Tennis Revue n°3 mar/avr/mai 2013
Tennis Revue n°3 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°3 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 37,4 Mo

  • Dans ce numéro : quart de finaliste surprise à l'Open d'Australie, le Français Chardy rêve tout haut désormais.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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72 Quel bilan faîtes-vous de votre Open d’Australie ? Il était mal engagé, mais je suis assez content d’avoir atteint les 8èmes de finale dans ces conditions. Mais ce n’est pas satisfaisant dans le sens où je savais, dès le début du tournoi, que cela serait compliqué. Pour quelles raisons ? J’ai eu une blessure avant ce tournoi. Je me suis encore fait mal au dos. Du coup, j’ai passé peu de temps à l’entraînement. Avec une heure par jour, ce n’est pas suffisant pour préparer un Grand Chelem. Je suis donc arrivé sur la pointe des pieds. Je savais que je n’étais pas en grande forme. Pourtant, vous avez livré au 3ème tour une bataille d’anthologie contre Monfils (8/6 au 5ème set) ! C’est l’une des plus belles victoires de ma carrière. Des matches comme cela, on en joue un par an et encore. Je suis heureux d’avoir remporté cette bataille. A quoi ressemblerait une année 2013 réussie pour vous ? Une année sans blessure ! Cela part mal (sourire). Sur ce premier mois, cela a été compliqué. Il faut impérativement que je parvienne à trouver mon rythme, pour enchaîner les matches sans avoir un pépin tous les quinze jours qui me freine. Votre but, c’est de revenir dans le top 10 ? Je n’ai pas cette ambition première. Aucun joueur ne joue pour retrouver une place qu’il a déjà occupée. On joue tous pour s’améliorer. Si je joue au tennis, c’est pour gagner un Masters Series ou un titre du Grand Chelem. C’est l’étape suivante. Si je redevenais 8ème mondial, je serais content, mais j’ai déjà été 6ème. Cela n’aurait donc pas le même effet. Vous êtes sans coach actuellement. Cela change quoi concrètement ? Cela me rend plus responsable. Cela me permet de faire des choix qui me sont personnels. J’ai envie de voir ce que cela donne quand je serai bien physiquement. J’ai l’impression que cela m’aide à rester plus calme. J’y vais avec mes envies et mes intentions sur le terrain. Je gagne ou je perds comme cela. Je suis moins nerveux sur le court. C’était un point sur lequel je devais progresser. Pour l’instant, j’arrive à le faire. Je dois continuer à garder une bonne attitude et la même ligne directrice concernant mes plans de jeu. Reprendrez-vous un coach dans le futur ? Cela m’a paru évident, à un moment donné, de continuer ma route seul. Cela me paraîtra aussi évident de retrouver quelqu’un à mes côtés le moment venu. Je sais ce que je recherche dans ma démarche, notamment concernant la sérénité sur le terrain, et une attitude meilleure à avoir. Je suis convaincu que seul sur le court, cela me permet de bien réfléchir et de rentrer avec le meilleur état d’esprit possible. Une fois que je sentirai que cela est acquis, sans être trop tendu en entrant sur un court, alors je reprendrai quelqu’un. "ETRE SANS COACH ME REND PLUS RESPONSABLE" Vous avez été 6ème mondial. Que vous manque t-il pour retrouver ce rang ? Aujourd’hui, beaucoup de choses partent de mon état physique. Il faut que je retrouve de la sérénité à ce niveau. Je dois retrouver confiance en mon corps, sentir que cela ne va pas lâcher, que je peux lui demander beaucoup, sans que cela coince régulièrement. Pour améliorer tout le reste et tenir les matches, il faut passer du temps à l’entraînement et pas à l’infirmerie (sourire). Cela ne peut se faire que si l’on se sent bien physiquement. C’est-là dessus que j’ai envie de mettre l’accent. D’autant plus que vous avez vraiment besoin d’être dans une forme optimale vu votre style de jeu... Quel que soit le joueur, le physique est important. Pour moi, comme pour les autres, cela a un gros impact sur le mental. En ce qui me concerne, il faut que je sente que je peux jouer 3h, 4h même plus s’il le faut, mais que je peux répondre toujours présent. Dans ces conditions, on rentre plus serein sur le terrain. Pour d’autres, ils s’appuient davantage sur des filières plus courtes, en rentrant dedans, en faisant sentir leur présence sur le court. Vous êtes l’un des rares joueurs du circuit à avoir battu des top 3. Cela doit vous rassurer, non ? Oui, mais c’est rare (rires). Malheureusement pour moi cela fait un moment que cela ne m’est pas arrivé. Cela Tennis Revue n°3 - mars-avril-mai 2013 me ferait du bien d’en battre un. Car cela fonctionne souvent comme cela. On en bat un puis un autre. C’est comme cela que l’on progresse. Ces victoires valent chères. On perd tellement souvent face à ces joueurs que de leur serrer la main, en les ayant battus une fois de temps en temps, cela fait un bien fou. On a la chance et la malchance de jouer contre ces champions. La chance, car c’est génial de se mesurer au joueur le plus titré de l’histoire (Federer) et d’autres presque aussi hallucinants. On se dit que c’est une époque de rêve pour le tennis. Une victoire sur Federer est selon moi plus marquante qu’une victoire sur Sampras, car à l’époque on se disait que sur terre on pouvait battre l’Américain. Là, sur gazon, dur, terre, dedans, dehors, c’est un mini exploit. Et la malchance car les meilleurs trustent tous les titres (sourire). Du coup, si on était arrivé à un autre moment, nous Français, on aurait probablement gagné un ou deux gros titres. Aujourd’hui, c’est un petit peu verrouillé. Croyez-vous pouvoir toujours remporter un titre du Grand Chelem ? J’y crois toujours. Les gens se disent : cela va être encore Djokovic, Federer ou Murray qui va gagner. Mais nous, non. On joue pour gagner et heureusement ! Regrettez-vous que le tennis actuel soit trop basé sur la puissance et est fait pour les grands gabarits ? On peut le déplorer et si je le déplore, cela n’a rien à voir
avec mon physique. Avec d’autres conditions de jeu, je ne serai peut-être pas aussi fort (sourire). Ce n’est pas une question d’intérêt personnel, mais plus d’intérêt tennistique. Le fait d’avoir voulu rendre toutes les surfaces pareilles, cela tend vers un type de jeu bien particulier. On arrive encore à garder un peu de diversité surtout grâce aux quatre meilleurs. En plus d’être devant, ils évoluent chacun dans des filières différentes. Mais il est vrai que derrière le physique type culmine souvent à 1m85, 1m90. Ça frappe fort au service, en coup droit. Il suffirait de rendre des surfaces plus rapides, d’autres plus lentes, des rebonds plus hauts, d’autres plus bas, pour avoir plus de diversité. Mais comme on s’applique à faire le même terrain à chaque tournoi, on a le même type de joueur qui brille à chaque fois. Seriez-vous pour un seul service ou l’autorisation du let ? Il est vrai que quand on met des rebonds hauts, on avantage les grands, et les bas les petits. Quand on accélère le jeu, on favorise le service, la volée et le jeu vers l’avant. Et quand on le ralentit, on favorise le jeu de fond de court. Après, il s’agit de savoir quel type de jeu on veut voir sur le terrain. Mais encore une fois, je suis partisan de tous les types de jeu. Federer s’est prononcé pour des conditions de jeu plus rapides regrettant la lenteur de certains courts. Qu’en pensez-vous ? Je ne pense pas que cela soit à son avantage. Des quatre premiers, il est celui qui peut passer au plus vite d’une surface rapide à une plus lente. Les conditions de jeu étant toujours les mêmes, il est dur de battre un Djokovic actuellement. Si rien ne change la semaine d’après, rien ne change non plus au niveau du résultat. Même si j’étais contre la terre battue bleue de Madrid, car elle était glissante et dangereuse, elle a eu au moins le mérite de montrer que quand on change un peu la donne, il peut y avoir des surprises. Qu’est-ce qui fait la différence entre le top 4 et les autres ? Ce qui influe beaucoup, c’est évidemment le niveau de jeu. Ensuite, c’est la confiance accumulée au fil des matches. Djokovic a battu Ferrer en demi-finale de l’Open d’Australie. Il y a eu un vrai ascendant entre un joueur qui était certain de gagner et l’autre certain de perdre. Il y avait un vrai écart de niveau. Novak peut faire plus de choses sur le terrain aussi. Il frappait plus fort, prenait plus tôt la balle, il bougeait mieux. Tout cela a fait que cela a donné un score très sévère (le Serbe n’a laissé que cinq jeux à l’Espagnol, Ndlr). Mais même pour ces joueurs de ce niveau, ils ont parfois des matches compliqués. Novak aurait pu perdre contre Wawrinka (12/10 au 5ème set en 8èmes, Ndlr). Federer a été mis en difficulté par Jo. Mais, à la base, ces joueurs sont plus forts partout. Physiquement, ils sont toujours au top. A partir de là, avec l’ascendant mental qu’ils ont sur les autres en les ayant battus Tennis Revue n°3 - mars-avril-mai 2013 "QUAND ON CHANGE LES CONDITIONS DE JEU, IL PEUT Y AVOIR DES SURPRISES, SINON…" régulièrement, ils arrivent sur le terrain avec une confiance démesurée. Il n’y a pas grand chose qui peut leur arriver. A quel moment avez-vous senti que vous deviendriez un grand joueur ? J’ai toujours voulu faire du tennis. Mais les résultats sont venus assez tard. Avant que je ne rentre dans le top 10, cela a pris beaucoup de temps. Je vivais au jour le jour. J’avais du mal à me projeter. C’était un peu déprimant. Je pensais surtout à mes objectifs de fin d’année pour finir mieux que l’année précédente. C’est ce que j’ai fait jusqu’à atteindre la 6ème place mondiale (en janvier 2009, Ndlr). Quelle est la chose la plus singulière qui vous est arrivée sur le circuit ? J’ai joué un jour à Hambourg contre Gaudio. Il avait gagné Roland-Garros l’année d’avant (en 2004). J’étais environ 60ème. J’ai tellement bien joué ce match, qu’à un moment il s’est énervé au troisième set. Il met alors la main dans la poche de son short et il l’arrache. Il avait déjà pris un avertissement. Il avait donc peur de prendre un point de pénalité en changeant de short. Il ne pouvait plus jouer avec le short déchiré en deux. Il a quand même voulu essayer de servir avec une balle dans la poche. Mais dans son short avec la balle, cela lui arrivait au niveau du mollet. Cela avait bien fait marrer tout le monde. Vous n’avez pas été retenu contre l’Israël en Coupe Davis. Forcément déçu... C’est toujours dur. La Coupe Davis, c’est important pour moi (Simon a été finaliste en 2010, Ndlr). C’est dur de faire tous les efforts, d’être 16ème et de ne pas être pris. Mais c’est à moi d’essayer d’être encore meilleur notamment physiquement. Si j’ai réussi à atteindre les 8èmes de finale à Melbourne, mon état physique n’était pas rassurant et n’a pas rassuré mon capitaine. Pour finir, beaucoup de joueuses hurlent sur le circuit. Faudrait-il mettre un point de règlement ou bannir ces cris ? A ce niveau, on avait trois joueurs qui étaient pénibles, mais ils ne jouent plus. On avait notamment Kuerten qui avait un cri long, Massu aussi. Ils ne sont plus là et du coup cela manque (rires). Non, plus sérieusement chez les filles, je trouve cela un peu dommage. Je me souviens d’un match l’an passé entre Sharapova et Azarenka à l’US Open. J’avais vu tout le match, mais j’ai baissé le son. Peut-être faudrait-il instaurer un plafond pour les décibels. On ne pourra pas faire en sorte qu’Azarenka et Sharapova changent cela de toute façon. Même sur une amortie, elles crient ! C’est un automatisme et c’est non lié à l’effort. Cela me semble impossible d’empêcher cela. Soit il faut travailler très tôt pour que les filles arrivent sur le circuit sans crier aussi fort, soit c’est mort ! (rires). Propos recueillis par Jean-Marc Azzola 73



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