Tennis Revue n°2 jan/fév 2013
Tennis Revue n°2 jan/fév 2013
  • Prix facial : 5,80 €

  • Parution : n°2 de jan/fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 32,8 Mo

  • Dans ce numéro : Djokovic toujours plus fort... le n°1 mondial ne craint plus personne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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72 Quel bilan faites-vous de cette année 2012 ? Ce n’est pas l’année que j’espérais (sourire). 2012 a été une année de reconstruction, un retour vers une forme de stabilité. J’ai connu une année 2011 terrible ! Le tennis n’était plus du tout ma priorité. J’avais autre chose en tête. J’avais des soucis de santé que je traîne toujours encore un peu aujourd’hui. J’ai également connu une blessure psychologique qui met parfois plus de temps à guérir qu’une blessure physique. J’ai par conséquent tenté de me soigner physiquement et mentalement. J’ai vraiment commencé à m’entraîner à partir de mars. C’est à partir de ce moment-là que j’ai connu un déclic. Je me suis posé les questions suivantes : » Que veux-tu faire vraiment de ta vie ? » J’ai bien réfléchi. Je me suis demandée aussi à quoi le tennis me servait et ce qu’il m’apportait ? Du bonheur ? Du malheur ? J’ai pris un papier et j’ai noté tous les points positifs et négatifs. Je me suis questionné aussi si je plaçais les bonnes priorités en tête ? Désormais, la raison essentielle pour laquelle je continue à jouer au tennis, c’est que je veux, plus tard, assurer un avenir à mes enfants, afin d’avoir une meilleure vie. Car à la base, je n’aime pas le tennis... « A LA BASE, JE N’AIME PAS LE TENNIS » Ah bon ? Non, je n’aime pas le sport en lui-même. Par contre, je suis transcendée par la compétition, le challenge, le fait de me dépasser physiquement et psychologiquement par rapport aux autres filles, le fait de gagner ma vie... C’est ce qui me fait continuer aujourd’hui, car sinon j’aurais arrêté depuis longtemps. Mais comment peut-on être une championne sans aimer le tennis ? Il y a des millions de gens qui font leur travail à fond, mais qui ne l’aiment pas. Pourquoi j’en suis à ce niveau et que je n’aime pas le tennis ? Car j’ai connu beaucoup de souffrances, des douleurs pas très justes quand j’étais sur le terrain. Ce sont des mauvais souvenirs. A chaque fois que je mets un pied sur le terrain, ce n’est pas un dégoût, je n’irai pas jusque-là, mais je suis plus en mode travail que plaisir. C’est toujours comme cela que j’ai fonctionné. Quand vous parcourez le livre d’Agassi, il dit la même chose. J’ai tout de même réussi à être n°15 (en octobre 2010, Ndlr). J’espère que ce n’est pas une fin en soi. Toutefois, si on me demande le dimanche : » Tu veux jouer au tennis ? », je réponds non (rires). Un jour, vous avez affirmé que vous aimeriez être n°1 mondiale. C’est toujours un défi ? Bien entendu. J’en ai le potentiel. Mais encore une fois, j’ai connu une année à l’ouest. Quand on ne s’entraîne pas, on perd toutes ses qualités musculaires et psychologiques. J’ai payé le prix et je le paie encore. J’ai pratiquement mis un an à rétablir certaines choses. N’oublions pas non plus que j’ai pris 15 kg car j’ai connu un problème hormonal. Il a fallu que le corps s’adapte. Cela n’a pas aidé non plus. Derrière, physiquement, on est à la peine. Quand sur le terrain, on n’est pas bien psychologiquement, on peut miser sur son physique. On se dit, je vais courir, je vais tout ramener et je me bats. Après, tout suit. Cependant, quand le physique n’est pas là, tout se complique. Il faut tout reprendre du début à la fin, comme à un enfant à qui on apprend à marcher. C’est ce que je suis en train de faire (sourire). Tennis Revue n°2 - janvier-février 2013 Quelle est votre structure de travail désormais ? Depuis fin mars, puisque j’ai tout mis en oeuvre pour revenir, je suis revenu chez Patrick Mouratoglou dans son académie. Je sais que là-bas ils ne font pas les choses à moitié. Je savais que c’était l’endroit où aller pour entamer ma cure de désintoxication (rires) et pour réussir. J’ai confiance en beaucoup de personnes là-bas et je sais que cela a marché, déjà. Je n’ai pas pris ce système au hasard et je bosse avec Borna Bikic (l’ancien coach de Radwanska, Ndlr), un coach privé, mais qui appartient toujours à l’académie. Les relations avec votre père se sont-elles améliorées ? Cela s’est effectivement amélioré. Mais je garde toujours une certaine distance. Ils essaient de la redélimiter, mais je veux conserver un certain espace privé. Cela se passe bien comme cela. Il y aura forcément toujours des hauts et des bas. Cela prendra plus de temps qu’on ne le pense. Ma relation avec mon père reste encore assez froide. Cela ne sera plus jamais comme avant. J’espère que je retrouverai une relation père/fille plus qu’autre chose. On verra avec le temps. C’est compliqué car mon père veut toujours comprendre, savoir pourquoi. A ses yeux, il n’est jamais fautif. Pas simple quand on veut faire comprendre à des personnes qui ne veulent pas l’entendre, alors qu’ils ont fait des choses qui n’étaient pas bien. Je suis consciente que j’ai dû blesser des personnes autour de moi. Cependant, je pense qu’elles le comprendront dans le futur. D’où ce travail de reconstruction dont vous parlez... Quand des joueuses et joueurs descendent au classement, c’est en raison souvent de mauvais choix ou parce qu’ils ont été blessés. En ce qui me concerne, c’est vraiment un événement externe qui m’a fait chuter au classement. J’ai alors perdu le fil du tennis. Mais le plus dur a été le jour où je suis partie de chez moi. J’ai pris conscience de tous mes problèmes. Mes parents m’ont toujours appris
"Aujourd'hui, je préfère être dix fois plus heureuse en étant 100ème que malheureuse en étant 10ème mondiale." à être dépendante d’eux. Quand je suis partie, j’ai eu du mal à trouver mon indépendance. Rien qu’en tant que femme, cela a pris pas mal de temps, presque un an et j’ai beaucoup souffert. Cela a fait partie de mon chemin. Je suis joueuse et désormais je ne dois plus perdre de temps. J’aurais aimé que cela se passe autrement, mais cela ne pouvait pas se faire autrement qu’à la dur. J’ai pris de la maturité, j’ai compris des choses. Aujourd’hui, je préfère être dix fois plus heureuse en étant 100ème que malheureuse en étant 10ème mondiale. Et je le dis sincèrement après avoir goûté à la victoire. Cela vaut-il le coup d’être malheureuse même en gagnant tous les Grands Chelems ? Je n’en suis pas convaincue... Néanmoins, je reste très exigeante. Je ne dis pas que 100ème me convient. Je déteste me voir faible. Chez moi, c’est tout ou rien. Si je continue, c’est pour aller au bout et non pas pour rester 100ème. Si je sentais que je n’en étais pas capable, j’arrêterais. Quel est votre objectif pour 2013 ? Etre au minimum parmi les 50 meilleures. Puis progressivement être dans le top 30 pour être tête de série en Grand Chelem. J’en suis capable d’autant que je n’aurai pas de points à défendre. Il faut surtout avoir cette humilité de recommencer de très bas, après avoir été assez haut. Sauf que je n’ai plus 18 ans, non plus. Pensez-vous que Marion Bartoli devrait elle aussi couper le cordon ? A mon avis, non. Il est trop tard (rires). Elle s’est formée selon ce modèle. Si elle se séparait de son père, ce serait un désastre. Son père lui a aussi appris une très grande dépendance. Elle y a cru et ne croit pas à autre chose. Si on lui donne quelque chose auquelle elle ne croit pas, cela ne le fera pas. Cela ne serait pas bon pour sa carrière. A la fin, je ne croyais plus à ce que me donnait mon père. C’est pour cela que cela a explosé. Mais Marion, je ne la vois pas du tout malheureuse selon ce mode de fonctionnement. Elle l’accepte et elle aime cela. Pourquoi changer ? Adolescente, vous n’avez pas baigné dans l’opulence. Qu’a changé en vous le fait de gagner beaucoup d’argent ? J’ai toujours eu une famille derrière moi et cet argent ne m’était quasiment pas réservé. Je ne pouvais pas projeter des choses. A 22 ans, j’étais encore une petite fille psychologiquement. Mon père m’avait créé pour que je reste une petite fille sans autre grand projet. Sur le moment, quand j’ai gagné de l’argent, je me suis acheté des « conneries » comme une montre, un bracelet. Cela m’a facilité la vie quand on a été élevée dans la dureté sans gros moyens, mais je n’avais pas en tête un projet de financement de maison ou autre chose de ce genre, comme quand on est adulte. Cela étant, j’ai toujours connu la valeur de l’argent. D’autant qu’une carrière de tennis, c’est chère. Il faut savoir en mettre de côté pour payer les hôtels, les billets d’avion. C’est beaucoup de frais... L’ouragan Sandy a fait des dégâts considérables. L’ouragan Océane avec ses coups de raquette pourrait en faire de nombreux autres dans les années à venir. A 16 ans, sa puissance de frappe n’est pas sans rappeler celle de la belle Maria Sharapova, sa joueuse préférée. La joueuse du district des Flandres occupe pour l’heure le 765ème rang mondial et a remporté la finale du championnat de France 15/16 ans à Roland-Garros. A la Fédération, on suit de près son évolution. « Océane s’entraîne avec son papa, nous explique Patrice Hagelauer. Il s’en occupe énormément. Ils ont des contacts réguliers avec des responsables chez nous, que ce soit Karine Bornu qui est responsable de cette catégorie d’âge ainsi qu’avec Alexandra Fusai qui l’a vu jouer ces derniers temps. Notre soutien au projet sportif démarre très tôt. On fait un bilan à la fin de chaque année. On me dit qu’elle é- volue bien. J’en ai parlé avec Alexandra Fusai qui me disait qu’elle progressait dans le bon sens. C’est une fille très intéressante à suivre et que l’on suit ». Fait confirmé par Karine Bornu : « Océane a confirmé sur le championnat de France sa bonne saison. Ce n’est pas toujours évident pour ces petites quand on arrive aux championnats de France avec cette Des joueuses se sont-elles inquiétées pour vous ? Quand on tombe au classement, le respect se dissipe un peu. C’est un peu la loi de la jungle. Mais le regard des autres joueuses ne me perturbe pas. Je me mets à l’écart, je me reconstruis et cela me va bien. Je me fortifie et une fois que je serai forte, elles n’auront qu’à bien se tenir (sourire). Avez-vous d’autres passions dans la vie ? J’aime la mode. Je peux rester des heures à essayer des tenues. J’aime les bijoux, le shopping, un truc de fille. Je peux en parler avec certaines joueuses sur le circuit. Avec les plus jeunes, les plus « fofolles ». Les Williams, elles, ne communiquent pas trop. Le tennis, c’est une famille. On se voit chaque semaine, mais on n’est pas des super amies non plus, et ce même si on se respecte. Je n’ai pas grand chose à dire à mes concurrentes. Cependant, une fois que j’aurai fini ma carrière, je me rapprocherai encore plus de celles qui ont été proches de moi (rires). J’adore aussi la vitesse, conduire. C’est l’un de mes sports favoris. J’ai des amis dans cette activité comme Philippe Streiff ou Laurent Pasquali. J’ai déjà rencontré Sébastien Loeb aussi. Cependant, mes proches ne veulent pas que je me lance dans ce genre de choses avant la fin de ma carrière (rires). n Propos recueillis par Jean-Marc Azzola Dodin comme un ouragan étiquette de favorite. Elle l’a fait. Elle a beaucoup gagné sur des tournois français de niveau promotion, 1ère série ». Les prochaines étapes ? « C’est une fille qui est très grande et longiligne, poursuit Cornu. Elle a un profil de jeu très offensif en s’appuyant sur des frappes très sèches, en prenant la balle très tôt. Elle cherche le point gagnant sur chaque frappe. Elle doit se renforcer dans cette filière. Néanmoins, cette année, preuve de son évolution, elle a aussi appris à être plus patiente en acceptant de jouer un coup de plus. Pour l’instant, le papa fait bien les choses. Il la construit progressivement au niveau physique. Pour en avoir parlé avec lui, il va prendre trois mois pour qu’elle se prépare en se façonnant une petite caisse, avec du renforcement musculaire. L’idée, c’est qu’elle joue sur le circuit senior. En fin d’année, elle a même signé des victoires sur des 200èmes mondiales (Savchuk à Poitiers, Ndlr). Elle va tenter d’avoir une progression significative sur le circuit WTA ». La jeune Océane devrait faire encore de nombreuses victimes dans les mois à venir. Et cela ne fait que commencer. J-M.A. 73



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