Terre Information Magazine n°245 juin 2013
Terre Information Magazine n°245 juin 2013
  • Prix facial : 3 €

  • Parution : n°245 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense

  • Format : (230 x 285) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 23,1 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur l'école nationale des sous-officiers d'active.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28. actualités En direct En forêt, même un homme aguerri évolue difficilement. » lll pe de marsouins, pour achever la destruction du site d’extraction. 11h. Subitement, une forte odeur de parfum féminin envahit l’atmosphère. Surgissant de nulle part, un homme et une femme viennent à la rencontre des militaires. Le couple avait été chassé la veille avec les autres ESI. Ils espèrent aujourd’hui retrouver des compatriotes sur la zone investie par les marsouins. L’homme est chétif mais porte à lui seul une cinquantaine de kilos sur le dos, dans une confection rocambolesque faite de bouts de ficelle et de sacs saucissonnés. Contrebande La cargaison est remplie de maquillage et produits de beauté, destinés à la vente. La féminité a visiblement son importance en pleine forêt. Les femmes qui vivent avec les garimpeiros sont des personnages clé dans la structure organique d’un site d’orpaillage illégal. En plus de se prostituer occasionnellement, elles peuvent tenir la comptabilité de la mine et ont surtout la lourde charge de nourrir tous les hommes. Assise en face des gendarmes, la vendeuse de cosmétiques commence à pleurer. Le gendarme lusophone 5 lui explique pourquoi sa marchandise va être saisie. « Ils savent très bien que dès qu’ils franchissent le fleuve, ils sont en territoire français, précise l’adjudantchef Philippe Doussin, du groupe de recherches et d’investigations en forêt (GRIF). Cette femme a acheté sa marchandise à crédit et elle comptait repartir avec quelques grammes de minerai. » L’orpaillage illégal draine de nombreux petits commerces contrebandiers comme celui-ci. Dans la forêt, tout se paye en or. Et les comptoirs de change se comptent par dizaines au Suriname. 14h. Le long d’un ruisseau opaque, à une vingtaine de minutes de marche du site d’extraction, se trouve un premier « village » abandonné par les travailleurs miniers. Le PC tactique s’y installe pour le reste de l’opération. Les marsouins du 9 ont désormais pour mission de fouiller les environs sur un rayon de 500 m afin de saisir le matériel caché par les garimpeiros. Les fouilles aux abords du village commencent. Et les découvertes improbables se succèdent. Sous un amas de feuillage un sac d’oignons, derrière une plante un seau de farine, dans un trou une énorme pièce de boucher sous emballage, au pied d’un arbre une glatim 245 — juin 2013 cière remplie de sodas, au fond d’un cours d’eau 20 bouteilles de Cachaça 6. En plus des vivres, on trouve aussi des groupes électrogènes, des réfrigérateurs, des congélateurs. Plusieurs autres zones de vie sont suspectées d’avoir été construites aux alentours. Il est décidé de tenter une action au petit matin du lendemain, sur un autre campement. 14 mars, 5h. Opération HÉLICONIA. Jour 3. Dans une nuit noire, la section du sergent-chef Stéphane Corbin se rassemble. Dix minutes de marche sont prévues, dans une ambiance discrète afin de surprendre les garimpeiros au réveil. L’existence du campement a été révélée grâce au témoignage de l’un d’eux. La progression sur un layon se fait sans lampe frontale. Boue, racines, épines, pénombre et dénivelés ne font pas bon ménage. Afin d’éviter les chutes et le bruit, militaires et gendarmes s’agrippent par les sacs-à-dos. « Genoux à terre ! » chuchote le chef de section. À l’approche du campement, la présence humaine est confirmée, trahie par une odeur de feu de bois. L’assaut est lancé. Les premiers garimpeiros, encore endormis dans leurs hamacs, sont réveillés par les militaires. Le village est très étendu et il faut faire vite pour éviter que les travailleurs ne prennent la fuite. Quatorze d’entre eux sont interpellés et regroupés sous un carbet en attendant leur audition. Des entretiens qui permettent aux gendarmes de confronter les témoignages et de faire concorder les informations. Ruée vers l’or Avec deux grammes d’or cachés dans son passeport, l’un des garimpeiros se fait interroger plus longuement. Au cours de son audition, Antonio raconte son parcours édifiant. Deux mois plus tôt, le jeune homme de 22 ans originaire des favelas de Rio de Janeiro entend parler d’opportunités de travail à l’étranger, sans savoir de quoi il s’agit. Il arrive à se faire financer son billet d’avion jusqu’au Suriname, puis rejoint la forêt après plusieurs jours de 4 x 4 et de pirogue. Là, il découvre la spécificité du « job », et apprend finalement à supporter la rudesse des conditions de travail. En 2013, la ruée vers l’or existe encore. « C’est un profil typique, explique l’ADC Doussin. Les orpailleurs clandestins sont des gens d’une pauvreté extrême, mais travailler sur une mine d’or ne les rend pas riches. » Bien au contraire, la plupart retourne à la frontière avec seulement quelques grammes d’or, de quoi se payer un billet d’avion retour. 10h. L’exploration de la zone vie deslll ! N.• M.• M. - M.I_rrl• 11MMM
V'i.• +...°1111'•. 74-411 ; *•. Ai7.:, _4-ir,•,r.i - - ; -•,•...'•. W...'.'• t'ofile7, - "` 41• -, u  : /%5L'"•..,, _,..,./• a -ASV'O. Iv'Al47r "4:a 1.0" 1..,./4,—. 74 4 ft:'Vlihr7f.‘. 1•  : f,%.., ci...:,i.z..,...y..,, Ci-contre  : les garimperos fuient à l’arrivée des militaires. Les déplacements à travers la zone d’orpaillage rythment l’opération. 5 Personne parlant couramment le portugais. 6 Eau-de-vie brésilienne à base de jus de canne à sucre fermenté. focus L’opération HARPIE Lancée officiellement en février 2008, HARPIE est menée conjointement par les forces de gendarmerie et les forces armées en Guyane (FAG). Elle est placée sous l’autorité du préfet et du procureur de la République de la région Guyane, pour la partie judiciaire, et vise à asphyxier les zones d’orpaillage clandestin et à déstabiliser durablement l’économie souterraine. Environ 1000 militaires des FAG participent à cette mission. 300 à 350 militaires des FAG sont déployés L’opération HÉLICONIA en chiffres en permanence sur les réseaux fluviaux pour neutraliser les flux logistiques des orpailleurs et en forêt pour démanteler les sites d’exploitation d’or illégaux. Des postes de contrôles fluviaux sont construits par les sapeurs des FAG et armés par des détachements mixtes de gendarmerie et de l’armée de Terre. De plus, des barrages dissuasifs sur les différents points d’entrée des fleuves Maroni et Oyapok permettent de limiter la circulation sur les fleuves et visent à en empêcher tout franchissement illégal. Ce dispositif fixe est complété par des patrouilles conjointes mobiles et des opérations inter administrations..29 1000 militaires des FAG participent à la mission HARPIE. En quatre jours d’opération, 40 marsouins issus du 21 e RIMa, armant en Guyane le 9 e RIMa, étaient déployés en soutien de 10 gendarmes. Voici un aperçu du matériel saisi ou détruit. n 10 g de matière aurifère n 153 g de stupéfiants n 1,2 kg de mercure n 80 zones de travail (97 puits) n 13 zones vie (132 carbets) n 1 730 kg de matériel divers n 22 groupes électrogènes n 1 055 kg de nourriture n 280 litres de carburant n 14 concasseurs tim 245 — juin 2013



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