Tennis Revue n°3 mar/avr/mai 2013
Tennis Revue n°3 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°3 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 37,4 Mo

  • Dans ce numéro : quart de finaliste surprise à l'Open d'Australie, le Français Chardy rêve tout haut désormais.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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14 Après votre superbe parcours en Australie, vous êtes dans les 25 premiers mondiaux. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ? Le classement, ce ne sont que des chiffres. Ce qui m’intéresse le plus, c’est de continuer à progresser pour me maintenir à ce haut niveau car si je n’y passe que quelques semaines et que je chute ça ne sera pas intéressant pour moi. On juge les bons joueurs sur leur régularité donc à moi de jouer et de bosser pour progresser encore, et montrer que ce quart à Melbourne n’était pas simplement un coup de chance. Quand vous avez perdu en quarts contre Murray en Australie, est-ce la déception de la défaite ou la satisfaction du parcours qui l’a emporté au final ? C’était mitigé. Sur le coup, j’étais déçu puis je me suis dit qu’il était tout simplement plus fort. Avec le recul, je me dis que c’était vraiment difficile parce qu’Andy a fait un très bon match, avec un niveau de jeu très élevé. J’ai essayé de trouver des solutions, de le gêner, mais je n’ai jamais réussi. Chaque fois que j’avais l’impression de lui poser problème, il trouvait une parade très rapidement et il a toujours été au-dessus de moi. Il a su me faire surjouer. Je ne savais plus quoi faire pour le gêner. Les meilleurs, une fois qu’ils ont pris les devants, ils t’enfoncent. Donc c’était dur de terminer par un tel match, mais après la satisfaction d’avoir réussi le meilleur tournoi de ma carrière l’a emporté. Je n’ai envie de retenir que les côtés positifs de ce tournoi et de m’appuyer sur tout ce que j’ai fait ici pour le reste de la saison. Que va vous apporter ce tournoi dans votre carrière ? En premier lieu une grande confiance car ce que j’ai fait dans ce tournoi est super positif. Sans vouloir paraître prétentieux, je pense que j’ai joué le meilleur tennis de ma carrière. J’ai enchaîné les matches en étant solide, sans surjouer, sauf en quarts de finale et en battant des joueurs très forts. Physiquement, j’ai très bien récupéré à chaque fois. Cela m’a montré que j’en étais capable et pour la tête, c’est bien. Je n’ai pas fait un exploit sans suite, je ne me suis pas écroulé. Je me sentais bien, j’aimais le court, l’atmosphère sur le court. Le public australien est très avenant avec les joueurs. C’étaient quinze jours de pur bonheur. Une belle récompense après des années difficiles. En 2004, j’ai été champion de France chez les 17-18 ans. En 2005, j’ai gagné le tournoi de Wimbledon en juniors. Parallèlement, je continuais les études, mais à ce moment-là, j’ai décidé de les mettre entre parenthèses pour me consacrer au tennis. J’ai continué à progresser avec notamment un 8ème de finale à Roland-Garros en 2008 alors que j’étais 145ème mondial à l’époque. Puis à partir de 2009, j’ai vraiment pris confiance. J’ai vraiment senti à cette époque-là que quand je venais sur les tournois c’était pour aller loin alors qu’avant, quand je me présentais dans un tournoi, si je passais le 1er tour, j’étais vraiment content. A chaque tour, c’était un exploit si je gagnais, je n’avais rien à perdre. Comment cela se caractérisait-il sur le court ? J’étais libéré, je tentais des choses, je lâchais mes coups. Je jouais à un niveau de jeu auquel je n’avais pas l’habitude d’évoluer. C’était bizarre. Je sentais que mon niveau s’élevait. Et j’en récoltais les fruits puisque je continuais à progresser au classement. Je sentais qu’il y avait de plus en plus de joueurs que je pouvais battre. Ça encourage à continuer à s’entraîner dur. C’est un sacré boosteur pour la confiance bien sûr. Et puis, il y a eu la rupture avec votre entraîneur de toujours Frédéric Fontang... Oui et là j’ai subi un coup d’arrêt car c’était la première fois que je changeais. J’ai décidé de quitter mon coach de toujours, ça c’est mal passé alors que je le considérais comme un « deuxième père ». J’ai traîné cette affaire qui s’est terminée au tribunal et je considère aujourd’hui cette période comme la pire de ma vie. Aujourd’hui, c’est du passé ? Oui, j’ai mis cette histoire derrière moi. Pour avancer, il ne faut pas vivre avec le passé, ni se retourner. Donc je me suis concentré de nouveau sur mon tennis et ça ne m’a pas trop mal réussi finalement. En tout cas, avec le recul, je ne regrette rien. Comment avez-vous réussi à remonter la pente ? Tennis Revue n°3 - mars-avril-mai 2013 « ON JUGE LES BONS JOUEURS SUR LEUR RÉGULARITÉ DONC À MOI DE JOUER ET DE BOSSER POUR PROGRESSER ENCORE »
Je suis revenu grâce à l’Académie Mouratoglou. Elle m’a beaucoup aidé. J’ai entamé une lente reconstruction. J’ai beaucoup travaillé physiquement. Avant, j’avais un bon service et un bon coup droit, mais j’étais frêle physiquement, j’avais du mal à tenir la distance. Les gens de l’Académie me poussaient à l’entraînement chaque jour même si je n’avais pas de résultats. Aujourd’hui, je suis récompensé. C’est encore plus beau après tout ce que j’ai traversé. Je ne remercierai jamais assez Patrick Mouratoglou et Kerei Abakar l’entraîneur de l’Académie qui a pris sa suite. C’est mon coach, mais c’est mon ami aussi. On a une relation fusionnelle. On bosse dur et dès que c’est fini, on est potes. Je suis heureux de partager ça avec lui. C’est quelqu’un de bien et je sens que je progresse à ses côtés, ce qui est le plus important quand même. On a vu Serena Williams vous soutenir lors de l’Open d’Australie. La connaissez-vous depuis longtemps ? Non, je la croisais parfois sur les tournois du Grand Chelem quand les hommes et les femmes partagent le circuit. Je l’ai vraiment connue à l’Académie Mouratoglou. C’est une grande championne, avec un palmarès extraordinaire et j’ai découvert une personne très gentille, une personnalité attachante. Je sais qu’elle a regardé certains matches, elle me félicitait à chaque fois que je gagnais. J’ai suivi ses matches aussi. C’est marrant, elle est sympa, je ne la vois plus trop comme l’une des meilleures joueuses mondiales. On discute tranquillement et j’ai encore plus appris à la découvrir lors du traditionnel stage hivernal de l’Académie Mouratoglou à l’Ile Maurice. C’est bien de côtoyer au quotidien des grands champions comme ça, de partager ses expériences personnelles. C’est très enrichissant. Après l’Australie, vous avez retrouvé la France pour la Coupe Davis. C’est une autre compétition, mais surtout un autre contexte que le tournoi du Grand Chelem. Comment gérez-vous ce changement ? C’est clair, mais on est habitué. Toute l’année, on n’arrête pas de changer de continent en permanence. Personnellement, après les émotions vécues en Australie, je me faisais une joie de retrouver la Coupe Davis. C’est une compétition mythique, on représente notre pays. C’est vraiment une grosse émotion lorsque l’on rentre sur le court. On a envie de gagner. On est investi d’une mission « JE NE SERAI JAMAIS UNE STAR » et on ne joue pas que pour nous, on est responsable pour les coéquipiers aussi. Le capitaine est sur la chaise, les potes derrière. Tu as vraiment envie de te donner à fond et de gagner le match. C’est toujours une joie d’être appelé car en plus l’ambiance dans les tribunes est particulière. Tennis Revue n°3 - mars-avril-mai 2013 Quelle est l’ambiance dans l’équipe ? Elle est très bonne car on se connaît tous depuis longtemps. On rigole bien, on s’amuse bien. C’est vraiment un plaisir de gagner avec des potes. Car en tennis, d’habitude c’est plutôt chacun pour soi. C’est pour ça que j’aime les matches de Coupe Davis, ça permet de vivre des émotions collectives. Vous êtes reparti cette année avec un nouveau capitaine. Oui. Guy Forget est resté très longtemps, il a fait du bon boulot et a préparé le terrain pour Arnaud Clément. Arnaud était joueur il n’y a pas longtemps encore et il est proche d’eux. Il nous connaît tous. Je pense qu’il a le profil pour être un bon capitaine. Si vous continuez à progresser au classement, vous allez de plus en plus être médiatisé. Cela vous fait-il peur ? Non (il éclate de rires). Franchement, ça m’est égal. Dès qu’un sportif a des résultats, il sort de l’ombre. Si je continue à jouer comme ça, les gens vont me découvrir. Mais bon, je ne serai jamais une star. Ce sont les stars qui sont énormément médiatisées. Je vivrai ça très bien, il n’y aura pas de problèmes. Je fais mon truc de mon côté, je joue au tennis pour moi et mes proches. Pour vous, c’est plus important de gagner un Grand Chelem ou la Coupe Davis ? Je ne peux pas vous le dire, tout simplement car je ne sais pas l’émotion que procure une compétition tant que je ne l’ai pas gagnée. Mais bon, de toute façon il est compliqué de choisir entre les deux. Peu de joueurs ont remporté les deux, c’est vraiment réservé à une élite. Moi je prendrai sans problème l’un des deux si ça se présente (rires). Mais j’en suis encore loin. Propos recueillis par Valérie Pratdessus 15



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