Tennis Revue n°1 nov/déc 2012
Tennis Revue n°1 nov/déc 2012
  • Prix facial : 5,80 €

  • Parution : n°1 de nov/déc 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 33,1 Mo

  • Dans ce numéro : Gaël Monfils a choisi Tennis revue pour afficher son ambition... « revenir au top. »

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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30 C’est un beau roman, c’est une belle histoire. C’est une romance de… chez eux. Là-bas aux Etats-Unis, le destin des sœurs Williams est de ceux qui font rêver les foules et entretiennent l’illusion que tout y est possible. Une décennie avant l’élection de Barak Obama, premier président noir de l’histoire US, un demi-siècle après Arthur Ashe, Serena et Venus Williams ont ranimé la flamme afro-américaine en étant les héroïnes d’une fantastique saga. A l’origine, un homme, Richard Williams, un fan de tennis, mais loin d’être un spécialiste, qui tombe par hasard à la télévision sur un reportage sur la joueuse roumaine Virginia Ruzici. Nous sommes en 1978 et la somme de 200 000 francs (environ 35 000 euros) qui est promise à la gagnante de Roland- Garros impressionne le papa d’une famille qui vit encore à Compton, un ghetto noir de Los Angeles. A la tête d’une petite entreprise de gardiennage, Richard Williams a déjà trois filles. Et comme dans les contes d’Andersen, il décide d’en avoir deux autres pour en faire « les meilleures que la terre ait portées », comme le raconte la légende ! Ainsi naquirent Venus d’abord, le 17 juin 1980, Serena ensuite, le 26 septembre 1981, pour le plus grand plaisir d’un homme qui allait s’inventer un destin d’entraîneur de tennis, un sport qu’il n’avait jamais pratiqué et qu’il allait apprendre dans les livres. Sans jamais baisser la garde, il va imposer à ses deux filles un rythme d’entraînement infernal que leur robuste constitution et leur mental hors du commun leur permettront d’absorber et d’assimiler sans trop de casse. Lorsqu’elle était encore numéro 1 française, Isabelle Demongeot a plusieurs fois croisé la route des Williams. « A ce moment-là, elles ne faisaient que s’entraîner, se souvient-elle. Elles étaient présentes sur tous les tournois, mais sans jamais jouer. Le papa voulait d’abord les tester face aux meilleures. Je me suis souvent entraînée avec elles. Elles n’avaient que 14 ou 15 ans. » A sa manière, Richard va ainsi fabriquer deux compétitrices hors norme qui auront débuté le tennis à quatre ans et n’auront longtemps joué que contre des garçons. Ce n’est qu’en 1991, alors qu’il sent poindre quelque chose d’intéressant dans le regard des spécialistes de tennis, que le paternel déménagera en Floride pour confier ses deux trésors à un entraîneur professionnel, Rick Macci. A la cadence de trente heures de tennis par semaine, les Williams, Témoins de Jehovah par ailleurs, ne vivront que pour et par la progression de Venus et Serena, misant tout sur leur réussite, ne s’écartant jamais d’un objectif ultime, en faire des stars de la planète tennis, qui paraît fou à beaucoup d’observateurs extérieurs. Pourtant, ça marche. A 14 ans, Venus signe son premier contrat avec Reebock d’un montant de 2 millions d’euros et devient pro. Trois ans plus tard, elle se frayera un chemin jusqu’en finale de l’US Open 1997 ne s’inclinant que contre la numéro 1 mondiale, Martina Hingis. Dans les tribunes de Flushing Meadow, Richard jubile. Il a « Leur capacité à se transcender est extraordinaire. » Venus Williams a montré la voie du succès à sa soeur Serena. Tennis Revue n°1 - novembre-décembre 2012 presque gagné son pari et n’hésite pas à annoncer que la cadette, Serena, sera encore meilleure que l’aînée. Là encore, l’histoire lui donnera raison. « Le papa les a construites pour gagner, précise admirative Demongeot qui les retrouvera ensuite en tant que coach de Mauresmo. Ce qu’il a fait est fabuleux car il ne leur a permis de jouer en tournoi que lorsqu’il a eu la certitude qu’elles gagneraient davantage de matches qu’elles n’en perdraient. Or, en tennis, normalement, on perd plus souvent et c’est ainsi que le doute s’installe. Elles n’ont jamais douté. Je ne les ai jamais vus retenir leurs coups, jouer petit bras. Qu’elles jouent bien ou mal, leur engagement est toujours total. Et ça, elles le doivent à leur père qui en a fait des sportives complètes et équilibrées. » Des phénomènes qui comptabilisent aujourd’hui 22 titres du Grand Chelem et ont amassé une fortune de plus de 60 millions de dollars qui en font les joueuses les plus riches de l’histoire. Géniteur, entraîneur, précurseur puis gestionnaire de la car-
rière de ses filles, qu’il a toujours refusées de confier à des conseillers ou à des agents, Richard Williams est certainement de tous les pères de stars celui qui aura le mieux conduit sa barque. Malgré quelques dérapages verbaux destinés à des adversaires coriaces, malgré des mensonges plus maladroits que méchants pour entretenir la légende familiale, malgré une présence que d’aucuns jugeaient envahissante, malgré un affairisme certain qui s’apparentait parfois à de l’exploitation commerciale sur mineur, il a su placer ses deux bébés sur orbite et leur offrir un destin de star. Car au-delà des apparences et des photos people qui alimentent la presse à scandale, les Williams ont d’abord construit leur fortune sur leur réussite sportive quand d’autres championnes précoces se sont contentées de tirer bénéfice de leur look. Et quand on regarde la permanence des sœurs Williams au plus haut niveau depuis quinze ans, leur capacité à se régénérer après des baisses de régime, on se dit que les Kournikova, Lucic, Hingis ou même Seles et Capriati n’ont finalement fait que passer. Ou regarder l’inédite opposition entre les deux sœurs lors des quatre finales de Grand Chelem qu’elles ont disputées l’une contre l’autre. Du jamais vu. Ou constater que depuis 1997, année de la première apparition d’une Williams dans une finale de Grand Chelem, elles ont été au palmarès de 22 éditions et présentes dans 33 finales au total (15 victoires et 5 finales pour Serena, 7 victoires et 7 finales pour Venus). Sans compter les treize titres qu’elles ont remportés ensemble, en double (4 Australian Open, 2 Roland-Garros, 5 Wimbledon et 2 US Open). Unique. Sur deux années, Serena gagnera même quatre Majeurs d’affilée, performance inédite depuis Steffi Graf dix ans avant, et sera numéro 1 mondiale pendant 57 semaines consécutives laissant à sa sœur cadette ce statut en 2002. Souvent perturbé par des blessures, le parcours de Venus sera plus irrégulier sans être moins brillant car lorsqu’elle parvient à jouer à 100% de ses capacités, elle est tout aussi irrésistible… même si elle souffre de la comparaison dans les face à face si attendus du grand public et des médias avec sa sœur. En 23 confrontations, Serena mène 13 à 10 dont quatre fois en finale depuis la première historique à l’US Open 2001. Ainsi, de blessures physiques ou morales en résurrections - « Elles ne lâchent jamais rien et leur capacité à se transcender est extraordinaire » dixit Demongeot -, de victoires en contre performances, la saga des sœurs Williams ne cesse d’alimenter la planète tennis depuis bientôt vingt ans. Et les deux dernières levées de Serena à Wimbledon et à l’US Open sont là pour rappeler aux plus jeunes que le livre n’est pas prêt de se refermer. A 31 ans, si Venus semble usée depuis son dernier titre en 2008 à Wimbledon, Serena conserve un mental de débutante et un avenir encore prometteur qui pourrait l’amener encore plus haut. En 2010, Monica Seles déclarait : « Serena a le potentiel pour être la meilleure joueuse de tous les temps. Elle a un grand service, un bon retour, un mouvement fantastique et une incroyable puissance. Aucune joueuse n’est aussi forte qu’elle. » En 2012, la légende éclairée de deux nouveaux trophées se rapproche un peu plus des Navratilova, Evert ou Graf, ces championnes hors du temps que Richard Williams regardait à la télé depuis son ghetto californien avant d’avoir une fulgurance et de se mettre en tête de donner naissance « aux meilleures joueuses que la terre ait portées ». n Les plus riches de l’histoire du tennis Serena davantage que Venus, mais les sœurs Williams quand même… détiennent le record des gains accumulés dans une carrière. Avec 38 et 28 millions acquis à elles deux elles écrasent la concurrence. Une entreprise qui n’a jamais connu la crise, telle pourrait être le titre d’un film qui retracerait la carrière, loin d’être achevée, des sœurs Williams. En date de septembre 2012, Serena et Venus étaient en effet tout en haut du classement des records de gains dans une carrière chez les joueuses de tennis. Avec respectivement 38 millions de dollars (Serena) et 28 millions de dollars (Venus), les deux Américaines dominent la spécialité assez largement et vont être amenées à le faire encore davantage car la troisième sur le podium, Clijsters (24 millions) vient de mettre un terme à sa carrière, quand les quatrième (Davenport, 22 millions), cinquième (Graf, 21,8 millions) et sixième (Navratilova, 21,6 millions) ont arrêté depuis longtemps. Leur plus dangereuse concurrente reste Sharapova (7 ème avec 21 millions) encore à bonne distance. Dans le top 50 des tenniswomen les plus riches, la Russe est pour le moment la seule qui peut rivaliser avec une… évidemment pas avec les deux. Les Williams resteront donc longtemps Tennis Revue n°1 - novembre-décembre 2012 Tom Boissy encore la famille la plus riche du tennis. Et si Serena a pris le relais de sa sœur cette saison, c’est bien Venus qui détient encore le record de gains sur une seule saison. En 2009, elle a remporté deux titres du Grand Chelem et le Master pour un total de 6 545 546 dollars (soit 4,4 millions d’euros). Sachant que le précédent record datait de 2007 (Justine Hénin avec 5 426 586 dollars), nul doute qu’il ne faudra pas attendre longtemps pour se rapprocher des 5 millions de gains. Venus : » C’est incroyable à quel point le tennis féminin a grandi ces dernières années et que le circuit a augmenté nos gains de façon si importante. » N’en déplaise à Gilles Simon (!), les dirigeants de la WTA ont aligné depuis cinq ans les gains des femmes sur ceux des hommes dans les quatre majeurs et les principaux autres tournois. Ainsi, en remportant cette saison son 15 ème Grand Chelem à New York, Serena a rejoint et même dépassé André Agassi pour l’ensemble de leurs gains en tournois. Et à 30 ans, la cadette des Williams ne semble pas encore rassasiée. n Le classement des gains dans une carrière (en dollars) 1- Serena WILLIAMS (USA) 38 millions 2- Venus WILLIAMS (USA) 28,3 millions 3- Kim CLIJSTERS (Bel.) 24,3 millions 4- Lindsay DAVENPORT (USA) 22,1 millions 5- Steffi GRAF (All.) 21,8 millions 6- Martina NAVRATILOVA (USA) 21,6 millions 7- Maria SHARAPOVA (Rus.) 21,1 millions 8- Justine HENIN (Bel.) 20,8 millions 9- Martina HINGIS (Sui.) 20,1 millions 10- Arantxa SANCHEZ (Esp.) 16,9 millions 31



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