Terre Information Magazine n°251 février 2014
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48. vie des unités Découvrir [Les 20 ans de la CABAT] Poursuivre la route ensemble Le 17 décembre 2013, aux Invalides, ont été célébrés les vingt ans de la cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre (CABAT) au cours d’une cérémonie présidée par le général d’armée Ract Madoux, chef d’état-major de l’armée de Terre. L’occasion de rappeler l’importance que l’institution accorde à ses soldats blessés, à leurs familles et à celles des militaires décédés en opération ou en service. Texte  : CNE Sabine FOSSEUX• Photos  : ADC Jean-Raphaël DRAHI tim 251 — février 2014 Je me suis rendue compte que je n’étais pas seule. » Ces mots du lieutenant Claire Jaulmes, blessée en service en 2011, résument bien le rôle de la CABAT, mise à l’honneur à l’Hôtel national des Invalides, haut lieu qui accueille, depuis trois siècles, les soldats blessés. À l’issue de la prise d’armes, l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées 1, puis M. Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, ont eux aussi souligné l’œuvre essentielle accomplie par la cellule. Essuyer les plâtres L’histoire de la CABAT, ce sont vingt ans d’engagement de l’armée de Terre en opération exté- Le personnel de la CABAT, réuni aux Invalides. rieure ou sur le territoire national. Créée en septembre 1993 par le général d’armée Monchal, CEMAT de l’époque, la CABAT a dû très rapidement faire face à l’afflux de blessés du théâtre bosniaque. Le général (2S) Saint-Macary, alors adjoint communication du général Guignon, gouverneur militaire de Paris, se souvient d’avoir essuyé les plâtres. « Au sens propre comme au sens figuré, plaisante-t-il. Quand la CABAT a vu le jour, nous n’avions même pas de locaux. Il a fallu improviser, et vite. » Entre 1993 et 1994, près de 200 dossiers ont été montés. Sous les ordres du général Saint-Macary, le lieutenant-colonel (ER) Quesney, 1 Remplacé par le GA de Villiers depuis le 15 février.
alors commandant, chef de la toute nouvelle CABAT, raconte que « rien n’était de trop pour les blessés. L’une des priorités était de leur apporter l’assurance d’un soutien rapproché de l’armée de Terre. L’accueil et l’hébergement des familles, venues à leur chevet à Paris, faisaient déjà partie des actions majeures de la CABAT. » En septembre 1993, la cellule ne comptait que cinq personnes. Il fallait définir ses missions, asseoir sa légitimité et convaincre ses différents interlocuteurs  : service de santé des armées, services sociaux, hôpitaux, L'Quand la CABAT a vu le jour, nous n’avions même pas de locaux. Il a fallu improviser, et vite. » Général (2S) Saint-Macary. régiments, service des pensions, etc. L’organisme, n’ayant pas de budget propre, menait des actions au coup par coup. « Le soutien du général Guignon était exceptionnel. Il avait lui-même été blessé deux fois en service. Il avait même été laissé pour mort sur le terrain », souligne le général Saint-Macary. Aujourd’hui, c’est le lieutenantcolonel Thierry Maloux qui est le chef de la CABAT. Cette cellule qui fait sa fierté est toujours sur la brèche  : « Ces trois dernières années, nous avons eu à gérer des soldats lourdement blessés par des engins explosifs, ou atteints de blessures psychologiques. Pour fonctionner, nous nous appuyons notamment sur Terre fraternité, qui a une grosse force de frappe, financière notamment. Et c’est indispensable pour nous. » Depuis 2011, les familles de nos camarades décédés sont elles aussi prises en charge. Leçons de vie Ces vingt années d’histoires personnelles, douloureuses, ont aussi été celles de belles leçons de vie. L’ancien caporal-chef Marius Nowakowski, du 2 e régiment étranger de parachutistes, a été grièvement blessé à Sarajevo en 1993. Il a été amputé de sa jambe gauche et a passé plusieurs mois à l’hôpital. C’est le premier blessé à avoir été pris en charge par la CABAT. Il était présent pour célébrer cet anniversaire plein de sens pour lui  : « Je suis d’origine polonaise. Alors quand j’ai été blessé puis hospitalisé pendant de longs mois, j’ai pu apprécier le soutien de la CABAT qui me rendait visite, et s’occupait des visites de ma famille. C’était tellement rassurant d’être soutenu, de ne pas se sentir seul ! » À sa sortie d’hôpital, Marius a choisi de quitter la Légion. Mais il s’est isolé et, en 2009, il a Prise d’armes pour les vingt ans de la CABAT, dans la cour d’honneur des Invalides. Quelques chiffres.49 décidé de faire à nouveau appel à la CABAT. « J’ai été entendu  : la CABAT a contacté la Légion, qui m’a offert un poste de responsable des abonnements à Képi blanc, en tant que civil. » Vingt ans plus tard, le caporal Sofiane Benhamed, du 11 e régiment d’artillerie de marine, blessé par balle au Mali en février 2013 et amputé de la jambe droite endessous du genou, tient à souligner le rôle primordial du référent, ce membre de la CABAT qui suit personnellement son dossier, et qu’il peut joindre à tout moment. l Durant ces vingt années, cette tour de contrôle a toujours permis à chacune et chacun de retrouver une place dans l’institution et dans la société. Ce sont aujourd’hui 20 militaires et civils qui suivent les blessés à court, moyen et long terme. La CABAT coordonne ainsi le processus d’entraide, depuis la prise en charge médicale jusqu’à la réinsertion ou la reconversion, en intégrant les domaines juridiques, de l’action sociale et des ressources humaines. Depuis 1993, 8 550 blessés ont été accompagnés. À l’heure actuelle, 847 le sont toujours, mais aussi 52 veuves et plus de 193 orphelins. tim 251 — Février 2014



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