SVM n°22 novembre 1985
SVM n°22 novembre 1985
  • Prix facial : 17 F

  • Parution : n°22 de novembre 1985

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (203 x 280) mm

  • Nombre de pages : 196

  • Taille du fichier PDF : 235 Mo

  • Dans ce numéro : 5 vérités sur le TO9 de Thomson.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 54 - 55  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
54 55
Suite de la page 51 sept cents francs pour un ordinateur avec 64 Ko de mémoire vive, un lecteur de cassettes incorporé et un écran monochrome (le CPC 464). Quatre mille cinq cents francs pour une machine avec 128 Ko, un lecteur de disquettes et un écran monochrome (le 6128). Sept mille francs pour un système de traitement de texte complet avec 256 Ko, écran, lecteur de disquettes et imprimante (le PCW 8256). Ces prix sont tellement éloignés de ceux de la concurrence que cela saute aux yeux même des plus profanes en informatique. Pourtant, il n'y a pas de concession majeure sur la qualité, et sur de nombreux points les performances sont même supérieures à celles des modèles concurrents. Alors ? Quelle est la recette cachée ?. Il n'y en a pas•, dit Alan Sugar l'air vaguement blasé, Nos méthodes n'ont rien de secret. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi les autres constructeurs ne font pas comme nous.• Premier principe fondamental, d'où découle tout le reste : • Quand nous décidons de mettre au point un nouveau produit, nous fixons d'abord son prix. Ensuite, nous remontons en arrière pour tenter d'offrir le maximum de performances pour le prix que nous avons décidé. Tous nos concurrents font l'inverse : Ils définissent d'abord tes caractéristiques de leurs ordinateurs, puis Ils tentent d'en limiter 136 Chiffre d'affaires en millions de livres 100 85 dejuin83 àjuin84 dejuin84 àjuin85 L activité de la branche micro-Informatique d'Amstrad a débuté en avril 1984 avec le lancement du CPC 464 (les chiffres sont ceux de l'ensemble du groupe). le coût. Cette stratégie n'est possible que parce qu'Amstrad se refuse catégoriquement à l'innovation technologique : • Notre spécialité, c'est d'explorer des marchés qui ont dà été défrichés par d'autres. Le professeur d'université qui veut le dernier cri de la technique ne nous Intéresse pas. Nos concurrents font des ordinateurs trop performants, avec des possibilités que 90% des acheteurs n'exploiteront jamais. Nous, nous faisons des ordinateurs pour le marché de masse.• S'imposer des prix bas, fort bien. Mais comment les tenir ? Ici intervient le deuxième principe : être impitoyable lors de l'achat des composants.• Nous ne sommes pas des nouveaux venus. Amstrad est un fabricant de produits électroniques grand public qui a une longue expérience derrière lui, en particulier quand il s'agit de négocier des prix d'achat auprès des fournisseurs de composants. Exemple : le choix des lecteurs de disquettes 3 pouces pour l'ensemble de ses ordinateurs.• Nous devions absolument choisir les lecteurs les moins chers que nous puissions trouver. Au moment où nous avons pris cette décision, les lecteurs.3 pouces étaient 40 à 45% meilleur marché que les lecteurs.3 1/2 pouces.• A Hong-Kong, une antenne forte de 40 personnes est notamment chargée des achats de composants. En grandes quantités Troisième principe : fabriquer en masse, si nécessaire au Japon ou en Corée pour abaisser les coûts de production. Amstrad était déjà coutumier du fait avec ses chaînes stéréo, qu'on voit plus souvent dans les hypermarchés ou les pages tapageuses des catalogues de vente par correspondance que dans les auditoriums des boutiques chic. Avec les prix de ses ordinateurs, Amstrad n'a aucun mal à faire tourner les chaînes de ses soustraitants à plein régime. Tout de même, de tels prix n'entraînent-ils pas des compromis ? Sur la qualité de fabrica lion, par exemple ? • Mals non., dit Alan Sugar.• Notre taux de retour d'ordinateurs neufs n'est que del%, contre 5% pour Acorn. C'est une étude commandée par Acorn lu/­ même qui/'a montré ! • Sur les marges des détaillants ? • Elles sont identiques ou supérieures à celles qu'offrent Commodore, Atarlou Sinclair en Angleterre ou en Allemagne.• (En France, elles sont de 20 à 22%.) Sur la compétence des vendeurs ? • Nous ne vendons ni dans les épiceries, ni dans les statlonsserolce. Sur les bénéfices ? • Ca va très bien, merci. Nos marges ne sont pas réduites, et nous devrions annoncer des profits record en octobre.• 121 Tout ça a l'air vraiment très simple. Si simple qu'on se demande pourquoi tout le monde n'en fait pas autant.• Qui ça, tout le monde ? Eh bien, Philips ou Thomson, par exemple, qui ont eux aussi une grande expérience dans lélectronique grand public. C'est normal, ils sont contrôlés par leurs gouvernements. Sinclair, alors. Ils n'ont pas d'expérience dans/'électronique grand public. Sinclair est peut-être fort en recherche, mais Il est très mauvais en marketing.• Et Alan Sugar ajoute : • Vous savez, les composants, on ne les vole pas. On les achète, comme tout le monde...• Evidemment, une telle stratégie (2) Cette Interview a été réalisée fin septembre. n'a pas que des avantages pour le consommateur. Amstrad doit être le seul constructeur de micro-informatique à avoir lancé un ordinateur en sachant pertinemment qu'il allait le rayer de sa gamme six mois plus tard. li s'agit du CPC 664, lancé en avril dernier et remplacé en septembre par le 6128. La seule différence importante est la mémoire, portée de 64 à 128 Bénéfices en millions de livres 20 10 dejuin83 à juin 84 20, 1 de juin 84 à juin 85 Les bénéfices de 1985 ne comprennent, dans le secteur de la micro, que ceux liés essentiellement au CPC 464 puisque le CPC 664 n'a été livré qu'en avril 1985. Ko sur le dernier modèle. Mettez-vous dans la peau de celui qui a acheté un 664 en août, et qui s'aperçoit qu'en attendant septembre, il aurait eu deux fois plus de mémoire pour le même prix... Alan Sugar s'explique sur ce faux pas : • Nous avons commencé à travalller sur le CPC 664 en octobre 1984. Nous avions prévu 64 Ko de mémoire. Peu après, le prix des circuits de mémoire vive a plongé. Nous nous sommes rendu compte qu'on pouvait fabriquer un ordinateur avec deux fois plus de mémoire pour le même prix. Au printemps 1985, nous avons décidé que le 664 serait abandonné. Les deux modèles étaient trop proches. Vous savez, quand vous mettez au point un ordinateur, vous devez suivre de très près le marché des semi-conducteurs, qui est très changeant. Vous êtes obligés de réagir vite. SI nous étions en mesure de proposer un 128 Ko pour le même prix qu'un 64 Ko auparavant, nos concurrents le pouvaient aussi. Ne pas le faire aurait été dangereux pour nous.• Si Alan Sugar assure que le service après-vente sera assuré et que les logiciels à venir seront compatibles (sauf s'ils prennent trop de mémoire, bien sûr), il reconnaît qu'Amstrad n'offrira pas la possibilité de transformer les 664 en 6128. Des sociétés indépendantes, peut être... Cela ne risque-t-il pas d'entamer sérieusement le capital de confiance dont bénéficiait Amstrad jusqu'à présent ? Vous savez, notre métier, c'est le commerce. Nous perdrons toujours quelques amis, ceux qui ont acheté le 664. L'important, c'est ceux que nous gagne- SCIEl'ICE VIE JlllCRO 1'1° 22• l'IOVEJllBRE 1985
rons, ceux qui achèteront le 6128...• Un brin cynique, monsieur Sugar... La question des lecteurs de disquettes 3 pouces est un autre motif d'interrogation pour l'acheteur. S'ils étaient moins chers pour Amstrad au moment des premières études, ils sont aujourd'hui au même prix que les lec teurs 3 1/2 pouces, dit Alan Sugar. Pourquoi ? Parce que la plupart des constructeurs japonais se sont lancés dans le.3 1/2 pouces•, reconnait-il. Tout porte à croire, en effet que Le PCW 8256 : une machine de traitement de texte à moins de 7 000 f (en haut) et le CPC 464 : la première machine mise sur le marché par Amstrad (au centre). Le CPC 664 : le remplaçant du 464, vendu un an plus tard et arrété aujourd'hui. c'est ce dernier format qui succédera au 51/4 pouces popularisé par l'IBM PC. Seuls deux constructeurs au monde fabriquent du 3 pouces, selon le patron d'Amstrad : Hitachi (l'inventeur du format) et Matsushita (qui fournit la société anglaise). Et quand on lui demande quels autres ordinateurs utilisent ce SCIEl'ICE VIE l'llCKO 1'1° 22 l'IOVEl'IBKE 1985 format il ne trouve à citer qu'une obscure machine de traitement de texte japonais de Matsushita. Le.3 1/2 pouces n'a absolument aucune signification " s'obstinetil pourtant.• Au troisième trimestre, le Japon a exporté davantage de lecteurs.3 pouces que de.3 1/2 pouces ou de 5 1/4 pouces, et c'était pour Amstrad. Je vous garantis que cette année, les ordinateurs les plus vendus en Europe auront des lecteurs.3 pouces, ce seront des Amstrad. Une politique à risques Concrètement que se passerat-il pour les possesseurs d'Amstrad si Hitachi et Matsu shita décident un jour que les commandes de la société anglaise ne sont pas suffisantes pour maintenir la chaine de production ? Qui continuera à leur vendre des disquettes ? En fait Alan Sugar fait le pari qu'Amstrad vendra assez de machines pour imposer un standard à lui tout seul. Possible pendant un certain temps, mais risqué... Autre politique à double tranchant : en France au moins, aucun crédit n'est consenti aux revendeurs, même les plus gros. Ils doi vent payer au cul du camion•, contrairement à la pratique habituelle qui consiste à facturer de un à trois mois après livraison. Résultat : une trésorerie saine pour Amstrad, et une incitation à ne pas surévaluer les commandes pour les revendeurs. L'inconvénient c'est qu'une telle politique ne tient que lorsque la demande est forte. Si le marché se ralentit les revendeurs risquent de se souvenir qu'on ne leur a pas fait de cadeaux quand le baromètre était au beau. C'est ce qui s'est passé pour Oric. Heureusement la météo ne montre au Le CPC 6128 : un CPC 664 étendu à 128 Ko de mémoire. cune velléité de changement pour le moment. Même si le vent tourne en micro, Amstrad pourra toujours se replier sur ses produits audiovisuels, qui représentent 55% de ses ventes. Prudent Alan Sugar n'envisage pas de baisser ce pourcentage au profit des ordina § teurs. Dans le même ordre d'idées, la sortie récente de la machine de traitement de texte correspond à un virage délibéré vers des pro duits plus professionnels : un marché plus stable, dit le patron d'Amstrad, pour lequel d'autres produits suivront " D'autres direc tions de développement ? Peut-être le disque hi-fi compact, qui pourrait exploser d'ici deux ans. Mais il n'a pas l'intention de se lancer prématurément dans le CD-ROM, le disque compact à usage informatique, préférant comme à son habitude, laisser les autres dé fricher le terrain. L'abandon des processeurs 8 bits au profits de 16 bits ? Personne ne m'a encore convaincu de la nécessité, commerciale ou technologique, de passer aux 16 bits. Il dément avoir acheté la licence MSX, comme la rumeur en a couru : Le MSX ne nous intéresse absolument pas, ni maintenant, ni dans le futur. Est-il intéressé par l'intégration de l'informatique dans les appareils électroni ques grand public, l'une des idées-force du MSX, qu'Amstrad parait bien placé pour appli quer ? Wait and see•, fait-il, Que les autres se lancent d'abord. Voilà un chef d'entreprise qui tient plus du paysan madré que du génie de l'informatique, à mille lieues d'un Clive Sinclair, de ses élucu brations brillantes... et de ses ennuis financiers. Pour l'instant ce mélange d'audace et d'attentisme lui réussit à merveille. Petros GONDICAS 55



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


SVM numéro 22 novembre 1985 Page 1SVM numéro 22 novembre 1985 Page 2-3SVM numéro 22 novembre 1985 Page 4-5SVM numéro 22 novembre 1985 Page 6-7SVM numéro 22 novembre 1985 Page 8-9SVM numéro 22 novembre 1985 Page 10-11SVM numéro 22 novembre 1985 Page 12-13SVM numéro 22 novembre 1985 Page 14-15SVM numéro 22 novembre 1985 Page 16-17SVM numéro 22 novembre 1985 Page 18-19SVM numéro 22 novembre 1985 Page 20-21SVM numéro 22 novembre 1985 Page 22-23SVM numéro 22 novembre 1985 Page 24-25SVM numéro 22 novembre 1985 Page 26-27SVM numéro 22 novembre 1985 Page 28-29SVM numéro 22 novembre 1985 Page 30-31SVM numéro 22 novembre 1985 Page 32-33SVM numéro 22 novembre 1985 Page 34-35SVM numéro 22 novembre 1985 Page 36-37SVM numéro 22 novembre 1985 Page 38-39SVM numéro 22 novembre 1985 Page 40-41SVM numéro 22 novembre 1985 Page 42-43SVM numéro 22 novembre 1985 Page 44-45SVM numéro 22 novembre 1985 Page 46-47SVM numéro 22 novembre 1985 Page 48-49SVM numéro 22 novembre 1985 Page 50-51SVM numéro 22 novembre 1985 Page 52-53SVM numéro 22 novembre 1985 Page 54-55SVM numéro 22 novembre 1985 Page 56-57SVM numéro 22 novembre 1985 Page 58-59SVM numéro 22 novembre 1985 Page 60-61SVM numéro 22 novembre 1985 Page 62-63SVM numéro 22 novembre 1985 Page 64-65SVM numéro 22 novembre 1985 Page 66-67SVM numéro 22 novembre 1985 Page 68-69SVM numéro 22 novembre 1985 Page 70-71SVM numéro 22 novembre 1985 Page 72-73SVM numéro 22 novembre 1985 Page 74-75SVM numéro 22 novembre 1985 Page 76-77SVM numéro 22 novembre 1985 Page 78-79SVM numéro 22 novembre 1985 Page 80-81SVM numéro 22 novembre 1985 Page 82-83SVM numéro 22 novembre 1985 Page 84-85SVM numéro 22 novembre 1985 Page 86-87SVM numéro 22 novembre 1985 Page 88-89SVM numéro 22 novembre 1985 Page 90-91SVM numéro 22 novembre 1985 Page 92-93SVM numéro 22 novembre 1985 Page 94-95SVM numéro 22 novembre 1985 Page 96-97SVM numéro 22 novembre 1985 Page 98-99SVM numéro 22 novembre 1985 Page 100-101SVM numéro 22 novembre 1985 Page 102-103SVM numéro 22 novembre 1985 Page 104-105SVM numéro 22 novembre 1985 Page 106-107SVM numéro 22 novembre 1985 Page 108-109SVM numéro 22 novembre 1985 Page 110-111SVM numéro 22 novembre 1985 Page 112-113SVM numéro 22 novembre 1985 Page 114-115SVM numéro 22 novembre 1985 Page 116-117SVM numéro 22 novembre 1985 Page 118-119SVM numéro 22 novembre 1985 Page 120-121SVM numéro 22 novembre 1985 Page 122-123SVM numéro 22 novembre 1985 Page 124-125SVM numéro 22 novembre 1985 Page 126-127SVM numéro 22 novembre 1985 Page 128-129SVM numéro 22 novembre 1985 Page 130-131SVM numéro 22 novembre 1985 Page 132-133SVM numéro 22 novembre 1985 Page 134-135SVM numéro 22 novembre 1985 Page 136-137SVM numéro 22 novembre 1985 Page 138-139SVM numéro 22 novembre 1985 Page 140-141SVM numéro 22 novembre 1985 Page 142-143SVM numéro 22 novembre 1985 Page 144-145SVM numéro 22 novembre 1985 Page 146-147SVM numéro 22 novembre 1985 Page 148-149SVM numéro 22 novembre 1985 Page 150-151SVM numéro 22 novembre 1985 Page 152-153SVM numéro 22 novembre 1985 Page 154-155SVM numéro 22 novembre 1985 Page 156-157SVM numéro 22 novembre 1985 Page 158-159SVM numéro 22 novembre 1985 Page 160-161SVM numéro 22 novembre 1985 Page 162-163SVM numéro 22 novembre 1985 Page 164-165SVM numéro 22 novembre 1985 Page 166-167SVM numéro 22 novembre 1985 Page 168-169SVM numéro 22 novembre 1985 Page 170-171SVM numéro 22 novembre 1985 Page 172-173SVM numéro 22 novembre 1985 Page 174-175SVM numéro 22 novembre 1985 Page 176-177SVM numéro 22 novembre 1985 Page 178-179SVM numéro 22 novembre 1985 Page 180-181SVM numéro 22 novembre 1985 Page 182-183SVM numéro 22 novembre 1985 Page 184-185SVM numéro 22 novembre 1985 Page 186-187SVM numéro 22 novembre 1985 Page 188-189SVM numéro 22 novembre 1985 Page 190-191SVM numéro 22 novembre 1985 Page 192-193SVM numéro 22 novembre 1985 Page 194-195SVM numéro 22 novembre 1985 Page 196