien sur hélicoptères de combat, il passe le concours de l’EMIA 2. Il décide alors de changer de voie et rejoint le 13 e régiment du génie. « J’aime les domaines très techniques. C’est pour cette raison que le génie m’a attiré », explique-t-il. Il y effectue ses temps de chef de section, d’officier adjoint et de commandant d’unité en compagnie de combat. « Après mon temps de commandement, je ne savais pas vraiment quoi faire. Mais j’ai rapidement pris
conscience qu’être officier traitant n’était pas pour moi », avoue-t-il. Tout change lors d’une mission en Côte d’Ivoire. « J’ai relevé un officier qui m’a fait découvrir la STAT. Mon choix était fait, je voulais être affecté à Satory. » PATIENCE ET TÉNACITÉ Dès l’obtention de son diplôme technique »sciences de l’ingénieur», il rejoint le groupement »mobilité agencement terrestre» et s’attache depuis à faire évoluer les futurs équipements du génie. « Si un matériel n’est pas en adéquation avec nos besoins, je rédige un rapport détaillé expliquant ce qui ne nous convient pas », poursuit-il. Le chef de bataillon n’a pas qu’un rôle d’expérimentateur. Il réalise un important travail de rédaction, effectue la veille technique de son domaine, suit les actions des industriels au profit des primo-formateurs et peut être amené à faire découvrir le nouveau matériel aux unités déployées en opérations. Après quatre ans à la STAT, Guillaume est reconnu comme un Un mur en béton, perforé par le passmu. expert de son domaine. Sans routine possible, le commandant travaille sur une trentaine de programmes différents. « Il faut parfois faire preuve de ténacité et de patience pour faire évoluer les matériels », reconnaît l’expérimentateur. Une information de dernière minute tombe  : un composé chimique du passe-muraille doit être changé pour obtenir l’homologation. Pour Guillaume, cela signifie de nouveaux tests et de nouveaux rapports, afin qu’un jour les régiments du génie soient dotés de ce matériel qu’il expérimente, pour sa part, depuis plusieurs années. n 1 Évaluation technico-opérationnelle. 2 École militaire interarmes. Le chef de bataillon Guillaume installe le passmu sur un mur en briques. « Nous testons le matériel de manière poussée pour trouver ses limites » TIM 306 - Juillet/Août 2019 # 37



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 1Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 2-3Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 4-5Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 6-7Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 8-9Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 10-11Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 12-13Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 14-15Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 16-17Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 18-19Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 20-21Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 22-23Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 24-25Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 26-27Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 28-29Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 30-31Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 32-33Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 34-35Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 36-37Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 38-39Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 40-41Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 42-43Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 44-45Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 46-47Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 48-49Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 50-51Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 52-53Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 54-55Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 56-57Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 58-59Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 60-61Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 62-63Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 64-65Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 66-67Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 68-69Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 70-71Terre Information Magazine numéro 306 jui/aoû 2019 Page 72