Tennis Revue n°2 jan/fév 2013
Tennis Revue n°2 jan/fév 2013
  • Prix facial : 5,80 €

  • Parution : n°2 de jan/fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 32,8 Mo

  • Dans ce numéro : Djokovic toujours plus fort... le n°1 mondial ne craint plus personne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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30 Y’A PAS QUE LE TENNIS… Même si Novak Djokovic réside à Monaco, la Serbie, son pays, est l’un des principaux bénéficiaires de sa fortune (près de 13 M$ de gains en 2012, un record !) à travers ses multiples activités... notamment l’achat des droits de l’Open d’Amersfoorts, aux Pays-Bas, transféré à Belgrade, et son association humanitaire, la Novak Djokovic Fondation. Profondément croyant, chrétien orthodoxe, il participe régulièrement à la rénovation des temples du culte, comme les monastères de Gracanica, de Saints Archanges ou de Hilandar. Djokovic est également membre actif du club des « Champions de la paix », un collectif d’athlètes de haut niveau créé par Peace and Sport, une organisation basée, comme lui à Monaco, dont il est également l’un des principaux donateurs. Ambassadeur de l’UNICEF, il a reçu cette année le prix Arthur Ashe pour ses engagements humanitaires. Parlant presque couramment l’anglais, l’allemand, l’italien et de mieux en mieux le français, le numéro 1 mondial est aussi un grand fan de cinéma d’action. Aussi, et en attendant d’investir un jour dans la production de films, est-il intervenu dans le dernier film de Sylvester Stallone, Expensables 2, en tournage en Bulgarie, où il joue son propre rôle. Appelez le comme vous voulez, Djole, Nole, Joker, Djoko et même Cosmic Tennis ou Djokosmic si vous êtes vraiment fan, il ressortira toujours de ces surnoms la même impression que l’actuel numéro 1 mondial traverse sa carrière, on dirait presque sa vie, comme dans une bande dessinée. Lorsqu’il pénètre dans le POPB masque de Darkvador sur la tête ou lorsqu’il imite à la perfection ses collègues tennismen dans les vestiaires de l’O2 Arena de Londres, c’est l’enfant de Kopaonik qui ressort du plus profond de lui-même. Pour certains, ces pitreries n’ont d’autre but que de dédramatiser et de faire tomber la pression avant les matches, d’extérioriser son sens du spectacle naturel avant la concentration maximale réclamée par la compétition. Elles renvoient pour d’autres à son parcours, difficile et largement influencé, perturbé, par la guerre civile qui a ravagé la Serbie dans les années 90, mis en danger sa famille et qui lui fait donc appréhender les aléas de sa vie avec plus de détachement. Comme si le numéro 1 mondial ne voulait jamais perdre de vue le petit Nole qui débutait le tennis à six ans au hasard de la construction de courts de tennis en face du restaurant de ses parents. Dans le sillage de Monica Seles et Goran Ivanisevic, Djoko aussi puisera dans l’expérience de Jelena Gencic, sa première prof, également celle des deux stars serbes de l’époque, des raisons de croire en un destin hors norme. C’est elle, Jelena, qui repéra la première le talent et le mental du petit Nole. « Vous avez un enfant en or » dit-elle alors à des parents interloqués, mais rapidement convaincus. Anciens skieurs de haut niveau, monsieur et madame Djokovic vont alors tout faire pour offrir à leur aîné les meilleures conditions pour aller à la rencontre de son destin. Open d’Australie, Miami, Open du Canada, Pékin, Shanghaï et le Masters, le Serbe a remporté 6 tournois en 2012 contre 10 en 2011. Tennis Revue n°2 - janvier-février 2013 A douze ans, ils n’hésitent pas à l’envoyer chez Nikola Pilic, un compatriote qui a monté une académie de tennis réputée à Munich. Plus rien n’arrêtera Novak. Protégé des effets meurtriers de la guerre, c’est depuis la Bavière et son camp d’entraînement qu’il apprendra la destruction, par les forces de l’Otan, des courts de tennis de Kopaonik sur lesquels il tapa ses premières balles. De cette blessure naîtra une envie toujours présente de ne jamais oublier d’où il vient, un sentiment patriotique qui lui permettra notamment de réaliser des exploits en Coupe Davis, transcendé par la fierté de représenter son pays. Professionnel à 16 ans, n°188 à 17 ans, n°78 à 18 ans, il réalise sa première percée médiatique à Roland-Garros en 2006, ne butant que face au maître des lieux, Rafael Nadal, en quarts de finale (par abandon). Seizième joueur mondial à 19 ans, il intègre le top 10 après sa première victoire dans un Masters Series, à Miami… et termine l’année 2008 à la quatrième place mondiale. Il ne lui aura donc fallu que trois ans, entre 17 et 20 ans, pour parvenir au sommet. « A ce moment-là, on sentait qu’il y avait chez lui beaucoup de talent, des fulgurances u- niques dans son jeu, mais son irrégularité ne plaidait pas pour qu’il soit un concurrent sérieux à Federer et Nadal », nous dit l’ancienne finaliste à Wimbledon Nathalie Tauziat. L’ancien joueur tchécoslovaque Marian Vajda est à l’origine de la fantastique transformation de son poulain. Son exigence quotidienne à l’entraînement, son œil pertinent en match, ses rapports avec Djokovic en font l’indispensable architecte d’une carrière qui va véritablement décoller en 2008, peu après sa première finale (perdue) d’un Grand Chelem à l’US Open en 2007 face à Roger Federer… le même qu’il battra quelques mois plus tard en Australie en trois sets secs avant de remporter son premier majeur face à Tsonga en finale. Premier serbe de l’histoire à remporter un Grand Chelem, Djokovic va devenir un phénomène dans son
pays, accueilli en héros par le Premier Ministre, déclenchant des émeutes sur son passage, il n’aura de cesse par la suite de bien représenter son pays et de tout faire pour lui offrir, aussi, la Coupe Davis (il fut aussi porte-drapeau de la Serbie lors des derniers J-O de Londres). Alors que tous les observateurs en font déjà le seul capable de venir perturber la domination des deux monstres, Federer et Nadal, 2009 sera sa pire année sur le circuit, avec une seule demi-finale de Grand Chelem au compteur à l’US Open, et l’abandon de sa 3ème place mondiale à Andy Murray. Souvent blessé, rarement à son meilleur niveau physique, il peine à donner le maximum et à confirmer ses belles promesses. Encore trop instable, il lui faudra attendre la fin de l’année 2010 pour basculer dans une autre dimension. Et c’est une fois de plus en puisant dans son mental hors norme, devant son public, à Belgrade, en finale de la Coupe Davis face à la France qu’il aura ce déclic. En offrant pour la première fois de son histoire le saladier en argent à tout un peuple, le 5 décembre 2010, il ne savait pas encore qu’il débutait là, face à Monfils (6-2, 6-2, 6-4) l’une des plus longues séries d’invincibilité de l’histoire du tennis moderne… qui ne s’achèvera qu’au printemps suivant, en demi-finale à Roland-Garros face au roi Roger ressuscité. Entre temps, 41 victoires d’affilée en avaient fait l’égal de McEnroe et le numéro 2 mondial, le vainqueur de son deuxième Open d’Australie. Et le meilleur était encore à venir avec son premier Wimbledon, son premier US Open, et son troisième Australian Open, les trois fois face à Rafael Nadal comme pour mieux matérialiser un passage de témoin qui en avait fait, après « le plus beau jour de (ma) vie », sa victoire à Wimbledon, le nouveau numéro 1 mondial. « Pour en arriver là, il lui a fallu plus de travail que de talent, même si l’un n’est rien sans l’autre, analyse Nathalie Tauziat. Autant Federer est un phénomène, et peut être considéré comme tel en raison de son profil technique, de ses succès et de son extraordinaire longévité, autant Djokovic est pour moi davantage un grand pro. Il est plus besogneux, plus dans la lignée d’un Jim Courrier ou de certains Espagnols qui ont dominé le circuit comme Bruguera. Il a beaucoup travaillé avec Vajda pour améliorer ses points faibles. Son service était quelconque, il est devenu une arme, sa volée de même. Et mentalement, il a fait d’énormes progrès. » Affûté par un régime draconien sans gluten qui lui a fait perdre plusieurs kilos et gagner en régularité, moins soumis aux blessures qu’au début de sa carrière, Djoko surfe depuis ce saint jour du 5 décembre 2010 sur une vague qui n’en finit pas de déferler et de le maintenir au sommet du tennis mondial. « Parvenir au sommet, c’est fort, conclut Tauziat. Mais y rester, c’est mieux. Il y est depuis deux ans maintenant et ça commence à devenir vraiment significatif. Il n’est pas que de passage. Je le vois bien durer au moins cinq ans de plus à ce niveau. S’il gère bien ses saisons, à 30 ans, il sera encore là parce qu’il est devenu un athlète complet et équilibré dans son corps et dans sa tête. » Face à un Federer sur le déclin, un Nadal sur une jambe et un Murray qui n’est plus sur son nuage, on ne serait pas étonné de retrouver le Joker à la même place dans un an… n Frédéric Denat Djokovic : « 2012 plus fort que 2011 ! » Etes-vous heureux de terminer cette saison comme numéro 1 ? Je suis très content. C'est toujours très spécial. Cela montre que cette saison a été très bonne pour moi. Il a été difficile de rejouer après 2011 et de s'attendre à ce que je puisse renouveler ce que j'avais fait en 2011. J'ai gagné un Grand Chelem (Australian Open), 6 titres (Miami, Toronto, Pékin, Shanghai et les Masters de Londres) et j’ai eu des résultats très réguliers. Je suis très fier de ces résultats. L'année a été excellente. J'ai voulu me concentrer jusqu'au bout pour terminer l'année le mieux possible. L'an passé, vous aviez terminé la saison épuisée. Comment expliquez-vous que cette saison vous avez été beaucoup mieux ? C'était quelque chose que j'avais à l'esprit avant de commencer l'année. Je ne voulais pas trop forcer, aller trop loin. Je ne voulais pas me mettre en position d'être blessé et d'être obligé de sauter des événements importants, comme j'ai dû le faire fin 2011. J'avais joué la Coupe Davis lors d'une année très chargée déjà. Cette année a été une très bonne année, à part les Jeux Olympiques, qui ont été très délicats pour tous les joueurs, cela nous chargeait le calendrier. J'ai joué moins de tournois que l'année dernière. Je me suis concentré pour être au meilleur de ma forme pour les tournois importants. Je suis pratiquement arrivé en demi-finale partout. Cela faisait partie de mes objectifs. Mais l'année a été longue. Qu'avez-vous changé dans votre saison pour maintenir votre niveau toute l'année ? Le calendrier a été ma plus grande priorité. J'ai joué plus de 80 matches (87, Ndlr). Ce chiffre est Tennis Revue n°2 - janvier-février 2013 "C'EST UNE BONNE PÉRIODE POUR LE TENNIS MASCULIN" un bon indicateur : il montre que j'ai pu jouer à un très haut niveau et que j'ai gagné beaucoup de matches (75 v, 12 d, Ndlr). Mais le calendrier est très difficile à organiser. J'ai une équipe super, qui est avec moi, et sans eux, sans cet effort d'équipe, je ne pourrais pas réussir comme je le fais. J'essaie d'accorder la plus grande attention à mes programmes de récupération, et donc tout cela permet d'arriver là où j'en suis. Pensez-vous, qu'à l'avenir, le tennis se résumera à un duel entre Murray et vous ? Je ne pense pas. On a eu des matches épiques cette année, notamment à l'US Open et en Chine. On peut s'attendre à ce que tout le monde attende cette rivalité entre nous deux. Mais il ne faut pas oublier Roger (Federer) et les autres. Rafa (Nadal) est blessé depuis 5 ou 6 mois, malheureusement. Mais chaque fois qu'il joue dans un tournoi, il peut le gagner et Roger joue toujours à un niveau très élevé. Je pense que nous quatre nous constituons encore les joueurs qui sont au plus haut niveau et qui peuvent gagner les Grands Chelems. Cependant, c'est bien qu'Andy soit rentré dans ce groupe et qu’il ait gagné à l'US Open, il le méritait. C'est une bonne période pour le tennis masculin. Propos recueillis par Eric Mendes 31



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