SVM n°24 janvier 1986
SVM n°24 janvier 1986
  • Prix facial : 18 F

  • Parution : n°24 de janvier 1986

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (203 x 280) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 149 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Amiga de Commodore.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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REPORTAGE Le Simubraille, Slmubrallle, mis au point par Philippe Balin (ci-contre), (cl-contre), un boitier bottier de dimension réduite adaptable au terminal Versabraille. Versabrallle. S AVEUGLES Aujourd'hui, Altjourd'hui, grâce à l'informatique, les techniques existent pour que les aveugles puissent lire et écrire ce qu'ils veulent, aussi vite que les voyants, sans avoir à se plier au goulet d'étranglement que constitue l'édition des livres en braille. Malheureusement, il il existe un obstacle et un seul - pour que des millions d'aveugles bénéficient de cette véritable révolution : le coût prohibitif de la plupart des matériels, dû à l'absence de coordination entre les industriels concernés et à des querelles d'un autre âge parmi les associations de non-voyants. QUI VOIENT Lire et écrire sans l'usage des yeux: : la révolution promise de la micro-informatique 32 82 SCIEl'ICE SCIENCE lt & VIE JlllCRO MICRO 1'1° N°24• JAl'IVIER JANVIER 1986
D DEUX NOMMES HOMMES CONVERSENT DE- DEvant un micro Leanord, dans un petit bureau du département Télé- Télé communications d'Air France à Orly:• : , SI on modifie le taux d'amortissement sur la colonne.3, le 136 B6 passe à 600 000. Ça devient deutent trop cher... - Mais Mals non, regardez, il Il suffit d'utiliser d'utlllser la méme même formule que la cellule de droite pour retomber sur nos pieds. Et E.t cela nous fait en méme même temps économiser l'lmmoblllsatlon du matériel maMrlel I... ! L'écran. est occupé par les cases du tableur Multiplan, sur lequel ! Immobillsation ils calculent le financement prévisionnel d'une nouvelle installation téléphonique. J'ai rendez-vous avec Philippe Balin, un informati- infonnaticien aveugle qui vient de mettre au point un système de bureautique intégré pour non- non voyants. L'un des deux hommes se lève et me tend la main. Je tombe des nues : souriant, la trentaine élégante, le personnage n'a rien du handicapé aux lunettes noires et aux gestes hésitants. Un transcripteur Braille Mais comment fait-il pour jongler sur les cases d'un tableur avec cette aisance décon- déconcertante ? La réponse se trouve dans un boî- boîtier de la taille d'un gros dictionnaire posé à côté du micro : un terminal tenninal Braille avec lequel il manipule littéralement l'écran. Inventé au 19e 19'siècle par le Français qui lui a donné son nom, l'écriture Braille consiste à coder cha- chaque lettre de l'alphabet lalphabet sur une matrice de six points en relief que laveugle l'aveugle peut lire du bout des doigts. Au début des années 70 sont ap- apparues les premières imprimantes Braille. Un principe ultra-simple : prenez une imprimante à aiguilles ordinaire, enlevez le ruban et poussez la force de la tête d'impression au maxi- maxi pous- mum. Au lieu d'imprimer le dessin de l'alphabet traditionnel, un petit programme l'alpha- transforme transfonne chaque lettre en son équivalent relief sur la matrice Braille de six points. Ainsi, n'importe quel texte stocké en code ASCII (le code de transcription des caractères commun à la quasi-totalité des ordinateurs) peut être reproduit en braille automatiquement.• C'est grâce à cette Imprimante imprimante que j'ai pu suivre suture les cours de l'École/'École supérieure des télécommuni- télécommunications, explique Philippe Balin. J'ai eu la chance d'arriver au moment où les polycopiés commençaient à étre être saisis sur traitement de texte.• Restait une difficulté : lorsqu'un aveugle voulait se servir nonnalement normalement d'un ordina­ ordinateur, il fallait imprimer le contenu ! de chaque écran avant d'en prendre connaissance. Long, fastidieux, et surtout coûteux en papier, car le aveu- braille occupe dix fois plus de place que l'écriture normale. nonnale. Vers 1979, apparaissent les pre : pre- l'écri- miers afficheurs Braille dits dits• éphémères•, c'est-à-dire qui peuvent s'effacer : la matrice est créée par six minuscules picots qui sail- sait lent sous l'impulsion d'un électro-aimant. L'équivalent relief d'un écran visuel où les caractères sont formés fonnés par des assemblages de points allumés ou éteints... Le tenninal terminal Versabraille utilisé par Philippe Balin est l'un des plus performants perfonnants actuelle- actuelle ment disponibles. L'aveugle peut ainsi lire n'importe quel caractère stocké dans la ma- chine et dactylographier tout. texte de son choix, en braille, qui sera stocké en code ASCII dans le micro, donc directement consul consul- table par une personne voyante sur l'écran de la machine. Le problème est que le non-voyant ne dis- dispose que d'une fenètre fenêtre de 20 caractères, alors que l'écran d'un micro comporte une ving- ving taine de lignes de 80 caractères. C'est pour- pourquoi Philippe Balin a mis au point le le• Simu- Simubraille•, un un petit boîtier complémentaire du Versabraille, muni d'une vingtaine de touches et permettant pennettant de contrôler la position de l'affi- l'afficheur tactile. Au lieu de balayer l'écran sé- sé quentiellement, la fenêtre Braille peut être placée dans n'importe quel endroit de l'écran réel en pressant les touches du Simubraille. Un aveugle peut ainsi utiliser tout logiciel du commerce, et surtout travailler avec un collè- collè gue voyant, lequel voit apparaître, en bas de l'écran, la fenêtre fenétre de 20 caractères correspondant à ce qui est affiché sur le terminal tenninal Braille. correspon- Le système, d'abord mis au point pour des micros fonctionnant sous le système d'exploi- d'exploitation CP/M destiné aux ordinateurs 8 bits, fonctionne maintenant sur n'importe quelle machine MS-DOS, le le système d'exploitation 16 bits popularisé par l'IBM PC, et ce, sans adaptation particulière. Il comporte deux im- imprimantes, une traditionnelle et une en braille et coûte aux alentours de 250 000 F.f. Commercialisé par la société Aides, il a déjà été adopté par la Banque du Maroc et la firme finne United Airlines. D'autres grandes entreprises pourraient suivre. La synthèse de parole Ingénieur en télécommunications, cadre supérieur à Air France, Philippe Balin est un personnage exceptionnel qui a su acquérir son indépendance grâce à l'informatique. l'infonnatique. Il a passé ses concours dans les mêmes condi- conditions que ses collègues, et n'a pas de secréta- secréta riat particulier pour lui traduire les énonnes énormes documentations techniques envoyées par les fournisseurs lorsqu'il s'agit de décider quel matériel équipera la prochaine installation in- informatique qui sera utilisée par son entre- entreprise.• Toutes ces informations Informations sont au- aujourd'hui disponibles sur des banques de données spécialisées, explique-t-il. Il me suffit de connecter mon micro sur une ligne télépho- téléphonique pour y avoir auolr immédiatement Immédiatement accès accés en braille. De méme, même, toutes les notes de service que je Je tape en braille sortent aussitôt sur l'im- l'imprimante classique pour étre être communiquées aux collègues voyants uoyants du service...• D'autres stations de bureautique du même type sont également en cours de mise au point, notamment le système portable• Cop- Coppelius• fonctionnant sur un Epson fiX HX 20 et développé par Dominique Wegan, un cher- chercheur du criAm CNAM (Conservatoire national des Arts et Métiers), ou Ordibraille•,conçu par le laboratoire d'informatique d'infonnatique de l'Université de Toulouse. Mais le braille n'est pas la seule solution offerte aux aveugles par l'informatique. Depuis trois ou quatre ans, la synthèse de parole s'impose aussi comme un moyen plus direct et moins coûteux de transcription. Car les quelque 50 000 aveugles ou mal-voyants répertoriés en France ne connaissent pas for- forcément le braille. Ainsi, la société EPS a mis au point une adaptation parlante du fort ré- répandu programme de traitement de texte Wordstar de Micropro, utilisée aujourd'hui par bon nombre d'aveugles, entre autres dans plusieurs ministères.• EPS-Star• fonctionne sur des micros sous CP/M, couplés à un syn- synthétiseur de parole de la société Ferma. Fenna. Une révolution L'aveugle peut, à l'oreille, prendre connaissance de l'écran ligne par ligne, caractère par caractère ou mot par mot, tout en tapant son texte sur un clavier ordinaire. Là encore, aveugles et voyants peuvent travailler sur le connais- même micro. Mais le système a aussi quel- quel ques inconvénients : seul un logiciel adapté peut être utilisé, et Wordstar est pour l'instant le seul disponible. D'autre part, l'élocution de la machine n'est pas toujours très claire, ni sa rapidité très élevée. Ferma Fenna prépare actuelle- actuellement une carte (. (Valentine).) pouvant se connecter sur un Apple de la série II Il et per- permettant de faire parler n'importe quel logiciel, de traduire le contenu de l'écran ou de tout texte stocké en ASCII dans le micro. Malheu- Malheureusement, cette carte ne semble pas parfaite- parfaitement au point et pose encore des problèmes d'ergonomie. De leur côté, les PTT, PIT, certains constructeurs privés et plusieurs associations de non-voyants travaillent à la mise au point d'un Minitel parlant qui ouvrirait le monde de la télématique aux aveugles. Le mouvement ne fait que commencer, mais une chose est sûre la la micro-informati- micro-infonnatique représente pour les aveugles une révolu- révolution comparable à celle de l'invention de l'im- l'imprimerie pour les voyants. Une chance fantastique de sortir de l'isolement. Il y a seulement dix ans, les non-voyants n'avaient accès qu'à la littérature traduite en braille - quasiment à la main - ou éditée en cassettes audio par les différentes associations de bé- bé névoles.• Il fallait attendre au moins un an auant avant d'avoir d'auolr accès à un simple « Que sais-Je sais-je ? •, confie un aveugle, et le nombre d'ouvrages disponibles n'atteignait pas les trois mille, mllle, dont pas mal de bouquins à l'eau de rose...• Aujourd'hui, tout texte saisi sur un ordinateur est virtuellement accessible sur un terminal tenninal éphémère, une imprimante Braille ou un syn- synthétiseur vocal. Le volume d'informations cir- cir culant sous forme numérisée augmente de façon logarithmique ; par exemple, les livres qui paraissent dans les librairies sont, au- aujourd'hui, pratiquement tous dactylographiés sur des consoles informatiques infonnatiques avant d'être d'ètre photocomposés. Il suffirait de disposer de tous ces enregistrements pour les traduire immédiatement en braille ou en synthèse de parole. Quant aux textes ordinaires sur simple support papier, ils pourront bientôt être placés sous des lecteurs optiques (les pre- pre­ sim pie miers modèles à des prix accessibles de- de vraient apparaître apparaitre d'ici quelques mois). Il suffira tira alors à un aveugle de placer son journal sous l'oeil l'œil du lecteur pour pouvoir le parcourir suf SCIENCE & VIE JltlCKO MICRO l'l N°0 24•- JAl'lVIEK JANVIER 1986 83



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