Terre Information Magazine n°248 octobre 2013
Terre Information Magazine n°248 octobre 2013
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°248 de octobre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 19,9 Mo

  • Dans ce numéro : haute surveillance dans la région méditerranéenne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 68 - 69  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
68 69
08. Information post-OPEX organisée durant le sas de fin de mission. DOSSIER TIM 248 — DOSSIER — OCTOBRE 2013 LE SOUTIEN PSYCHOLOGIQUElll rades. « Heureusement, les gens sont assez ouverts, reconnaît le sous-lieutenant Astrid Steiner, psychologue. Au sein des groupes, il y a souvent un élément moteur qui va créer une dynamique de parole, nous permettant de rebondir et de faire que les langues se délient peu à peu. » Il est possible de préférer au débriefing collectif, un entretien seul à seul avec le psychologue, pour évoquer des choses plus personnelles. Au retour d’Afghanistan, 3% des transitaires au sas étaient demandeurs d’un entretien individuel. Ils sont désormais plus de 4% à le solliciter au retour du Mali. SENSIBILITÉ DIFFÉRENTE « Pour SERVAL, ce qui ressort beaucoup, c’est la rusticité des conditions de vie, caractéristique d’une ouverture du théâtre, continue le sous-lieutenant Steiner. C’est un aspect qui a beaucoup atteint le moral des troupes. Mais c’est paradoxalement quelque chose dont les gens sont fiers et qui a été gage d’une grande cohésion au cours du mandat. Les ʺdébriefsʺ ont été, pour beaucoup, l’occasion de se remercier mutuellement des comportements des uns et des autres. » Au sas, les psychologues sont disponibles en permanence pour les personnes désireuses d’évoquer des événements potentiellement traumatisants. Mais contrairement aux idées reçues, le stress post-opérationnel n’est pas uniquement lié à la prise de risque sur le terrain ou à la confrontation à la mort. « Chaque militaire adopte une sensibilité différente face à un événement ou un contexte difficile, précise le chef de bataillon Frère, psychologue. Par exemple, une charge de travail excessive dans des conditions sécuritaires médiocres et couplée à un manque de reconnaissance du travail effectué, cela peut aussi faire de gros dégâts chez les personnes. » ALLÉGER LE CORPS ET L’ESPRIT Au rez-de-chaussée, la porte d’une salle de conférences se referme. « Allongez-vous confortablement. Vous pouvez fermer tranquillement les yeux, vous mettre à l’écoute de votre respiration. Prenez conscience de votre position allongée, de votre schéma corporel. Ressentez chaque point de contact avec le sol… » C’est par ces mots, énoncés avec une tonalité lyrique, que le moniteur en techniques d’optimisation du potentiel (TOP) lance la séance de relaxation. Dans cette grande pièce, la moquette est moelleuse et la lumière tamisée, rendant l’atmosphère apaisante. Au son de la voix basse du major David Bernard, cinq minutes s’écoulent et les premiers ronflements se font entendre. « Les gens se laissent aller facilement dès cette première séance qui est entièrement dédiée à la relaxation de la tête aux pieds, pour se sentir plus léger de corps et d’esprit, explique-t-il. Demain, ce sera une séance de relaxation posturale axée sur la respiration. On a constaté qu’au retour du Mali, les gens avaient, pour la plupart, très mal au dos, en raison des marches et des nuits sur lits picots pendant plusieurs mois. Nous faisons donc un effort sur ces exercices qui permettent de décontracter la ceinture lombaire. » Une troisième séance, bâtie sur la technique du « contracté/relâché » musculaire, aura lieu le dernier jour, en extérieur, face à la mer. Des gestes simples et à la portée de tous, faits pour être reproduits individuellement de retour chez soi. De manière flagrante, au bout de 24 heures, les visages semblent plus relâchés. Sur la terrasse du restaurant, l’ambiance est plus joviale, même si le Mali continue d’alimenter certaines conversations. Sur l’escalier qui mène à la plage, deux militaires en tongs remontent vers l’hôtel. Chacun ici profite, à sa manière, des nombreux moments libres prévus dans l’emploi du temps. « On doit vite se sécher pour aller à la séance d’info post-OPEX », lance l’un d’eux. Rendez-vous dix minutes plus tard à l’étage, dans l’une des salles de réunion. L’adjudant-chef Freddy Campagne, chef du
« Au sein des groupes, il y a souvent un élément moteur qui va créer une dynamique de parole, nous permettant de rebondir et de faire que les langues se délient peu à peu. » SLT Astrid Steiner, psychologue. bureau environnement humain au 511 e régiment du train, accueille la vingtaine de transitaires pour ce passage obligé du sas. PRÉVENTION Sur la base de questionnaires remplis au préalable par les membres du groupe, le conseiller facteur humain délivre une information sur les risques comportementaux du retour à la vie civile, après une longue absence et une exposition au stress opérationnel. « Je vous préviens, ce n’est pas parce qu’on est habillé en kaki qu’on est des « Supermans » », commence-t-il. Son franc-parler et sa faculté à mettre des mots simples sur des maux compliqués instaurent une confiance palpable avec son auditoire. Pendant près d’une heure, il va sensibiliser les soldats sur les différentes questions liées à la fin de l’OPEX et au retour dans le quotidien, au régiment ou en famille. « Ici, j’ai la chance de côtoyer les psychologues et de voir leur travail, confie l’adjudantchef Campagne. Lors de ma formation de cinq semaines, j’ai effectué un stage dans le service psychiatrique d’un hôpital militaire. Avoir été confronté à la détresse humaine me motive encore plus aujourd’hui à faire ces séances de prévention. Je leur dis notamment que s’ils ne se sentent pas concernés, ils ont le devoir de l’être s’ils croisent un chef ou un subordonné qui ne va pas bien. » De fait, même si chacun est souvent ébloui par le bonheur du retour d’opération, il serait dommage de ne pas voir celui, semé d’embûches, d’un camarade. RETEX LE CFIM, UNE FORMATION TITRE 22 L’ÉVOLUTION DU DISPOSITIF.09 Face au retour à un degré d’engagement opérationnel ne nécessitant plus le même niveau de mesures, le sas de Paphos a été mis en sommeil cet été. Cette mesure ne remet pas en cause le principe de prévention et de prise en charge des troubles psychologiques des militaires. Jusqu’à la fin de l’année, il peut être réactivé si nécessaire. Un dispositif de substitution de sas « OPEX », réversible, est à l’étude pour l’après 2013. CONDITIONS D’EFFICACITÉ Durée  : ni trop court (pas d’apaisement) ni trop long (ennui). Être une transition  : pas de familles, lieu neutre. Permettre l’apaisement individuel et collectif  : reprise d’une vie « civile » possible, environnement sécuritaire constituant une transition entre les zones de combat et la France. TIM 248 — DOSSIER — OCTOBRE 2013



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 1Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 2-3Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 4-5Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 6-7Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 8-9Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 10-11Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 12-13Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 14-15Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 16-17Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 18-19Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 20-21Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 22-23Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 24-25Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 26-27Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 28-29Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 30-31Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 32-33Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 34-35Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 36-37Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 38-39Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 40-41Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 42-43Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 44-45Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 46-47Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 48-49Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 50-51Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 52-53Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 54-55Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 56-57Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 58-59Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 60-61Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 62-63Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 64-65Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 66-67Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 68-69Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 70-71Terre Information Magazine numéro 248 octobre 2013 Page 72