Terre Information Magazine n°253 avril 2014
Terre Information Magazine n°253 avril 2014

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
46. Chaque année, dans l’océan Indien, les deux unités du service militaire adapté de la Réunion et de Mayotte forment et apportent leur contribution à l’effort national en insérant des jeunes en difficulté professionnelle. Texte  : CNE Eloïse ROSSI• Photos  : ADC Gilles GESQUIÈRE Au cœur de Grande- Terre, le bataillon du service militaire adapté de Mayotte (BSMA) est implanté sur la commune de Combani. Grâce à son taux d’insertion de 83%, cet organisme de formation professionnelle au profit de la jeunesse mahoraise connaît la plus forte montée en puissance des sept unités du SMA 1 basées outre-mer. Les familles encouragent leurs enfants à rejoindre le bataillon reconnu TIM 253 — AVRIL 2014 VIE DES UNITÉS Découvrir LE SMA comme une institution de qualité. « On voit des débardeurs floqués « SMA » partout sur l’île. Certains anciens stagiaires conservent même leur béret chez leur employeur, par fierté », constate le capitaine Paoletti, officier supérieur adjoint du BSMA. Une fierté qui peut être partagée, alors que le travail clandestin est un vrai problème dans le 101 e département français. La langue locale n’est pas le français, mais le chimahorais. Les bouanis, femmes mahoraises, s’appliquent un Exercice pratique à l’atelier petits engins au RSMA-R. DANS L’OCÉAN INDIEN masque de beauté traditionnel sur le visage, qu’elles arborent fièrement toute la journée. Les brochettis enfumés, restaurants locaux implantés au cœur des bangas, proposent, en plat unique, des assiettes de fruits péi frits et des grillades de viande marinée. Un festin pour quelques euros... SE DONNER UNE CHANCE Sur le camp de Kwalé, les volontaires stagiaires effectuent la partie terrain de leur formation militaire initiale. Abrités sous un
long carbet, ils se prêtent à un jeu de rapidité  : le démontage et le remontage du Famas. « Je n’ai pas obtenu mon baccalauréat professionnel en filière mécanique, alors je suis parti en métropole et j’ai travaillé chez un concessionnaire, à Angoulême. À la fin de mon contrat, j’ai décidé de rentrer et de me donner une chance avec le BSMA. Mon frère aîné a passé 15 ans à l’armée, puis est revenu à Mayotte, où il a retrouvé du travail rapidement. C’est un exemple pour moi », confie le marsouin Chafy Hamada, particulièrement attentif au défi que se lancent deux camarades devant lui. Le lagon de Mayotte accueille la seule et unique filière aquacole du SMA. Au large de la plage de M’hila, des cages immergées dans l’océan au centre d’une plateforme flottante, recensent près de 2 000 ombrines, ce poisson tropical des Caraïbes. Une dizaine de 11 Nous côtoyons les employeurs, prospectons et démarchons des entreprises. Nous demandons des devis et achetons du matériel. C’est très intéressant. » CCH Frédéric Marcheau, adjoint du chef de section mécanique. volontaires stagiaires observent les mouvements concentriques des granules jetés dans les viviers. « Nous devons nourrir les ombrines plusieurs fois par jour selon leur maturité. Nous recevons des alevins de trois mois et 10 grammes qui peuvent mesurer plus de 60 centimètres à l’âge adulte », explique le caporal-chef Jonathan Gisselbrecht, engagé volontaire du SMA, diplômé d’un master en aquaculture. Ce militaire de 27 ans d’origine alsacienne reconnaît sa chance de servir dans ce domaine. « J’ai habité Mayotte pendant cinq ans lorsque j’étais enfant. Je me suis engagé à Nouméa, lassé de travailler chez un patron. Quand on m’a proposé ce poste, je n’ai pas hésité. Je suis le seul militaire à détenir cette spécialité et je peux transmettre ma passion », déclare-t-il, ravi, avant de plonger au fond du bassin pour vérifier l’état des filets. Responsables de la rédaction des référentiels de formation, ces spécialistes comme lui sont garants de la qualité de l’enseignement. Cadre, lui aussi, dans la filière aquaculture, le caporal-chef Didier Ferrara, a un tout autre parcours. « J’ai participé à l’ouverture du théâtre au Mali en janvier 2013 et, quelques mois plus tard, j’ai découvert la mission au sein du SMA. C’est faire le grand écart que de passer d’une compagnie de combat à la filière aqua, ironise-t-il. Je découvre ici un bureau, un ordina- 1 On compte six régiments du service militaire adapté, basés en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Le septième, celui de Mayotte est appelé bataillon, car composé de trois compagnies seulement. Voir TIM n°252 Le SMA, Soldats d’après. 2 Désigne les maisons traditionnelles précaires en tôle ondulée où habitent la majorité des Mahorais. 3 Du pays..47 Cours de mécanique auto pour les stagiaires de la section logistique. teur et, surtout, je suis adjoint de la section. J’ai beaucoup de responsabilités et mon passage en régiment me permet de bien encadrer les jeunes. Le mois dernier, l’adjudant était absent, j’ai donc pris le commandement de la section. » L’affectation en SMA est souvent considérée comme un moment de remise en condition physique et familiale, véritable pause opérationnelle. « Nous avons plus de liberté d’action. Nous côtoyons les employeurs, prospectons et démarchons des entreprises. Nous demandons des devis et achetons du matériel. C’est très intéressant », confie, à son tour, le caporal-chef Frédéric Marcheau, adjoint du chef de section mécanique. LE RÉGIMENT PÉI Avec neuf pôles de formation et 32 filières, le régiment du service militaire adapté de La Réunion (RSMA-R) est la plus importante des sept unités d’outre-mer, avec plus de 1000 volontaires stagiaires et près de 300 volontaires techniciens par an. « Quel que soit l’endroit, la TIM 253 — AVRIL 2014



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 1Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 2-3Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 4-5Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 6-7Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 8-9Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 10-11Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 12-13Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 14-15Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 16-17Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 18-19Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 20-21Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 22-23Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 24-25Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 26-27Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 28-29Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 30-31Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 32-33Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 34-35Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 36-37Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 38-39Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 40-41Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 42-43Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 44-45Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 46-47Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 48-49Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 50-51Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 52-53Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 54-55Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 56-57Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 58-59Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 60-61Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 62-63Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 64-65Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 66-67Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 68-69Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 70-71Terre Information Magazine numéro 253 avril 2014 Page 72