SVM n°22 novembre 1985
SVM n°22 novembre 1985
  • Prix facial : 17 F

  • Parution : n°22 de novembre 1985

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Excelsior Publications

  • Format : (203 x 280) mm

  • Nombre de pages : 196

  • Taille du fichier PDF : 235 Mo

  • Dans ce numéro : 5 vérités sur le TO9 de Thomson.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Suite de la page 50 que ceux d'IBM, mais que se passerat-il si IBM décide de baisser ses prix, ou, pire, de modifier son standard afin que personnne ne puisse plus le copier ? Faux problème, ré pond aujourd'hui Rod Can ion, le président de Compaq : • Ce qui est dangereux, c'est de ne pas suivre le standard d'/BM " Ecoutez bien son analyse, car elle a la clarté de l'éclair qui déchire un ciel d'orage, l'évidence du Nietzs che d'• Ainsi parlait Zarathoustra• : • Le standard IBM a un poids tel que même IBM n'a pas le pouvoir de le changer. Cinq à six millions d'utilisateurs travaillent sur un ordinateur au standard IBM et s'échangent des disquettes. Ces gens-là n'accepteraient pas qu'/BM sorte un ordinateur non compatible., Comment en est-on arrivé là ?, Au début, IBM n'a pas pris son propre standard au sérieux, comme le prouvent le Portable et le PC Junior, dont la compatibilité est douteuse.• Mais ses propres acheteurs l'ont forcé à changer d'avis : La sortie du PC-AT était un bon moment, pour IBM, pour fermer son standard en le modifiant. A l'époque, Il n'y avait que 2 ou.3 millions de compatibles IBM sur le marché. Or, Ils ne l'ont pas fait. Maintenant. c'est trop tard, dit Rod Canion, qui estime que ce virage décisif s'est matérialisé au cours des 6 à 12 derniers mois. Nous, nous n avons jamais cru à cette fameuse fermeture•, dit-il. Il y a quelques semaines, Rod Canion a reçu une éclatante confirmation de son analyse avec l'accord entre IBM et Microsoft, auteur du système d'exploitation de l'IBM PC, accord qu'il qualifie de très important. C'est notam ment ce système d'exploitation, le MSDOS, qui fait des micro-ordinateurs d'IBM des ma chines• ouvertes. Loin d'abandonner MS DOS comme on le supputait. IBM s'engage à travailler en commun avec Microsoft sur des systèmes d'exploitation et d'autres logiciels système " Selon Rod Canion, ces mystérieux• autres logiciels• pourraient désigner Win dows, l'intégrateur de Microsoft concurrent de Topview, le produit équivalent d'IBM : ce se rait une preuve supplémentaire de l'ouverture renforcée d'IBM. Une voie évidente Mais un standard, par essence, ne bloque+ il pas le progrès ? N'y atil pas un moment de rupture où l'on doit sacrifier la compatibilité à l'accroissement des performances ? Non, ré pond le patron de Compaq qui a décidément réponse à tout.• Grâce à/'architecture Intel•, (qui fabrique les microprocesseurs des ordi nateurs d'IBM).• nous avons la garantie d'un accroissement Illimité de la puissance tout en conservant la compatibilité " Le microproces seur 8088, qui équipe l'IBM PC, a en effet donné naissance à toute une famille compati ble, dont les rejetons sont d'autant plus puis sants qu'ils sont récents : le 8086 qui équipe les premiers Compaq, le 80186 qui équipe 52 d'autres compatibles IBM dont le 04 du fran çais Goupil, le 80286 de l'IBM PCAT et des modèles correspondants de Compaq ; et. dans le futur, le 80386, qui n'est pas encore en production, mais dont Rod Canion pense qu'il est le coeur logique du prochain micro d'IBM... et donc, sans doute, de Compaq. Il est donc faux de voir les constructeurs de compatibles comme des parasites vivant dans l'ombre du géant. avides d'engloutir les miettes qu'il laisse tomber mais tremblant qu'il ne les écrase d'un simple frémissement d'orteil. Tout se passe comme si IBM avait financé la construction de l'unique autoroute traversant le pays de la micro-informatique. Chacun peut y accéder, pourvu qu'il ait un véhicule à quatre roues avec moteur à explo sion (ce que n'importe qui sait construire) ; bien sûr, la plupart des voitures qui parcou rent l'autoroute sortent d'IBM, mais libre à tous d'y introduire des modèles plus rapides, Bénéfices en millions de dollars 0,9 LrnliliWI 19ô4 19ô5 mieux conçus, qui trouveront toujours une file libre pour dépasser. Les usagers de l'autoroute sont aujourd'hui si nombreux que si IBM s'avisait de la fermer, ce serait l'émeute... Bref, le standard IBM n'appartient plus à IBM. C'est si vrai qu'à en croire Rod Canion, il n'y a pas chez Compaq d'espions profession nels chargés de deviner les intentions d'IBM.• Pour savoir ce qui se passe chez eux•, ditil, nous lisons la presse : lesjoumallstes américains savent tout... Aujourd'hui, évidemment. tout le monde peut observer le poids du standard IBM. Au moment où Compaq a démarré, en février 1982, c'était une autre affaire. IBM avait lancé son PC en août 1981. En décembre, trois responsables importants de Texas lnstru ments, Rod Canion, Jim Harris et Bill Murto quittent leur employeur pour fonder leur pro pre société d'informatique. Que vontils fabri quer ? lis ne le savent pas encore. Des péri phériques, peut-être. lis font le tour des éditeurs de logiciel pour tâter le terrain. Si nous construisons un ordinateur, êtes-vous prêts à écrire des logiciels pour nous ? Ecrire pour...comment dites-vous, Compaq ? Vous êtes bien gentils, mals nous, on est en train de travailler pour/'IBM PC.• Là, c'est le déclic.• Dès le début de 1982, nous avons compris qu'un standard était en train de naître. Mals à vrai dire, nous ne nous attendions pas à ce qu'Il ait un tel succès.Aujourd'hui, Il est Impossible de réussir sur le marché des micro-ordinateurs professionnels sans être compatible avec IBM.• Alors, comment Compaq atil fait pour sur nager parmi ces entreprises qui se noient ? • Entre nous, je suis étonné qu'Il y ait tant de sociétés en difficulté•, fait Rod Canion. Bou tade ? Cynisme ? Non. Ce PDG vêtu avec goût et discrétion, à l'abord aimable, au parler peu tonitruant. tout à lopposé des publicités pour Compaq qui évoquent le Texas et son univers impitoya-able, semble simplement sincère. Nos concurrents ont fait beaucoup d'erreurs. Quand nous avons débuté, Il y avait un seul chemin sûr. Mals on ne le voit clairement qu'aujourd'hui...• Première recette : choisir un bon marché. Celui des micro-ordinateurs professionnels : c'est le seul qui soit stable. L'informatique familiale est dans un état dramatique. Les minis et tes gros ordinateurs se vendent moins bien. Mais le marché que nous avons choisi a connu une croissance de plus de 40% au cours du premier semestre 1985, d'une année sur l'autre. Voilà qui bouscule bien des idées reçues, mais Rod Canion insiste : Je vous assure, te marché des micro-ordinateurs professionnels est le seul qui ne semble connaître aucun problème" Toujours un• plus• Deuxième recette : avoir un bon produit. D'abord un produit compatible IBM, pour les raisons que nous avons déjà évoquées. Mais aussi un produit qui soit meilleur. C'est frap pant quand on examine la gamme de Compaq : chaque ordinateur est très proche d'un modèle d'IBM, mais possède toujours un petit quelque chose en plus. Le premier mo dèle, en 1983, était transportable. A l'époque, Chiffre d'affaires en millions de dollars 19ô4 19ô5 Les chiffres de Compaq sont ceux des deuxièmes trimestres. C'est au cours du 2• trimestre 84 que te Compaq Deskpro a été mis en vente tandis quen 85, à la même époque, la gamme 286 n'était pas encore commercialisée et n'intervenait donc pas encore dans les chiffres. SCIEl"ICE tt VIE JlllCRO 1"1° 22• l"IOVEJ116RE 1985
IBM n'avait aucun transportable. Même si la plupart des utilisateurs. Rod Canion le reconnaît, ne transportent leur machine qu'une ou deux fois par an,• cette caractéristique a été absolument décisive pour Compaq, à un point que nous n'avons compris que plus tard•. Rebelote onze mois plus tard : le Compaq Plus est à la fois transportable et muni d'un disque dur. Unique sur le marché. On continue : le Deskpro est semblable à l'IBM PC... mais il va deux fois plus vite. Le Deskpro 286 concur- Le nouveau Compaq portable utilisant le microprocesseur Intel 80286. rence l'IBM PC-AT, mais avec une sauvegarde sur bande magnétique qu'IBM ne daigne pas proposer. Et ainsi de suite. A chaque fois, Compaq détecte les besoins du marché, les faiblesses des concurrents... et fonce : sept mois seulement entre le début des études et la production des 286, les premiers compatibles PC-AT à toucher le marché. Deux à trois fois moins de temps que nos concurrents•, estime Rod Canion. li faut offrir ce que le marché demande, mais surtout pas plus.• Exemple : l'Amiga de Commodore. Tous ceux qui l'ont vu disent : le graphisme est fantastique ! Mais les utilisateurs ont-ils, spontanément, exprimé le besoin de telles performances graphiques ? Non. Le Macintosh ? JI n'a pas réussi à pénétrer le marché professionnel. Pourquoi ? Avec les ingénieurs que nous avons, et qui ont travaillé sur Visi On (lJ, nous aurions pu construire en six mois un équivalent du Macintosh, avec la compatibilité IBM en plus. Nous ne l'avons pas fait, parce que peu de gens exigent véritablement une telle facilité d'emploi.• De même, contrairement à d'autres constructeurs qui s'en servent comme argument publicitaire, Compaq ne fournira pas avec ses ordinateurs les logiciels intégrateurs GEM ou Windows, pourtant fort à la mode : pas assez de demande. Ceux qui les veulent pourront les acheter séparément dans les boutiques. En revanche, Compaq a permis dès le début à ses ordinateurs de faire du graphisme sur un écran monochrome. C'est bête comme (1) Vlsl On, de Vlslcorp, a été le premier ensemble de logiciels qui tentait de reprendre sur IBM PC les Innovations du Lisa d'Apple. Ce fut un échec commercial. SCŒNCE lit VIE JlllCKO !'1° 22 l'IOVEJllBKE 1985 entièrement nouveau. Ou un faux pas de l'un de ces trois constructeurs : Apple paraît bien placé pour ça...• Cette particularité du réseau de vente américain est capitale : Pour percer dans le marché mondial du micro professionnel, il faut être présent en masse chez les revendeurs américains. La preuve : ACT, qui a connu un bon succès en Angleterre, mais qui n a pas réussi à s'installer aux Etats-Unis. Et le prix ? Voilà un domaine où Compaq fait remarquablement peu d'efforts : ils sont à peine 5% en dessous de ceux d'IBM, alors que d'autres américains comme Zénith en sont aujourd'hui à 40%. Dans le marché profes­ slonnel, le prix est loin d'être un critère priori­ -. If taire " dit Rod Canion. Et puis les revendeurs Le Compaq portable (en haut) et le Compaq de n'aiment pas les produits bon marché bureau (au centre), deux compatibles IBM PC• Les recettes que nous avons appliquées sortis respectivement en 1982 et 1984 qui ont sont ridiculement simples•, conclut Rod Capermis l'ascension de Compaq sur le marché nion. Mais quand nous avons démarré, Il nous des micros. paraissait impossible de réussir dans le chou ? Peut-être, mais c'est impossible sur un IBM, et c'est très, très gênant pour l'utilisateur. Mais ce n'est pas tout d'avoir un bon produit : il faut que le client puisse l'acheter. D'où la troisième recette de Rod Canion : sortir les produits à l'heure, cela va de soi, mais surtout s'assurer de leur présence chez les revendeurs. Le pouvoir des revendeurs Or, la plupart des concurrents ont imité la politique de vente d'IBM, qui laisse les reven : deurs indépendants vendre des petites quantités d'ordinateurs, mais se réserve le monopole des commandes juteuses des grosses entreprises.• JI n'y a qu'/BM qui puisse se le permettre•, dit Rod Canion.• Nous, nous n'avons jamais fait de vente directe. Résultat : les revendeurs américains ont fait confiance à Compaq. Aujourd'hui, il est presque impossible pour un nouveau venu, aux Etats-Unis, d'accéder aux revendeurs. Trois constructeurs occupent toute la place sur les étagères : IBM, Apple et Compaq. Pour que ça change, il faudrait une machine qui réponde à un besoin Le Compaq Deskpro 286 : lancé au Y trimestre 85 pour concurrencer le PC AT.compatible face à des sociétés comme IBH, Digital, Apple et une cinquantaine d'autres, toutes mieux placées que nous. Aujourd'hui, il affirme occuper la place de numéro 2 du micro professionnel. Juste derrière IBM. De quoi encourager tous les futurs Rod Canion. P.G. 53



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