Tennis Revue n°1 nov/déc 2012
Tennis Revue n°1 nov/déc 2012
  • Prix facial : 5,80 €

  • Parution : n°1 de nov/déc 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,1 Mo

  • Dans ce numéro : Gaël Monfils a choisi Tennis revue pour afficher son ambition... « revenir au top. »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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72 Agassi, Arias, Becker, Capriati, Courier, Enqvist, Errani, Golovin, Haas, Fernandez, Hantuchova, Hingis, Jankovic, Kournikova, Nishikori, Majoli, Malisse, Mathieu, Philippoussis, Kournikova, Pierce, Sampras, Sharapova, Vaidisova, Serena et Venus Williams... La liste n’est pas exhaustive. Ce sont pourtant les élèves les plus renommés de l’Académie Bollettieri. Nick Bollettieri s’est souvent conduit avec ces graines de champions et de championnes comme un père fouettard, mais pour leur plus grande réussite. La vie de cet homme qui se porte encore comme un charme à l’âge de 81 ans est un roman. Diplômé de philosophie en 1953, il sert dans la foulée dans le corps des Marines des Etats-Unis sous le grade de Lieutenant, puis abandonne en 1956 ses études de droit entreprises à Miami. Vient son premier point d’ancrage avec le monde de la petite balle jaune. Il commence à enseigner le tennis dans la prestigieuse académie de Wayland dans le Wisconsin. Ses premiers élèves se nomment Shreyl Smith et Brian Gottfried. Au début des années 70, Bollettieri devient directeur de la branche tennis au sein de l’hôtel Dorado Beach à Puerto Rico, une structure appartenant à la famille Rockefeller. A la fin des années 70, il ouvre sur la côte Ouest de la Floride son fameux camp d’entraînement à Bradenton : la Nick Bollettieri Academy (plus de 70 hectares à ce jour). Dans la perspective de programmer de futurs champions, la méthode de l’ancien Lieutenant consiste à développer chez ses jeunes élèves une confiance sans limites. Sous sa coupe, ses jeunes pousses, sur lesquelles Bollettieri a aussi bâti sa notoriété et sa richesse, doivent se plier à une pratique très intensive du jeu avec une discipline d’inspiration paramilitaire : extinction des feux, horaires fixes, sorties et rencontres familiales limitées, punitions sévères, inspections des chambrées, pas de tabac... Ses plus grands détracteurs lui ont d’ailleurs reproché son implacable sévérité avec les enfants, trop jeunes pour subir de pareils traitements, lesquels visent surtout à en faire des champions précoces, parfois usés physiquement. Cependant, dans le lot, certains se sont hissés sur la plus haute marche du tennis mondial. On pense en particulier à Monica Seles, Jim Courier et Andre Agassi. Les soeurs Williams ont aussi longtemps fréquenté l’Académie et entretiennent de très bons rapports avec son fondateur. Elles y retournent d’ailleurs souvent pour se préparer pour les tournois du Grand Chelem. D’autres exemples frappants ? Sharapova a quitté la Sibérie à l’âge de 9 ans, Jankovic à 12 en provenance de Belgrade pour débarquer dans le camp d’entraînement. Patrice Hagelauer nous en dit plus sur le personnage Bollettieri : « Nick, je le connais bien. C’est quelqu’un d’exceptionnel. Il a fondé une académie dans un cadre idyllique en Floride, qui a eu une renommée mondiale de qualité, au sein de laquelle l’organisation était pointue. Cette académie a coïncidé avec l’attente de Tennis Revue n°1 - novembre-décembre 2012 futurs champions qui avaient envie de travailler dur. Et même s’il n’avait pas une connaissance totale du tennis, il faisait progresser en demandant beaucoup d’efforts. Il a aussi gardé des contacts privilégiés avec les cadors qui l’ont accompagné, certains pendant des périodes plus ou moins longues. Nick s’est toujours investi à 200%. Très vite, il a aussi été soutenu par IMG. Cela a été un atout extrêmement important pour lui, car c’est une structure mondiale qui avait en son sein les meilleurs mondiaux, lesquels trouvaient dans cette base la possibilité de pouvoir s’entraîner. Il y avait une ambiance particulière dans ce camp avec des joueurs de haut niveau qui s’entraînaient. C’est toujours communicatif et stimulant de rentrer dans un monde de champions. Quand les meilleurs s’entraînent, on voit l’intensité, la précision dans chaque geste. Ceux qui arrivaient derrière s’en servaient comme modèle. Cela leur permettait de franchir des étapes. Bien entendu, il a eu des détracteurs. Cependant, il y a eu plusieurs phases. Nick avait, dans un premier temps, fait sa publicité sur « je vous promets des larmes, du sang, mais du succès ». L’aspect physique ressortait de son travail. Ce mode de fonctionnement avec une rigueur militaire a marché pendant un moment et correspondait à l’ère du temps. Puis il a évolué. Il a ensuite fait appel à des psychologues de renom. Il a su s’entourer de gens qui l’ont bien accompagné dans son travail ». Avec les résultats que l’on connaît. Car pour tous ces champions, qu’ils soient ou non encore en activité, aucun d’eux n’a oublié son passage dans le camp de Bradenton ; la voie les menant vers les sommets. n Jean-Marc Azzola
« Avec moi, Paul-Henri Mathieu est devenu un guerrier sur le court » Le plus célèbre des mentors nous en dit plus sur son livre « It Ain’t easy » (ce n’est jamais assez). Un résumé de sa vie tout en couleur. Quel est le thème de votre livre ? Il met en lumière où je suis né et d’où je viens. C’est un conte de ma vie. J’y mets aussi en exergue mon expérience militaire et comment j’ai aidé certaines personnes à se faire un nom. Cela m’a pris cinq ans pour l’écrire. Il contient 300 interviews. La préface est de Jim Courier et la page de couverture, André Agassi. J’ai eu envie de raconter les raisons pour lesquelles j’ai fondé mon académie, comment j’ai débuté dans la vie et comment j’ai aidé des gens à démarrer la leur. C’était important d’expliquer comment un gars comme moi, aux origines italiennes modestes, en est arrivé là où il en est aujourd’hui. Avec la notoriété qui est la vôtre, pourquoi avoir voulu écrire ce livre ? J’ai voulu montrer qu’avec des origines très modestes, on pouvait parvenir à fonder l’académie la plus puissante au monde. Je voulais rappeler que j’ai formé des jeunes qui sont devenus très reconnus dans le monde du tennis et mis en lumière ce qu’ils ont fait après leur carrière sportive. « Mon » Jimmy Arias avait à l’époque révolutionné le tennis par son jeu en force. Quand j’ai commencé, j’avais dix étudiants qui ont vécu chez moi dont trois qui se nommaient Arias, Bassett et Krickstein. Je suis fier et j’ai eu la chance d’avoir eu sous ma coupe une dizaine de premiers mondiaux (Agassi, Becker, Courier, Hingis, Jankovic, Rios, Seles, Sharapova, Serena et Venus Williams, Ndlr). J’ai beaucoup aimé aussi travailler avec Yannick Noah qui est resté un ami. J’ai travaillé avec Paul-Henri Mathieu pendant plus de deux ans. Il a été l’un des plus gentils garçons que j’ai pu connaître, à la progression fulgurante. Dommage que ses blessures l’aient freiné à ce point. Sinon il se serait fait une place parmi les tous grands. Avez-vous inculqué ce « fighting spirit » à Mathieu lors de son passage dans votre académie ? Je pense que cela y a contribué. Ce garçon si gentil, si talentueux, est devenu un guerrier sur le court... Je suis heureux d’avoir pu permettre à des enfants innocents, à la base, d’avoir pu réussir dans la vie et ce, avec des moyens parfois très modestes. Qu’est-ce qui vous rend le plus fier ? D’avoir permis à des gamins et gamines, de 12, 13 ans, dont les parents n’avaient pas beaucoup d’argent, de leur donner la chance de réussir. Dans l’Académie, ils pouvaient aussi connaître une scolarité digne de ce nom. Mon rôle a été de montrer aux gens qu’ils pouvaient réussir quelque chose de grand dans la vie. Je disais toujours aux gamins, « tu veux réussir, bats toi et trouves ta voie ». Quand certains me répondaient « je ne peux pas », je leur rétorquais « non ne trouves pas d’excuse et ne dis pas tu ne peux pas ». Quand je voyais un gamin pour la première fois, je lui disais « il n’y a que la victoire qui compte et la deuxième place est inacceptable ». On ne peut pas gagner à tous les coups, mais chacun doit se donner la chance et les moyens de rentrer dans la bataille. « Je vais gagner ». C’est l’attitude à adopter en sport et dans la vie en général. Cela vous aide à devenir meilleur. Quand on a aussi fait venir deux enfants d’Ethiopie, c’est qu’on sentait qu’ils pouvaient faire quelque chose de bien. Cependant, tous n’ont pas la même force morale... Il faut alors assimiler le background familial. Il faut savoir d’où les enfants viennent, de quel milieu. La sensibilité d’un jeune peut influer par exemple en fonction du divorce des parents. Chaque personne, chaque fille est différente l’un, l’une, de l’autre. L’intransigeance extrême, la rigueur excessive, a souvent été pointée du doigt dans votre académie... Je me suis servi de mon expérience personnelle. Nous n’avions pas le choix. Ce concept n’existait pas avant. Des gamins quittaient le foyer. On se devait d’être très strict. L’Académie a progressivement pris de l’ampleur tout comme IMG. Sauf qu’Agassi a brisé toutes les règles. Il était différent des autres. Il est comme mon fils. Haas était reparti au bout d’un mois, puis est revenu et est resté 20 ans. Mirmyi, 25 ans. En 1994, il n’y avait qu’un sport dans l’Académie. Désormais on en dénombre huit avec un centre de recherche. Cependant, Federer n’a jamais évolué dans votre structure... Non, mais Paul Annacone, qui a été l’un de mes élèves, s’occupe de Roger Federer. Cela me rend Tennis Revue n°1 - novembre-décembre 2012 fier tout de même ! Pourquoi cette expansion de votre structure ? Quand on a réussi à travers le tennis, on a voulu le développer à travers d’autres sports (golf, football, baseball, basket, footballaméricain, lacrosse, Ndlr). Que d’autres académies aient ouvert leurs portes ne fait que confirmer mon succès. J’ai été un pionnier en la matière. Cependant, on ne se repose pas sur nos lauriers. On veut faire tous les jours de notre Académie la meilleure possible. n Propos recueillis par J-M.A. « ON SE DEVAIT D'ÊTRE TRÈS STRICT DANS L'ACADÉMIE, MAIS AGASSI A BRISÉ LES RÈGLES » 73



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