Terre Information Magazine n°245 juin 2013
Terre Information Magazine n°245 juin 2013
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°245 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 23,1 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur l'école nationale des sous-officiers d'active.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56. vie des unités Se souvenir [Somalie 1993] Les balles de Mogadiscio En 1993, au cours de l’intervention des Nations unies en Somalie, un contingent français est appelé en renfort dans la capitale en proie à de nombreux incidents. Il va se retrouver au cœur de combats d’une rare intensité. Textes  : LTN Maxime SIMONNOT-VIRBEL• Photos  : ECPAD Ci-dessus  : un VAB du contingent français déployé à Mogadiscio. tim 245 — juin 2013 3 décembre 1992. La Somalie, sans gouvernement depuis presque deux ans, est économiquement en chute libre. La famine décime la population déjà anéantie par des luttes claniques. Le conseil de sécurité de l’ONU vote la résolution 794 pour l’envoi d’une force (ONUSOM) afin de rétablir la paix. Les États- Unis dirigent l’opération RESTORE HOPE 1, à laquelle la France participe avec un détachement nommé ORYX, principalement issu des forces prépositionnées à Djibouti. Pendant plusieurs mois, le contingent contribue efficacement au rétablissement du calme et aux actions humanitaires dans sa zone de responsabilité. 13 avril 1993. L’opération passe sous commandement de l’ONU. Engagée sur plusieurs théâtres d’opérations 2, la France réduit ses effectifs militaires déployés dans la corne de l’Afrique. La zone de responsabilité du bataillon interarmes de Somalie (BIAS) s’étend désormais sur plus de 70 000 km² au centre du pays. Le BIAS englobe également un bataillon marocain, un groupement d’infanterie motorisée et un escadron grec d’automitrailleuses. Pendant trois mois, l’aide humanitaire s’organise dans les provinces somaliennes. Mais dans la capitale Mogadiscio, les milices du général Aydiid 3, sont toujours très actives et continuent de dégrader les conditions sécuritaires. Embuscades 5 juin. La tension monte d’un cran. 24 Casques bleus pakistanais sont tués dans deux embuscades en plein cœur de la ville. Le commandant des forces de l’ONU demande l’envoi d’un renfort français. Un sous-groupement blindé motorisé (cf. encadré) est dépêché sur zone. Il est placé sous les ordres du colonel Pierre de Saqui de Sannes,
chef de corps du 5 e régiment interarmes d’outre-mer de Djibouti (5 e RIAOM). 12 juin. Les hommes sont arrivés depuis deux jours dans la capitale. Les missions s’enchaînent  : investigations, évacuation de ressortissants, escortes. Les sorties quotidiennes permettent de créer une véritable cohésion dans cette unité hétérogène. Les soldats apprennent à se connaître et sans le savoir, vont passer une semaine à s’entraîner sur le terrain même des combats qu’ils s’apprêtent à mener. 16 juin. Une opération se prépare. Le but  : fouiller le QG d’Aydiid et, si possible, le capturer. Le colonel reçoit l’ordre de se placer le lendemain, dès l’aube, en couverture non loin du marché de Bakara, dans une zone très fréquentée. Les Français devront être en mesure de soutenir les contingents marocains et pakistanais, chargés d’investir l’objectif. 1000 soldats américains, embarqués sur des bâtiments au large de la ville, sont également prêts à intervenir. Boucliers humains 17 juin, 5h. Le sous-groupement se déploie sur l’avenue du 21 octobre. Les patrouilles vont et viennent. L’opération débute. À mesure que les Marocains pénètrent dans le site, eux qui parlaient français à la radio se mettent soudainement à parler arabe. Les Français comprennent que la situation dégénère  : le colonel marocain et son adjoint viennent d’être tués. De zoom Les militaires ont toujours préféré le risque d’essuyer le feu à celui de blesser les civils. » Le sous-groupement français était composé d’environ 200 hommes et 50 véhicules  : n 2 sections VLRA et 1 peloton blindé (ERC) du 5 e RIAOM ; n 2 sections VAB du 9 e RCP ; n 1 groupe de combat du génie du 17 e RGP ; n 1 élément logistique du 5 e RIAOM ; n Un détachement ALAT renforcent le sous-groupement (1 hélicoptère léger de renseignement – HLR, 2 Puma, 2 Gazelle hot). leur côté, les Pakistanais, encore traumatisés des embuscades du 5 juin, préfèrent se replier après la perte d’un de leurs officiers. Simultanément, les marsouins commencent à essuyer des premiers tirs. Les Somaliens tiennent les hauts, et il est quasiment impossible pour les Français de riposter  : aux fenêtres, femmes et enfants sont utilisés comme boucliers humains, faisant écran devant des tireurs embusqués. Au sol, la population est omniprésente. « La technique employée par les partisans d’Aydiid consistait à entourer les unités de l’ONU avec une foule bruyante, exubérante […], et qui manifestait son mécontentement, voire son hostilité, mais sans agression physique », écrit quelques années plus tard le colonel de Saqui de Sannes 4. 9h. L’accord est donné aux Français pour investir le site et secourir les troupes marocaines, alors attaquées de toutes parts. Ils se scindent en deux échelons pour pénétrer dans les quartiers d’Aydiid. Le premier concentre sur lui tous les feux, permettant aux Marocains de se désengager progressivement. Le deuxième tombe dans une embuscade à l’angle du marché. « Il faut imaginer ce spectacle surréaliste de tirs furieux qu’observe avec curiosité une foule nombreuse »,.57 Les troupes françaises étaient composées d’engagés et d’appelés. explique le général de division Éric Bonnemaison 5, à l’époque chef de bataillon au 5 e RIAOM. 12h. Les hommes réussissent à dégager les Marocains et à s’emparer des premiers bâtiments tenus par les miliciens. Aydiid, lui, reste introuvable. Malgré l’affrontement à 360° jusqu’en fin de journée, les militaires ont toujours préféré le risque d’essuyer le feu à celui de blesser les civils omniprésents. Seuls quatre soldats ont été touchés au cours de la journée, dont un grièvement 6. Certains disent qu’aucune unité française n’avait été confrontée à une telle intensité de combats depuis la guerre d’Algérie. Un fait d’armes hautement légitimé par un commandement imperturbable et des savoir-faire interarmes remarquables. Vingt ans après, les combats de Mogadiscio restent une référence en matière de cohésion et de professionnalisme. l 1 Redonner l’espoir. 2 Au Liban (FINUL), au Sahara occidental (MINURSO) et au Cambodge (APRONUC). 3 Le général MohamedFarrah Aydiid fut la cible principale de l’opération RESTORE HOPE. Il s’autoproclama président de la Somalie en 1995, un statut qui ne lui a jamais été reconnu par la communauté internationale. 4 Extrait de la revue Doctrine n°3, juin 2004. 5 Propos tirés du n°278 de L’Ancre d’Or – Bazeilles, en 1994. 6 Le caporal-chef Stéphane Lisch, du 5 e RIAOM, a été blessé à la tête par un tireur d’élite ennemi. tim 245 — juin 2013



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