Terre Information Magazine n°250 déc 13/jan 2014
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26. ACTUALITÉS En direct Soldat du DAO de la force SERVAL en tape arrière d’un VAB.lll bataillon malien, et donne ses premiers conseils. « Les Touaregs sont un peuple méfiant. Nous allons croiser beaucoup de campements improvisés, à proximité des points d’eau, pour faire paître le bétail. Il faut s’arrêter dans chaque village, se présenter, s’enquérir de leur situation sécuritaire, mais aussi contrôler les véhicules que nous croiserons. Quant à vous, mon colonel, laissez partir en patrouille vos capitaines. En restant ici, vous êtes le point central, en mesure de donner les ordres et d’organiser les coups de sonde », insiste-t-il. Certaines zones ne sont pas franchissables par temps de pluie. Avec les inondations et les tempêtes de sable, la perte de repère est monnaie courante sur un territoire en évolution permanente. Cette mission est aussi l’occasion de réactualiser les cartes et de rayonner dans une zone éloignée des grands axes de circulation. Certains n’ont pas vu de militaires depuis des années. « Mais il ne faut pas se fier au calme apparent. Nous devons rester vigilants lors des haltes et des déplacements. En cas d’accrochage, cela nous sauvera », poursuit le CBA David. Le lieutenant-colonel Samaké, commandant le bataillon, est sur ses gardes. Il porte fièrement son TIM 250 — DÉCEMBRE 2013 - JANVIER 2014 Organiser une opération sur du long terme est encore quelque chose de nouveau pour eux. C’est important de bien les guider dans les procédures. » CNE Olivier, détachement d’appui opérationnel Prise de contact avec des touaregs par le personnel du détachement d’appui opérationnel de la force SERVAL et les militaires maliens du bataillon Elou. brassard bleu des FAMA, badine en bois sculpté à la main. Sur son béret vert, l’insigne avec la devise du pays « Un peuple, un but, une foi ». « Le risque, c’est que les terroristes nous échappent en se fondant dans la population. Leurs techniques sont la dissimulation et la fuite devant l’arrivée des forces militaires », analyse-t-il. Reconnaître les pistes, les zones sablonneuses, les roches coupantes infranchissables, les différents puits d’eau potable. Les patrouilles se poursuivent sous le regard des experts du DAO. Au détour d’une dune, un campement apparaît. Au ras du sol, des tentes sont dressées. En tape arrière de son VAB, le capitaine Olivier, chef d’équipe de liaison, commente  : « Ce bataillon a vraiment le souci de bien exécuter la mission. Il recherche notre approbation et nos encouragements. Ils sont encore très académiques, mais organiser une opération sur du long terme est encore quelque chose de nouveau pour eux. C’est important de bien les guider dans les procédures. » Sous les toiles en cuir de zébu, des nomades tamasheq accueillent les soldats maliens. Drapés dans des voiles bleus vif, ils invitent ces visiteurs armés à prendre place sous l’ombre de leurs tentes. Après les bénédictions
4 De l’anglais Quick Reaction Force, désignant la section d’alerte en base arrière. Notre direction ne doit pas être lisible et nous devons pouvoir basculer à tout moment dans la direction opposée, pour maintenir l’adversaire dans l’incertitude. » LCL Jean-François, chef opération GTIA Korrigan d’usage, le dialogue s’engage. Le même jour, à Tessalit, un attentat suicide a visé la MINUSMA. La menace persiste. NOMADISATION TOURBILLONNANTE À une centaine de kilomètres de là, au nord du fleuve Niger, la force SERVAL s’est déployée. Pour mener cette opération de contrôle de zone, les Français ont engagé des moyens importants avec 500 soldats sur le terrain, jusqu’à 12 hélicoptères et près de 150 véhicules. Sur une surface de 28 000 km², leur mission consiste à rechercher des caches d’armes et à neutraliser les groupes armés terroristes, en s’appuyant sur une base opérationnelle avancée tactique (BOAT) située dans le désert. « Nous agissons par nomadisation tourbillonnante, explique le lieutenant-colonel Jean- François, chef opération du groupement tactique interarmes Korrigan (GTIAK). Notre direction ne doit pas être lisible et nous devons pouvoir basculer à tout moment dans la direction opposée pour maintenir l’adversaire dans l’incertitude. LA BOAT OU BASE OPÉRATIONNELLE AVANCÉE TACTIQUE.27 Comme une action en mer, cette vaste étendue est comparable à un désert océanique. Nous faisons tournoyer les sous-groupements avant de les renvoyer vers une cible. La BOAT est alors notre port d’attache. » Le défi est de préserver la mobilité tactique, l’autonomie logistique et la capacité à exploiter toutes les opportunités du GTIA K, sur une zone d’action aussi grande que la Bretagne, en combinant les moyens aéroterrestres. Des découvertes prouvent que la zone est occupée de façon irrégulière. Munitions, fûts de carburant et postes de combat déserts jalonnent la progression. « Entre Bamba et Tombouctou, nous tournons autour de leurs caches, constate le chef opérations. Nous devons mettre un coup de pied dans la fourmilière. Ici, la route des puits ravitaille aussi en eau et en carburant les groupes armés terroristes. » Sur le point Oscar 3, un escadron de cavalerie du 1er régiment de hussards parachutistes est parti en reconnaissance. Une demande de renfort tombe. Il faut envoyer la QRF 4. Une quinzaine de soldats de la section de l’adjudant Yannick se prépare à embarquer dans deux Puma pour rejoindre la zone. « Nous avons une heure pour sécuriser le point, annonce-t-il à ses hommes. Nous coiffons le village, ensuite le génie arrive pour la fouille et nous, on décroche. » En vol tactique, les deux Puma escortés par deux Gazelle s’élancent et rasent la lande sablonneuse, dispersant les troupeaux de zébus. Appuyés par la cavalerie, les fantassins débarquent et sécurisent le village. C’est un axe d’infiltration où beaucoup de mouvements suspects ont été repérés. La population nomade coopère, mais continue de se taire. Toutefois le message passe. Les terroristeslll « La BOAT permet de se projeter et de rayonner à partir d’un point. Nous devons nous porter là où l’ennemi évolue. Être sur le même terrain laa rAh s all 451 KrLW que lui. » C’est sur ce constat du chef de conduite des opérations la !. It I 4. `s4 i que s’est fondée la mise en œuvre de la base opérationnelle avancée tactique. À plus de 100 km de Gao et en plein désert, cette BOAT lo permet d’accueillir de façon temporaire le groupement aéromobile, le groupement tactique Korrigan et un détachement logistique.%.* « Nous avons les contraintes de la vie quotidienne avec la gestion des feuillets et le traitement des ordures. Mais en zone d’insécurité notre priorité est la défense de la base. Chaque départ de véhicule ou d’hélicoptère complète la surveillance par des comptes rendus.1 sur les activités environnantes », explique le capitaine Nicolas, responsable de l’implantation. En zone hostile, cette sécurisation relative du camp permet à la force de s’installer en moins de 3 jours et de mener des opérations ponctuelles sur du court terme. Vue aérienne de la base opérationnelle avancée tactique. TIM 250 — DÉCEMBRE 2013 - JANVIER 2014



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